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La ville, malgré tout
Lmda N°274 Entre essai et rêverie, Joël Cornuault revient dans les rues du Paris de sa jeunesse afin d’y débusquer ce qui frétille encore. Joël Cornuault est de ces flâneurs actifs qui prennent au sérieux l’art de la déambulation, l’œil au vent et le nez aux aguets ; un art que d’aucuns, pressés comme des citrons par un monde qui n’a de cesse d’amoindrir la vie de nos sens, qualifieraient un peu hâtivement de désuet. Mais Cornuault n’accepte pas cette facilité, car il est également de ceux « qui veulent la lune » et ne se...
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Domaine étranger Civilisation et barbarie L’Argentin Roque Larraquy propose une satire drolatique des tensions entre idéaux coloniaux et pensées « primitives ». Ce roman sarcastique qui donne la parole à une belle brochette de narrateurs non fiables, se tient à un fragile point d’équilibre entre le burlesque, le réalisme délirant et la science-fiction. Il s’ouvre sur l’arrivée incongrue, dans le port de Buenos Aires, d’un contingent d’Indiens en provenance de l’Amazonie péruvienne. Nous sommes en septembre 1933 et ces dix-neuf hommes et femmes dont la « jungle » est « le seul horizon d’expérience »...
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Domaine français Pessoa puissance 3 Imaginer la vie de trois des plus connus hétéronymes de Fernando Pessoa, c’est le pari – réussi – de ce roman du caméléon Matthieu Mégevand. Un roman ludique et profond à la fois » ; c’est en ces termes que l’éditeur nous présente le nouveau livre de Matthieu Mégevand, né à Genève en 1983, auteur ces dernières années de La Bonne Vie, Lautrec ou Tout ce qui est beau, entre autres. Ludique, oui, parce que le quadra suisse s’amuse sérieusement à donner vie à trois des plus fameux hétéronymes – Alberto Caeiro, Ricardo Reis et Alvaro de Campos – du définitivement toujours fascinant...
Chronique
En grande surface
En grande surface
par Pierre Mondot
Des pavillons dans le ventre
Coup de fil d’un confrère de Lire-Le Magazine littéraire. Les vœux, quelques potins, l’IA, les salaires (soupirs), Trump, et – on le flairait – une sollicitation. Le journal vient de désigner La Nuit ravagée meilleur livre de l’année 2025 ; un papier dans la revue serait le bienvenu.
Si on peut rendre service. Sans garantir l’efficacité de la démarche tant l’auteur, Jean-Baptiste Del Amo, semble imperméable à toute publicité : alors qu’il cumule les récompenses – prix Fnac, Goncourt du premier roman, Livre Inter, et roi de Lire désormais – sa notoriété demeure relative. Son nom énoncé,...
Le Matricule des Anges n°270

un auteur
Colette
Chronique
Traduction
Traduction
Iryna Dmytrychyn
Personne ne demandera rien, de Serhiy Jadan
Ferhiy Jadan est un auteur protéiforme qui excelle dans tous les genres, qu’il s’agisse de poésie, de prose, de dramaturgie et de traduction. On le connaît chanteur et front man, engagé politiquement dans l’aide logistique aux combattants et aux civils depuis le début de la guerre en 2014, et plus encore depuis l’invasion à grande échelle de février 2022. En mars 2024 il s’est engagé dans l’armée, le seul front qui compte aujourd’hui en Ukraine.
Ce recueil de douze nouvelles offre au lecteur français la preuve de son talent pour la forme courte. Il nous révèle également Jadan...
Le Matricule des Anges n°270
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Domaine étranger Sissie la Noire en Europe blanche Comment peut-on être ghanéenne dans les années 1970 ? Un roman émancipateur d’Ama Ata Aidoo. Il aura fallu presque cinquante ans pour que ce roman de la littérature africaine anglophone soit enfin traduit en français et que le nom de la Ghanéenne Ama Ata Aidoo parvienne à nos oreilles. Cette professeure d’université, défenseuse de la cause des femmes, laisse derrière elle des écrits peu nombreux mais marquants, allant du théâtre à la poésie, du roman au livre jeunesse. Saluée à sa mort, en 2023, à l’âge de 81 ans, comme une...
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Poésie Papiers coupés, papiers collés Avec Et amarres invisibles, Bruno Grégoire cherche en des poèmes quasi ordinaires les mots de passe qu’ils articuleraient enfin pour passer à travers la cloison de papier de l’existence. Auteur d’une douzaine de livres et du marquant Poésies aujourd’hui (avec Jean-Marie Gleize et Bernard Vargaftig, Seghers), le discret poète Bruno Grégoire publie avec Et amarres invisibles le quatrième pan de sa série « trait d’union », que Loin de Cluj inaugurait en 2004. Deux livres presque opposés, Dans la bouche morte (1993) et L’Usure l’étoile (1998) le précédèrent comme deux errants, deux solitudes, tant par leur rage froide à heurter,...
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Poches Lignes de faille La réédition de Fragilité est l’occasion de (re)découvrir la pensée érudite, sensible et poétique de Jean-Louis Chrétien. Vers 1768, au centre d’une peinture de Chardin figurent une noix et ses brisures alors que trois poires vertes et un verre de vin les cernent. Si cette petite toile est d’un réalisme confondant, la noix brisée en est le détail qui retient, le punctum. Contrairement à ce qu’on voudrait croire, l’univers n’est ni stable ni infrangible et c’est peut-être parce qu’un geste d’effraction peut rompre à tout moment la coquille d’une noix, que nous...
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Théâtre Une immense tragédie Quand une femme se dresse face à la guerre et à la folie des hommes. Aristide Tarnagda est un auteur du Burkina Faso. Sa rencontre en 2004 avec Koffi Kwahulé le convaincra de se consacrer au théâtre et à l’écriture. Fadhila est son texte le plus récent. Fadhila, c’est d’abord une langue. Une langue puissante, imagée, métaphorique, une langue qui conte et raconte et laisse aux personnages le temps et l’espace de parler pour nous dire, ou tenter de nous dire, leurs vérités profondes. C’est la langue directe...
Intemporels
par Didier Garcia
Bad trip
Dans La Ligne de fuite, le romancier Robert Stone (1937-2015) sonne le glas du rêve américain. Un roman oppressant.
Journaliste free-lance mais auteur de profession, John Converse se trouve depuis dix-huit mois au Vietnam, non pas avec l’intention d’y couvrir cette « guerre bizarre » qu’il observe de loin mais afin de se ramener de la matière qui lui permette d’écrire un livre. Plutôt que de se rendre sur le front et de risquer inutilement sa peau, il préfère fréquenter les maisons closes de Saïgon, où il passe le plus clair de son temps à se piquer à l’héro. Dans le monde à l’intérieur duquel il évolue, avec pour seule devise « J’ai peur, donc je suis », les objections morales n’ont plus vraiment...
Le Matricule des Anges n°268








