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Histoire littéraire Les dons de Valentine

décembre 2001 | Le Matricule des Anges n°37 | par Éric Dussert

Écrits d’une femme surréaliste

On n’en finit pas de redécouvrir la constellation surréaliste et parmi ses astres de rendre grâce aux étoiles féminines. Bona de Mandiargues (1926-2000) était sans doute la plus provocante, et l’une des plus belles, qui raconte dans Vivre en herbe (Gallimard, 153 pages., 82 FF) son enfance italienne. Valentine Bouée, épouse Penrose (1898-1978) fut plus discrète sans doute et reste par conséquent bien moins connue. Une universitaire tourangelle, Georgiana Colvile spécialiste des femmes surréalistes, propose une compilation de ses écrits agrémentés de photographies et de ses collages. Le volume paraît comme de juste chez Joëlle Losfeld -la fille d’Érik Losfeld, l’éditeur des surréalistes d’après-guerre. On y découvre une artiste et une muse -photographiée par Man Ray, préfacée par Paul Éluard, éditée par Guy Levis-Mano et Henri Parisot, épousée par Roland Penrose- qui mérite une grande attention.
Elle fut peu prolixe, c’est vrai, mais ses créations sont plus qu’engageantes. Vers et proses confondues, Herbe à la lune (1935), Le Nouveau Candide (1936), Martha’s opera (1946) ou les Dons des féminines (1951), ses livres possèdent des « vertus cristallines ». José Pierre leur trouvait une « grâce ombreuse ». Étranges et fins, ses poèmes ont l’élégance du corail. « Le vent propre lavait de tous les rendez-vous/ par la porte et le loup./ On reviendra Maria de Padilla/ vers la mosquée sainte de ta mantille/ mais le vent tel habite les rames du ciel. » Pour avoir tout lu d’elle et ne pas rater une pièce essentielle, il faudrait se procurer encore son Erzébet Bathory, la comtesse sanglante (Mercure de France, 1962 ; Gallimard en 1969) signalé par Georges Bataille et où, rivalisant avec les mâles surréalistes sur leur propre terrain, elle faisait le portrait d’une sanguinaire Hongroise dont les exactions dépassaient beaucoup celles de Violette Nozière. Voilà qui pose Valentine Penrose, « vieille France » sans doute -quoique bouillante et pétrie d’ésotérisme- mais femme de cran et poète admirable.

Écrits d’une
femme surréaliste

Valentine Penrose
Joëlle Losfeld
250 pages, 22,11 (145 FF)

Les dons de Valentine Par Éric Dussert
Le Matricule des Anges n°37 , décembre 2001.
LMDA PDF n°37
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