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Dossier Annie Ernaux
Exposer, s’exposer

novembre 2014 | Le Matricule des Anges n°158 | par Thierry Cecille

Explorer l’intime, le comprendre et le donner à comprendre, de soi aux autres : ainsi, pour Annie Ernaux, l’écriture peut-elle permettre « l’éclaircissement de l’opacité de la vie ».

Les œuvres d’Annie Ernaux ont reçu rapidement et généralement un accueil critique favorable, des premiers livres, les plus violents, au prix Renaudot pour La Place, Les Années représentant une sorte de consécration et le Quarto Écrire la vie une sorte de Pléiade anthume. Les réactions furent cependant bien moins positives, allant de la gêne, d’une forme de réticence un peu honteuse, à la franche hostilité et au mépris, face à ce que l’on pourrait appeler une tétralogie de la passion : Passion simple, Se perdre, L’Occupation et L’Usage de la photo. Ces quatre livres – de formes et de formats divers – ont en effet en commun ce que ses détracteurs nommeraient l’impudeur : Annie Ernaux s’y décrit, s’y ausculte dans les débordements et les affres de l’histoire d’amour. Détails des postures et actes sexuels, fréquence et cadres des rencontres, fantasmes du désir et délires de la jalousie, tortures de l’attente et alentours de la folie, manque et aliénation : nous découvrons une femme, ici encore comme au cœur des autres textes, mais comme diminuée, émiettée et effrayante parfois. Comme si celle qui jusque-là s’était battue pour « venger sa race » ne pouvait plus désormais, face à l’homme, l’aimé, l’amant, que se débattre et s’avouer vaincue – comme la première venue. Il semble donc nécessaire de se pencher sur ces livres-là, en faisant taire toute prévention, esthétique ou morale : nous pourrons alors y retrouver la même ambition et les mêmes impératifs qui toujours guident Annie Ernaux, cette logique de l’œuvre dont parle Baudelaire dans sa défense de Madame Bovary  : « La logique de l’œuvre suffit à toutes les postulations de la morale, et c’est au lecteur à tirer les conclusions de la conclusion.  »
En septembre 1988, Annie Ernaux rencontre S. lors d’un voyage d’écrivains en URSS, ils passent une première nuit ensemble à Leningrad, il la retrouve à Paris : il est diplomate. « De retour en France, nous avons poursuivi notre relation. Le rituel était immuable : il me téléphonait, demandant s’il pouvait venir l’après-midi ou le soir, plus rarement le lendemain ou dans deux jours. Il arrivait, ne restait que quelques heures. Nous les passions à faire l’amour. Il repartait et je vivais dans l’attente du prochain appel. » S. est marié, sa femme vit avec lui à Paris, il doit mentir, se trouver des alibis – et ses obligations professionnelles lui laissent peu de liberté. La liaison dure cependant une « année d’amour fou  ». Enfin « le 16 novembre 1989, j’ai téléphoné à l’ambassade d’URSS à Paris. J’ai demandé qu’on me passe monsieur S. La standardiste n’a rien répondu. Il y a eu un long silence et une voix de femme a dit : « Vous savez, monsieur S. est reparti hier pour Moscou. » J’ai raccroché aussitôt. » Annie Ernaux écrit le récit de cette liaison et le publie en 1992 sous le titre Passion simple. « En janvier ou février 2000, j’ai commencé de relire les cahiers de mon journal correspondant à l’année de ma passion pour S., que je n’avais pas...

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