RUBRIQUE Égarés, oubliés
Les articles
Un auteur
À hauteur d'aigle
Qualifiée de « Sagan suisse », Hélène Perrin défrayerait la chronique si elle publiait aujourd’hui. Liberté vive et thématiques scandaleuses.
Sa mère, deux tables plus loin, me sourit. Elle pense sans doute que c’est très aimable de ma part d’offrir un chocolat à son fils. » Sur ces mots qui sonnent comme une menace, Hélène Perrin clôturait son deuxième roman au titre gidien, La Route étroite (Gallimard, 1967) où, simplement, presque austèrement mais directement, elle relatait l’équivoque périlleux qui lie une très jeune femme éprise de l’enfant de 8 ans dont elle a la garde. On évoque en ce mois de mai 1967 La Mort à Venise de Thomas Mann, « tant il apparaît d’abord comme l’expression d’une perdition sans mesure, d’une course...
Un auteur
Pour une poignée de sonnets
Médecin du Lochois, René Bretonnayau taquinait la muse avec un goût marqué pour les sujets lexicaux et scientifiques. La postérité l’a ignoré.
De René Bretonnayau, on ne connaît pas les conditions de naissance, non plus que celle de la mort. On sait qu’il est l’auteur de quelques pages et qu’il était médecin. Des médecins-poètes, le Parnasse médical français (Adrien Delahaye, 1874) d’Achille Chéreau (1817-1885) en recensait soixante-dix. La postérité a tranché, en matière de médecin elle a préféré un certain Rabelais, beaucoup plus...
Un auteur
Une femme et un gnaf
Juliette Pary a sténographié un témoignage cardinal pour l’histoire littéraire et dévoilé quelques ficelles du polar.
Si l’on prenait un exemplaire du Loup des steppes, d’Hermann Hesse (La Renaissance du livre, 1931), de L’Homme au complet marron, d’Agatha Christie (Librairie des Champs-Élysées, 1930, « Le Masque »), ou de La Guérison par l’esprit, de Stefan Zweig (Stock, 1932), on constaterait que ces livres ont été traduits par Juliette Pary. Et de noter que, avec quelques autres, ces traductions se...
Un auteur
Diesel régnant
Des docks de Marseille aux laiteries de Roquefort, Georges Bayle aura assez vécu pour illustrer avec délicatesse la vie des travailleurs. Sans insister.
Si Émile Zola a été le romancier de la thermodynamique et du cheval-vapeur, Georges Bayle aura été, lui, de la génération du moteur diesel. Du gros moteur diesel, celui des camions rutilants qui rugissent durant plusieurs lustres dans les romans et dans les films qui tiennent le haut de l’affiche : Un taxi pour Tobrouk (René Havard, Julliard, 1961, mis en images par Denys de La Patellière,...
Un auteur
Adieux à la concierge
Amie de Colette, Renée Hamon est devenue une des voyageuses caractéristiques de la grande époque des magazines illustrés.
À l’occasion de l’ouverture prochaine de l’exposition Colette à la BnF (fin septembre), ressurgira peut-être la figure d’une des plus discrètes amies de l’écrivaine, Renée Hamon. Native de Vitré (24 juin 1897), fille d’un petit employé breton de la perception locale et d’une Limousine, elle a 3 ans lorsque ses parents divorcent et la confient à sa grand-mère qui l’élève. Elle effectue ses...
