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Dominique Quélen
Interview
Langues en crue


Dominique Quélen

par Jérôme Goude



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Envoûtante pâte verbale émaillée de déflagrations poétiques, Loque (une élégie) de Dominique Quélen confond chairs et verbe, humour et mélancolie, lyrisme et prosaïsme..

Quelqu'un chemine qui, entre des jardins savamment domestiqués et ce qui pourrait n'être qu'un trivial marché avec son amoncellement de marchandises, parle. À Rome, un chant s'élève, incorporant la matière contradictoire, basse ou noble, du monde. Une kyrielle de perles, de mouches et de plaies, "La nature a la beauté de ce dont elle est l'ordre ", phrase un tantinet sentencieuse, de petits morceaux de langue italienne, etc. D'un coq-à-l'âne l'autre, Loque entraîne le lecteur, ce client avide de biens consommables, au coeur d'un monologue à voix et tonalités multiples. Tout en exhibant de fragiles oripeaux romanesques - Rome, son Capitole et son fleuve limoneux, deux jeunes aveugles, quelques pèlerins ou, entre autres, ce narrateur errant et interchangeable -, Dominique Quélen se frotte à l'indécidable. Prose bouillonnante transgressant les limites du lisible, son nouveau texte est un inextricable voyage dont la langue semble être à la fois et l'objet et le sujet.

Lecteurs constamment déroutés, coiffés d'un bonnet de bain imperméable au diktat de la raison tâtillonne, c'est avec une franche jubilation que nous nous livrons à ce flot vertigineux et hémorragique d'une parole ouverte aux possibles. Sensible au flux et aux torsions de la chair des mots, Dominique Quélen témoigne en effet de ce que la littérature s'acoquine volontiers de la "matière sexuée ", donc misérable, de la prose : "Un slip qui valait au bas mot trois points-poésie pour la grande variété de tons, d'arômes et de textures qu'il ménageait aux sens. " Corps nécrosé et suintant d'une prose qui ne saurait, à l'évidence, se priver des écarts de la poésie : "Envoie valdinguer les souliers les fringues la charpie, client, et ce n'est pas non plus la bonne chemise à parole avec laquelle tu dis le brebis, la pistolet à boeuf, les bel animaux, les matières molles sorties du chaleur de l'entraille et frica frêca fraca poisson frit dure casserole au feu. "

Le mot "loque " revient souvent sous votre plume, ses sens concrets de "haillons " et de "loque humaine ". S'agit-il d'une métaphore textuelle ?
Le texte est, pour moi, une loque, à savoir un tissu, mais sans grandeur, sans beauté en elle-même, plutôt un tissu bas, comme les bas morceaux de mon premier livre, reprise voilée des "Chansons bas " de Mallarmé, quelque chose comme ce qu'on appelle dans le Nord une loque, ou parfois même une "loque à reloqueter ", c'est-à-dire une serpillière. Cette loque se prête à être déchirée et recousue sans continuité. De sorte que, dans l'écriture, j'ai constamment tâché de rompre le fil en même temps que je faisais revenir les mêmes motifs. Ensuite, pour prendre une image, je verrais assez la langue comme un tissu pendant - une manche à air, si l'on veut - que la parole soulèverait ou traverserait de son vent. Entendez-le comme vous voudrez (rires) ! Quant à la loque humaine, bien entendu, mais là on sort du champ poétique pour entrer dans l'anecdote autobiographique...

Qu'entendez-vous par anecdote autobiographique ?
Mince, mon propos n'était pas d'aller sur ce terrain (rires) ! Disons que c'est en rapport, mais dans un rapport modeste, avec le cas célèbre de la Lettre de Lord Chandos : "J'ai complètement perdu la faculté de méditer ou de parler sur n'importe quoi avec cohérence. " - ce qui n'est pas l'idéal pour un début d'entretien (rires) ! Comme beaucoup, j'écris pour combler un manque ou plus exactement une perte, tout en étant conscient que les natures différentes du manque et du matériau, l'inadéquation de l'instrument pour le combler, rendent l'opération impossible.

Marcheur, touriste, voyageur, dans Loque, comme dans l'essentiel de vos textes, se profile un être de l'errance, de l'allure. Faut-il voir dans le retour de cette figure une référence au flâneur parisien de Baudelaire ?
L'allure dont vous parlez, et ce cheminement erratique, je les prends chez des prosateurs ; ou, chez les poètes, dans leur prose. Dans l'énonciation du ressassement et de l'égarement. Beckett, Thomas Bernhard, Michaux, le Des Forêts du Bavard et Lautréamont, sont des porteurs de signes qui viennent, agitant leurs bâtons, troublant le lecteur que je suis comme on trouble une eau pour y faire remonter le limon. Dans Loque, ce qui remonte, ce sont pour le coup des bribes de Celan, de Rilke ou d'Hölderlin ; des bribes qui viennent flotter à la surface du fleuve à l'état de tissus plus ou moins dégradés. La poésie, dans son évolution, n'est pas sans rapport avec ce cheminement. Il s'agit, comme on sait, d'aller droit devant (prosa oratio) ou de faire régulièrement demi-tour (versus), selon des modalités qui changent en fonction des esthétiques. Dans Loque, je voulais aller droit tout en faisant des lacets. C'est-à-dire réunir la Parque qui file et celle qui coupe de ses "fatals ciseaux ", pour citer Toulet. Et donc trouver une forme qui emprunte à la poésie son retour, qui est aussi retour sur soi, et au récit sa progression. Avec bien sûr le résidu, la matière refroidie du rêve baudelairien d'une prose poétique "assez souple et assez heurtée ". Soit un mélange d'éléments disparates, une satura, une macédoine chaud-froid, lyrique et grotesque, une charcuterie confectionnée dans une langue farcie, où la chair cuite est aussi celle du locuteur.
Par ailleurs, il se trouve que marcher dans les villes, dans les banlieues, dans les zones industrielles, désertes, est quelque chose que j'ai beaucoup pratiqué plus jeune. Pas du tout en curieux ni en touriste, mais dans une totale dérive, avec le sentiment d'aller à vau-l'eau et le désir de me perdre, de me flanquer à l'eau quelque part - c'était dans la banlieue parisienne, vers les quais de Seine. Ce genre de tentation commune, chacun l'alimente de son propre malheur, de quelque nature qu'il soit. J'en ai conservé un goût pour les phrases tournées et retournées dans la tête, puisqu'il faut bien s'occuper quand on marche seul dans des enfilements de rues vides, sans savoir où l'on va. L'ennui, comme le dégoût et la contrainte, parce qu'on s'y replie sur l'essentiel qui a, en général, une assez sale gueule, c'est un bon moteur...

"La prose est un lieu propre à accueillir un usage défait de la langue. Que la langue soit délirante et dé-lyrante. "

Rome est tout ensemble la promesse non tenue d'un récit et un infime point d'accroche pour le lecteur. Pourquoi ?
Mais parce que Rome est en soi une promesse ! Rome n'est plus dans Rome mais dans l'imaginaire de tout lecteur avec sa charge d'Histoire. Ainsi le texte est d'entrée déceptif, on y attend, comme vous le dites, du récit et de la description, de l'ekphrasis et de l'hypotypose. Au lieu de quoi on se trouve placé dans une italianité de surface, appuyée sur les locutions de la première partie et l'évocation finale de l'ascension du mont Ventoux par Pétrarque. Pour paraphraser Jarry, la scène se passe à Rome, c'est-à-dire nulle part. Et Rome est aussi dans "forme ", façon de dire qu'elle n'est que de pure forme... Bon, il y a bien une autre raison : Loque a vraiment été commencé à Rome.

Le Nord où vous vivez, plus que Rome, ne se serait-il pas mieux prêté à la prose élégiaque ?
Ah, mais le Nord est là ! Il y est même très précisément, avec "Loc'Epave, rue de la Gare, à La Madeleine ", adresse réelle où j'ai loué une camionnette pour un déménagement qui a été décisif dans ma vie, rien de moins ! Même si ce n'était pas pour aller à Rome... Et il se trouve quand même dans les autres livres, dans la première section de Comme quoi qui longe la côte (Ault, Calais, le Zwin), dans Le Temps est un grand maigre avec les "bouleaux d'un blanc cireux de chair du Nord dénudée " près d'un terril et de la mare à Goriaux, aux alentours de Valenciennes. Mais sans doute faudrait-il que j'en sois originaire pour être sensible à la mélancolie qui s'en dégage. Je n'y suis que par les hasards de l'Education nationale... J'y suis assez bien pour m'y être installé, mais il conserve suffisamment d'étrangeté à mes yeux pour n'être pas un objet élégiaque.

Loque s'ouvre sur "La forme des jardins de Rome " et s'affole, entremêlant les langues, les registres, les points de vue et la matière du monde. Diriez-vous que cette phrase liminaire est d'emblée déconstruite, emportée vers l'informe ?
La forme est, comme vous le dites, emportée vers l'informe, mais à mesure que Loque progresse il prend aussi forme tandis que ce qui s'y agite se défait. Loque se déroule ou tombe pour ainsi dire d'une seule coulée comme un faux monologue. Les premières pages semblent passer d'un sujet à l'autre sans laisser au sens le temps de se figer, ni même de se construire, fût-ce brièvement. Ludovic Degroote, dans un texte de présentation du livre, parle de "fausses routes ", ce qui me fait très plaisir car c'est justement la mastication des mots qui m'occupe, leur tourner autour comme on ronge un os. Il s'agissait d'affoler la raison, mais d'une folie sans hauteur, à travers l'amoncellement de lambeaux de paroles d'un ou de plusieurs locuteurs. Ce sont des morceaux d'un monde normal qui nous arrivent au début. On peut penser à des paroles saisies dans une foule, sur un marché. S'il y a bien un pacte qui se crée, il est sans cesse rompu, dénoncé par la multiplicité des voix et les assauts qu'elles mènent.

Pacte qui justifierait la présence d'"bon lecteur habillé façon chippendale, en esthète " ?
Le lecteur-client est dans la fable, certes, et l'oeuvre est ouverte, comme on sait, mais cela signifie aussi qu'il en est partie prenante et y est pris à partie, et que le mouvement du texte est aussi le sien. Borges estimait le statut de lecteur préférable à celui d'auteur, mais il n'est pas sans danger. À la p.122 - depuis l'affaire BHL/Botul, les pages 122 deviennent excessivement à la mode (rires) -, je crée une rupture dans le texte au moyen d'un placard, une petite facétie assez éculée : "Cet Ouvrage Est En Travaux / Lecteurs Veuillez Emprunter / LA PAGE D'EN FACE ". Dans la lecture, comme dans l'écriture, il y a une passation. Il est question de tenir un compte de tout cela. On ne sait pas toujours si l'on est gagnant ou perdant. Ou plutôt on ne le sait qu'ensuite, comme dans La Main de gloire de Nerval.

Recueils de bris de prose dont il manque et la majuscule initiale et le point final, Sports, Petites formes et Comme quoi (tous chez Apogée), appartiennent au cycle des "petites formes ". Écrire Loque, était-ce une façon d'y mettre un terme ?
Exactement. J'en avais un peu assez des petites formes (rires) ! Je les ai écrites avec lenteur, sur quatre ou cinq ans, et j'avais besoin de changer de souffle. Il se trouve aussi que le triptyque était bouclé (le corps, son mouvement, sa voix) ; du moins ce qui s'est révélé en cours d'élaboration devoir être un triptyque, car ce n'était au départ qu'une tentative formelle sur une poignée de poèmes. Le format et l'absence de bornes fixes de ces petits textes renvoient à l'idée d'un texte comme, mettons, un caillou (ou un galet puisqu'il s'agissait de le polir) qu'on saisit, qu'on examine et qu'on repose. D'autant que ces poèmes n'ont pas été écrits linéairement mais assemblés comme dans ce jeu ancien, le pousse-pousse, où il faut recomposer une image (ou parfois un texte) à partir de petits carrés mobiles, un peu sur le modèle d'un puzzle, mais à l'intérieur d'un cadre où ne manque qu'un seul carré pour permettre les mouvements et permutations.

Un couteau réapparaît, ça et là, au gré de la lecture de Loque ; couteau qui, déjà dans Petites formes, "fouille l'aine, travaille, énerve la chair qui se creuse ". Que signifie cet inquiétant leitmotiv ?
Ce petit couteau a un rapport au style via le stylet. Voilà pourquoi il apparaît non seulement en usage mais aussi en mention. D'un autre côté, il est aussi le couteau de charcutier qui dans le texte n'est jamais loin du porc. En même temps qu'il coupe, tranche, sépare, il réunit les deux pans du texte, fiction et narration. Je lisais, il y a quelques années, la trilogie de fantasy de Philip Pullman, À la croisée des mondes. Un des volumes s'intitule, du moins en anglais, The Subtle Knife : ledit couteau peut pratiquer des incisions dans la matière du réel, par lesquelles on se glisse dans un monde parallèle. C'est une belle idée que d'y accéder par un objet si simple...

Corps en souffrance, matières et marchandises, encombrent tous vos textes. À quoi cela tient-il ?
C'est là un des aspects essentiels du caractère élégiaque de Loques, Sports et, entre autres, Bas morceaux (Møtus, 1992). Matières et marchandises sont pour moi, comme les langages techniques, un moyen de bloquer le lyrisme et d'ancrer le texte dans le réel le plus immédiat. Et que retirer d'une représentation dégradée du corps quand il n'y a pas de transcendance pour y faire contrepoids ? Le corps tel qu'il apparaît est proche de ce qu'en disent Saint Augustin ou des mystiques comme sainte Rose de Lima, mais privé des secours de ladite transcendance, il n'est plus que l'enveloppe cadavérique et le lieu d'une interrogation sans recours qu'ont pu décrire Guido Ceronetti dans Le Silence du corps, ou, parfois, Beckett.

Loque est ponctué par une série de dessins du peintre et infographe Tristan Bastit. Quels sens donnez-vous à ces parenthèses picturales ?
Dans Loque, tandis que défile le texte, des formes organiques, flottant dans ces espaces où s'étalent des taches qui parfois les recouvrent, prennent une curieuse autonomie et vont se densifiant et s'obscurcissant. Au point d'occuper la double page centrale, en un écho discret à la page en marbre de Tristram Shandy. Je les vois d'une certaine façon - une façon qui n'est peut-être pas celle de Tristan, mais je compte sur son équanimité de pataphysicien pour s'en accommoder (rires) - comme venant parasiter le texte et s'en nourrir. Il me semble que ces interventions plastiques ont contribué à insuffler au texte une vie inattendue.
Frotter la langue avec d'autres arts, la rendre impure ou subalterne afin de lui donner un élan nouveau, est ce vers quoi je me dirige volontiers. Il y a trois ans, le compositeur Aurélien Dumont et moi-même avons travaillé ensemble à la création d'un opéra dans la région lilloise, Villa des morts, anagramme syllabique de "mordez la vie ". Être librettiste est un statut assez privilégié qu'on pourrait résumer en ceci qu'on a plus ou moins fini de travailler quand tous les autres s'y mettent, même si la première version du livret a été profondément modifiée à mesure que s'élaborait la partition. L'oblicité que recherche Aurélien dans sa musique, visible par exemple dans la mixité des matériaux, se retrouve dans la tonalité multiple que je donne à mes textes. Notre collaboration s'est continuée par une chanson à boire, un lied baroque et une scène d'opéra, Le Fils de Prométhée. Actuellement, j'ai en projet une collaboration avec un photographe bruxellois, Jacques Vilet, fondé non sur l'illustration mais sur le glissement.

"La poésie rebondit pieds nus sur le lino ", dixit un des narrateurs de Loque. Pouvez-vous expliquer cette image équivoque ?
C'est d'abord une pique contre la poésie à la papa et les images au sens rhétorique. D'où aussi le fait que j'évoque à plusieurs reprises l'élévation d'un chant plus ou moins pur avec attribution de points-poésie (rires). Toutefois, il ne s'agit pas d'un refus du lyrisme. Nathalie Quintane a publié, il y a quelques années sur sitaudis.com, un article où elle opposait les "couillons " et les "monstres ", c'est-à-dire les lyriques et les formalistes. J'ai l'impression d'avoir un pied dans chaque camp.

Est-ce pour cette raison qu'au hasard d'un fragment de Sports vous écrivez ceci que "la poésie, cette chose où les corps sont des vagues, la sueur des embruns, etc., se défait dans la prose " ?
Oui, la prose est un lieu propre à accueillir un usage défait de la langue. Que la langue soit délirante et dé-lyrante (rires) ! Dans cet usage, elle est à la fois avilie et redorée. C'est une des raisons de la présence de langages techniques, qui servent à la fois à freiner le lyrisme, à donner une rigidité quand ça flotte un peu trop, et à faire entendre ce qu'il y a de poétique dans un usage habituellement antipoétique des mots. Ainsi, dans Système (Fissile, 2009), j'ai marqué certains termes du logo TradeMark qui, j'espère, fait entendre un regret devant une tendance à la privatisation de la langue qui entraîne une privation chez les locuteurs que nous sommes, un appauvrissement dont nous pouvons faire une richesse en la détournant, entre autres en y faisant miroiter l'humour.

Qu'est-ce qui chez vous a motivé le désir de l'écriture ?
La pulsion de l'écriture, à l'adolescence, a résulté du sentiment d'une distance impossible à réduire entre la réalité et moi. L'absence de lien entre les choses et soi, c'est assez fréquent à cet âge, non ? J'en trouvais des échos dans ce que Sabato a appelé le tunnel, ou Moravia l'ennui. Je cite Sabato et Moravia, mais en fait, à cette époque, ce sont Les Chants de Maldoror et le Voyage au bout de la nuit qui ont été les lectures déterminantes et m'ont définitivement orienté vers la littérature. Un peu plus tard, la découverte de Svevo a été un autre choc. J'ai lu Une vie à l'âge du héros (20 ans), en m'identifiant très fortement à lui. Ce n'est pas un compliment, car Alfonso Nitti est une belle figure d'aboulique. Bref, j'ai consacré ma maîtrise, mon DEA et ma thèse à Svevo. Voilà ce qui s'appelle de l'acharnement thérapeutique (rires). Cette thèse m'a amené à Trieste, un hiver, pour y voir la fille de Svevo, dont je me souviens qu'elle me racontait comment Joyce, un ami de la famille, lui enseignait l'anglais...

Loque (une élégie) de Dominique Quélen
Fissile (21, Grand'Rue 09310 Les Cabanes), 147 pages, 18 e

Jérôme Goude

   

Revue n° 111
(Mars 2010).
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