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Dérive furieuse
Lmda N°276 Des tréfonds américains, Eva Bottega délivre, d’une plume leste, un road trip libertaire.C’est noir foncé. Furieux et désespéré. La seule lumière, on la voit sur la photo illustrant le bandeau du livre, un bandeau rouge sanglant, du même rouge que la couverture rouge, rouge fâché, rouge-je-m’en-fous-des-bonnes-manières. La lumière, donc, vient de la flamme d’un briquet. La flamme qui sert à jouer avec le feu et le danger, à cramer ses propres cheveux, à calmer les angoisses qui...
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Domaine étranger Le sens de la finitude Les avatars de l’intelligence artificielle et de l’immortalité au cœur d’un roman de science-fiction policière, par Rosa Montero. L’horizon de la science-fiction semble balisé par les écrivains américains, entre Philip K. Dick, Robert Silverberg et Dan Simmons. De surcroît, si peu de femmes s’illustrent dans le genre, c’est encore une Américaine, Ursula Le Guin, qui fit figure d’exception. Aussi faut-il remarquer à cet égard l’irruption d’une Madrilène, Rosa Montero (née en 1951), dont l’anticipation s’exerce dans les « États-Unis de la terre », en l’an 2111. Dans la...
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Domaine français En dansant dans le marges Quelque part entre Robert Walser et C.-A. Cingria, les « proseries » à fleur de peau de Lambert Schlechter recueillent le murmure du monde. Il y a quelque chose de farouchement singulier dans l’activité d’infatigable noteur de Lambert Schlechter. Mû par un insatiable appétit de dire, il ne cesse de chercher à saisir cet insaisissable qu’il nomme « le murmure du monde » et dont il a fait le terme générique d’un cycle entamé en 2006 et qu’il décline en volumes possédant chacun leur caractère propre. Viennent ainsi de paraître les volumes 11 (Franz à la Fenice), 12 (Comment) et 13...
Chronique
En grande surface
En grande surface
par Pierre Mondot
Des pavillons dans le ventre
Coup de fil d’un confrère de Lire-Le Magazine littéraire. Les vœux, quelques potins, l’IA, les salaires (soupirs), Trump, et – on le flairait – une sollicitation. Le journal vient de désigner La Nuit ravagée meilleur livre de l’année 2025 ; un papier dans la revue serait le bienvenu.
Si on peut rendre service. Sans garantir l’efficacité de la démarche tant l’auteur, Jean-Baptiste Del Amo, semble imperméable à toute publicité : alors qu’il cumule les récompenses – prix Fnac, Goncourt du premier roman, Livre Inter, et roi de Lire désormais – sa notoriété demeure relative. Son nom énoncé,...
Le Matricule des Anges n°270

un auteur
Marc Biancarelli
Chronique
Traduction
Traduction
Hadrien Chalard
À pleins poumons de Pedro Gunnlaugur Garcia
Pedro Gunnlaugur Garcia. Nul besoin d’être islandophone pour remarquer la singularité de ce nom, résultat d’une union entre deux cultures que rien, sinon un amour commun pour la morue salée, ne destinait à se télescoper. Le fruit d’un hasard malicieux qui n’aura pas manqué de déteindre sur le principal intéressé, dont la truculence méditerranéenne se marie à merveille avec le proverbial sarcasme nordique. Qu’elle soit consciente ou instinctive, la plume de Pedro semble comme dépendante de cette étonnante fusion. En me replongeant dans ma traduction d’À pleins poumons pour les besoins de...
Le Matricule des Anges n°274
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Domaine étranger Que meure le poisson ! La première traduction française des Pêcheurs de Raul Brandão, classique de la littérature portugaise, entre lyrisme symboliste et précision naturaliste. Les Pêcheurs commence « à la portugaise ». Le mot saudade figure, non traduit, à la première page du livre et Raul Brandão (1867-1930), en bon écolier du symbolisme, abuse d’abord des marines pittoresques et des motifs de la brume, des ténèbres, de l’irréalité. Ainsi, de la ria d’Aveiro : « Ici, la matière n’existe pas. » Et pourtant. Les notes et les souvenirs qui font celle des Pêcheurs (paru en 1923, six ans après son chef-d’œuvre Humus)...
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Poésie Le goût de vivre Inédit en français, Amérique primitive met en évidence la langue très dense de Mary Oliver (1935-2019) : sa parole poétique s’impose tel un dialogue incessant entre soi et le monde. Publié en 1983, Amérique primitive qui reçut alors le prix Pulitzer de poésie, révéla de manière remarquable la voix de Mary Oliver, proche de celles d’Emily Dickinson ou de Henry David Thoreau. Elle n’est cependant pas « le chantre d’une Wilderness mythifiée », comme le précisent les préfaciers, mais dans une approche intuitive, en résonance avec toute forme de vie, elle tend à rendre compte de son émerveillement : avec l’écoute et...
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Histoire littéraire Le ruban au cul d'Olympia Thibault Saillant retrace la singulière épopée de la maison d’édition de langue anglaise créée par Maurice Girodias en 1953. L’histoire de l’édition – pornographique ou non – est un ressort puissant de la libido du bibliomane. Parmi les mille et trois objets de sa concupiscence, certains petits livres verts ont une aura particulière, quasi mythique, que l’effeuillage précis et documenté de Thibault Saillant ne ternit pas, bien au contraire. Mythique, en effet, Olympia Press le reste à double titre. D’abord pour sa rareté : bien qu’édités à Paris, ses livres...
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Théâtre Branle-bas de combat Quand un projet industriel de grande ampleur divise la population. Une petite ville quelque part en Belgique. Petite ville sans histoires hormis celle d’un riche passé industriel. Comme tous les dimanches, Christian, le bourgmestre, parcourt le marché en serrant des mains : « Bonjour, bonjour, vous allez bien ? » Il est populaire : « Un gros bide, ça inspire confiance. Ça fait terroir. Force tranquille. Ça attire le vote. » Mais la petite ville se meurt, les finances ne sont pas brillantes et l’avenir plus...
Intemporels
par Didier Garcia
Huis clos en pleine mer
Avec La Nef des fous, l’Américaine Katherine Anne Porter nous emmène du Mexique vers l’Europe, où la Seconde Guerre mondiale se prépare.
En 1931, au moment où le paquebot allemand la Vera quitte le port de Veracruz (Mexique) pour rejoindre celui de Bremerhaven (Allemagne), au terme d’une traversée qui durera 27 jours (avec les escales tardives de Santa Cruz de Tenerife, Vigo, Gijón, Boulogne, et Southampton, concentrées dans les deux cents dernières pages du roman), les passagers ignorent que l’Histoire leur prépare une nouvelle tragédie. En revanche, ils ne tardent pas à découvrir que leur navire abrite un singulier melting-pot de nationalités, de classes sociales et de confessions religieuses.
Dans ce microcosme...
Le Matricule des Anges n°247







