Le Matricule des Anges, magazine littéraire

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Christian Garcin
En lisant
En lisant, on pose sur le bord des pages des post-it où s'écrivent des bouts de texte, des citations, des métaphores, des signes. Ces notes servent ensuite (ou non) écrire une critique, préparer une interview. Plus tard, quand on les retrouve, elles ont quelque chose de myst/rieux. Qu'avons-nous voulu retenir ?
Laissons-les exister ici aussi, elles vous donneront peut-être quelques pistes de lecture ou d'écriture.

Notes autour des livres de Christian Garcin pour la préparation du dossier du Matricule N°60

Vidas
P.69 : " Nous taisons tous l'essentiel. Nous croyons nos vies constituées d'événements, quand ce sont les instants d'absence, les fragments oubliés, qui les forment et les nomment... Par exemple un ongle rongé, le souvenir d'un chien, la cendre d'un regard, une odeur, un cri. L'écriture, la poésie plongent leurs racines dans ces failles, dans les instants proscrits, ceux que la mémoire réfute. Dans le silence qui enrobe les êtres, inextricable, profond, difficile à déchiffrer. " (Marina Tsvetaeva)

Vies volées
P.43 : " Ce sont des poèmes aujourd'hui oubliés, dans lesquels il peint des tombeaux et des antres reclus, des paysages dévastés, des supplices, des champs d'horreur et de tourments, dans lesquels il avoue préférer la mort à l'inopportunité de la vie. " ( à propos de Du Mas)

p.48 : " Son père : une césure de l'espace qui un jour se dérobe. " (à propos d'Emily Dickinson)

p.57 : " C'est un garçon aux gestes élégants et au regard triste, à qui il arrive d'oublier le monde autour de lui pour s'enfermer lentement au-dedans de lui-même. Un absent, un de ceux à qui on n'ose parler de choses ordinaires. Un exalté aussi, qui vit de choses insoupçonnées. " (à propos de Lazare)

p.71 : " Je n'ai pas ici le dessein de relater ce qui fut, mais de transporter quelques débris, quelques minuscules lambeaux, détisser quelques liens d'une vie aujourd'hui oubliée. " (Ambroise Brunet)

P.74 " le reste de sa vie ne regarde personne "

P103 : " Dix mois par an il partait dans un atlas relié de cuir rouge et naviguait sur les mers de la page de droite, vers des îles aux noms pleins de voyelles. " (Emmanuel Bartolomei) Pour illustrer ses rêves de voyage dans la bio...

L'Encre et la couleur
p.28 : " Ma Yuan disait souvent : la véritable harmonie ne peut exister qu'hors des différenciations, dans le silence, la fadeur, le vide. Car le son, la saveur, et toutes les plénitudes signent un avènement qui est aussi une perte la perte de l'Unité Primordiale. " (" Le Coin et la moitié ")

P.73 : " Il eut un rêve dont il ne se souvint pas : son ami poète se tenait dans la pénombre, une chandelle à la main, et lui disait : J'écris sur les corps morts qui gisent au fond de moi. " (" Les Chiens de San Romano ")

P.80 : " Ne plus désirer. Ne plus parler. Rejoindre l'origine immaculée et renaître. Le désir est honteux, le langage ordurier, la pensée nauséabonde. L'oeuvre de création un excrément innommable et desséché. " ( " Les Chiens de San Romano ")

Rien
P.32 l'homme comme dans la première nouvelle de La Neige... vend des aliments pour les collectivités.

P.34 : " Louis () sentait alors confusément, sans se l'avouer tout à fait, que quelque chose dans sa vie ne correspondait pas à l'idée qu'il se faisait de la vie. " (Dans La Cabane : Louis fera ermite dans une cabane)

P.52 : Le désir de disparaître d'être oublié...

P.57 : la mise en poupées russes du style indirect, des propos rapportés.

P.82 : l'impossibilité de vivre aucun des temps : passé, présent ou futur d'où le désir d'absence au monde

P.86 : tuer son amie " au vu des sentiments qui nous unissaient, c'était pour ainsi dire, la moindre des choses, une évidence. "

P.93 " Il y a des mondes qui se frôlent, où fourmillent fantômes et revenants, spectres, esprits frappeurs, âmes languissantes, démons, anges et diables de toutes sortes. Depuis des siècles, chacun sait cela. "

Piero ou l'équilibre
P. 33 : la peinture de Piero permet qu'il n'y ait " nul décalage entre l'homme et le réel. Le temps n'est plus un fardeau dont l'issue est la mort. Il est immobilisé dans un paysage ensoleillé avec, tout au fond, des collines qui s'entrelacent sous un ciel vert. Il est accepté, car il est sa finalité. "

Du bruit dans les arbres
p.12 : " .. les thèmes principaux de la poésie de Restinghale sont l'observation lente et minutieuse, et la présence du souvenir et de l'enfance, " en tant que tremplin à partir duquel s'échafaude une approche doucement pessimiste et désillusionnée du monde " "

p. 99 : " on écrit toujours que pour des absents, ou sur des cadavres qu'on cherche à rejoindre par delà l'abîme des mots, qu'on imagine ainsi lancer un message vers ailleurs, rejoindre par cette parole différée tous ceux à qui on n'a pas su parler lorsqu'ils étaient à nos côtés "

Labyrinthes et Cie
P.27 : " Car il s'agit bien, à travers cette force qu'est la littérature, et ce matériau solide et mouvant qu'est la langue de la littérature, de résister aux totalitarismes : non pas tant aujourd'hui, en Europe du moins, au totalitarisme politique tel qu'il sévissait autrefois, mais peut-être à une autre forme de totalitarisme, plus pernicieuse, plus sournoise, un totalitarisme <éI>soft et gélatineux, selon l'expression de Claudio Magris, une idéologie molle promue par le pouvoir des media et ce vecteur anesthésiant qu'elle la langue formatée des publicitaires, des lofteurs et des mauvais téléfilms. "<éI>

P.53 " Comme si l'apparente simplicité du propos demeurait en équilibre instable sur un fil d'argent que menaçait sans cesse, ce fut ma première impression, une certaine fadeur. Mais, me disais-je, de même que, dans la pensée chinoise, le vide n'est pas le néant car il réunit en lui toutes les potentialités, la fadeur n'est pas absence de goût mais bien la somme de toutes les saveurs. Cette limpidité, bien sûr, n'était qu'un leurre. " " à propos d'Henri Thomas

Le Vol du pigeon voyageur
P168 : " il se trouvait au centre exact d'un labyrinthe, d'où partaient ces couloirs dont l'un, peut-être, mènerait enfin à l'extérieur, et la lumière. "

P.99 : référence à " La Cabane "

P.105 éloge de la porosité

P. 111 : habitats troglodytes et grottes

P.133-134 sur la lisibilité du monde et le pourquoi on écrit

P.157 : " Nous pouvons tout sur nos idées, qui ne sont rien, se dit-il, et rien sur nos émotions, qui sont tout. ""

P.183 sur le sentiment d'inexistence et le souhait de disparaître de ce monde.

Thierry Guichard

   

Livres sur le site
( signale un article critique) :

Vidas    
Vies volées    
Une odeur de jasmin et de sexe mêlés
Rien
Les Cigarettes
Le Vol du pigeon voyageur    
Une théorie d'écrivains    
Itinéraire chinois    
Du bruit dans les arbres
Sortilège (suivi de) Cinq jours et une éternité
Le Vol du pigeon voyageur
Lexique
L' Embarquement    
Labyrinthes et Cie    
Fées, diables et salamandres    
Piero ou l'équilibre
La Jubilation des hasards    
La Neige gelée ne permettait que de tout petits pas    
Du bruit dans les arbres
L' Encre et la couleur
Pierrier et autres poèmes
J'ai grandi    
L' Embarquement
Pris aux mots    
Le Scorpion de benvenuto
L' Autre monde
Vidas (suivi de) Vies volées
À Budapest
Du Baïkal au Gobi
L' Art de la natation subaquatique
La Piste mongole    
Carnet japonais
Des femmes disparaissent
Aux bords du lac Baïkal
Quand j’étais écrivain
Borges de loin
Les Nuits de Vladivostock

 

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