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Les articles       

Tribut
de
Stephen Romer
Temps qu'il fait (Le)
18.00 €


Article paru dans le N° 082
Avril 2007

par T.G.

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    Tribut

On ne sait pas grand-chose de Stephen Romer. Seulement ce que nous en dit Valérie Rouzeau dans la préface de ce premier livre traduit en français. Anglais, né en 1957, Stephen Romer vit en France et a enseigné à l'Université de Tours où la poétesse l'a croisé. C'est un poète rare : trois " minces recueils " publiés nourrissent une bonne partie du livre qu'on tient. La poésie de Romer se reconnaît immédiatement, nous dit la préfacière. Et on ne lui donne pas tort. Ce n'est pas pour autant une poésie spectaculaire. Proches de la prose, les poèmes rassemblés ici, déploient souvent une seule longue phrase, comme un lent panoramique pour embrasser un paysage, un moment, une pensée. S'y entend quelque chose de très fragile, une musique qui sans être monotone, installe un rapport mélancolique au monde.
Bon nombre de poèmes semblent issus de carnets de notes et font penser à l'oeuvre poétique des deux autres traducteurs : Gilles Ortlieb et Paul de Roux. On y retrouve une attention portée aux détails, un temps suspendu comme sur des photographies prises au vol. L'humour y est possible, comme dans " Le Vase " où l'on retrouve l'autodérision douce-amère des poèmes qui disent la rupture amoureuse. La plus belle partie du livre évoque l'exil en Pologne. On assiste à une rencontre entre le poète et un rescapé des camps nazis. Entre eux, la conversation se déroule simplement et ce que le poète en dit semble s'appliquer aussi à sa poésie : " Cette aisance/ a quelque chose d'anormal / une présence et une absence / un passé et une affectation // mais de quel côté la situer,/ c'est ce que je ne saurais dire./ Nous sommes deux amis de fraîche date,/ bavardant au-dessus d'un abîme / et il se pourrait bien/ que le langage soit mensonge. "

Tribut de Stephen Romer - Traduit de l'anglais par Gilles Ortlieb, Paul de Roux et Valérie Rouzeau,
Le Temps qu'il fait, 141 pages, 18 e

 Tribut de Stephen Romer

 

 

 

 

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T.G.

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