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Corrida des mers
Lmda N°275 Réédition d’À la recherche du cachalot, roman documentaire du franco-italien Mario Ruspoli sur la chasse aux cétacés. Crépusculaire, poétique, cruel, magnifiquement illustré. Un docu-fiction ? Du réel romancé ? Un document (ré)interprété ? Un mélange de réel et de fiction. Du cinéma-vérité ? Celui de la reproduction « d’une réalité la plus vivante et saignante possible » ? Un matériel de plus en plus léger, les aspirations des sciences humaines, l’ethnologie et aussi l’antipsychiatrie ont permis en France, dans les années 1960, le développement de ce cinéma. Son...
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Domaine étranger Fenêtre sur trouble La révélation d’étranges phénomènes, par la romancière victorienne Margaret Oliphant. La tradition des romancières anglaises est florissante au XIXe siècle. Entre Jane Austen, les sœurs Brontë, Mary Shelley et George Eliot, l’on connaît cependant moins d’étonnantes dames victoriennes. Parmi elles, brille la prolifique écossaise Margaret Oliphant (1828-1897) qui, outre des récits réalistes et des essais, aimait broder les histoires de fantômes, mettre en scène des incidents démoniaques, non sans une visée moralisatrice où la...
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Domaine français Le mal du pays Dans un récit autobiographique fragmenté sur sa jeunesse, Mohamed Kacimi nous donne à voir son Algérie : mystique et sensuelle, résistante et victime. Au départ, pour l’enfant, il y a les lieux : la maison familiale, la bourgade, la citadelle, le cimetière – et puis les langues : l’arabe qu’on parle autour de lui, celui, classique, de la poésie préislamique et bien sûr du Coran, mais aussi, ennemie, celle du colonisateur, le français. La maison est une « maison-monde » dans laquelle, derrière « les portes du gynécée », comme dans nombre de romans d’Assia Djebar, les femmes et les enfants...
Chronique
En grande surface
En grande surface
par Pierre Mondot
Des pavillons dans le ventre
Coup de fil d’un confrère de Lire-Le Magazine littéraire. Les vœux, quelques potins, l’IA, les salaires (soupirs), Trump, et – on le flairait – une sollicitation. Le journal vient de désigner La Nuit ravagée meilleur livre de l’année 2025 ; un papier dans la revue serait le bienvenu.
Si on peut rendre service. Sans garantir l’efficacité de la démarche tant l’auteur, Jean-Baptiste Del Amo, semble imperméable à toute publicité : alors qu’il cumule les récompenses – prix Fnac, Goncourt du premier roman, Livre Inter, et roi de Lire désormais – sa notoriété demeure relative. Son nom énoncé,...
Le Matricule des Anges n°270

un auteur
Marc Biancarelli
Chronique
Traduction
Traduction
Ólöf Pétursdóttir
Dehors, c’est le printemps d’Ásta Sigurdardóttir
Traduire Ásta ? Oh que oui ! Une artiste hors des sentiers battus ; j’ai lu d’elle quelques textes quand j’étais adolescente ; une lecture dont le souvenir reste vif. Ces récits m’ont marquée par leur laconisme et leur candeur. Une lecture inoubliable et inédite. Ásta Sigurdardóttir (1930-1971) est à présent une figure emblématique de la jeune république islandaise, fondée en 1944. Après des siècles de colonisation danoise, le pays était occupé par les forces armées des alliés depuis 1940.
Encore un peu d’histoire : jadis, il y avait en Islande une tradition orale vivace. Cette oralité...
Le Matricule des Anges n°271
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Domaine étranger À fleurs de peau Réédition de Rue des Camélias, un des fleurons de l’écrivaine Catalane Mercè Rodoreda (1908-1983). Un Destin de femme en quête d’identité entre réalisme noir et onirisme floral. D’une si délicate mélancolie. Que nous offre la contemplation des fleurs ? La proximité de la beauté, sa fragilité ? Pourquoi cette omniprésence dans l’œuvre de la native de Barcelone qui n’a eu de cesse d’ensemencer ses romans de multiples variétés florales, d’arbres, de plantes et de jardiniers ? Obsédantes, les fleurs ! Que cachent-elles ? Un naturalisme ? Un surnaturalisme ? Le sentiment de l’éphémère ? Mercè Rodoreda a écrit de mémoire, un monde d’avant chaos, un...
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Poésie Le goût de vivre Inédit en français, Amérique primitive met en évidence la langue très dense de Mary Oliver (1935-2019) : sa parole poétique s’impose tel un dialogue incessant entre soi et le monde. Publié en 1983, Amérique primitive qui reçut alors le prix Pulitzer de poésie, révéla de manière remarquable la voix de Mary Oliver, proche de celles d’Emily Dickinson ou de Henry David Thoreau. Elle n’est cependant pas « le chantre d’une Wilderness mythifiée », comme le précisent les préfaciers, mais dans une approche intuitive, en résonance avec toute forme de vie, elle tend à rendre compte de son émerveillement : avec l’écoute et...
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Histoire littéraire Savoir déplaire Contre la pensée prémâchée, Henri Roorda (1870-1925) utilisait l’humour et la rhétorique en véritable prince de la chronique. Entre Élisée Reclus et Alphonse Allais se positionne naturellement Henri Roorda. Anarchiste, chroniqueur joyeux, et, comme quelques grands humoristes suicidés, à l’instar d’un André Frédérique. Pas toujours bien identifiée par les lectrices et lecteurs français, l’œuvre du Suisse d’origine hollandaise Henri Roorda van Eysinga, fleuron de la littérature de Lausanne – son université lui consacrait cet automne un grand colloque international du...
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Théâtre Blessures fantômes Daniel Keene sonde les traumatismes, dont les plus invisibles, de tous ceux qui ont dû partir combattre dans un conflit armé. Alors que les discours va-t-en-guerre se font de plus en plus nombreux, Le Long Chemin du retour de Daniel Keene est un contrepoint bienvenu et salutaire. Ce titre, en référence aux vingt ans nécessaires à Ulysse pour revenir de la guerre de Troie, évoque la difficulté pour tous ceux qui ont combattu au front de retourner à une vie civile « normale ». Le texte a été écrit à partir d’échanges, plusieurs semaines durant, avec des soldats des...
Intemporels
par Didier Garcia
Dieu, les loups et la salamandre
Roman de formation, L’Homme qui savait la langue des serpents de l’Estonien Andrus Kivirähk sonne aussi le glas d’un monde.
D’un côté : une forêt, avec ses légendes, sa salamandre géante endormie pour l’éternité, des êtres humains parlant la langue des serpents (qui leur permet de calmer les loups comme de forcer « un élan ou un chevreuil à s’approcher et à se laisser égorger »), des anthropopithèques vivant nus à la cime des arbres, se nourrissant de viande quasiment crue et utilisant des outils façonnés dans la pierre, le sage des vents, capable de les attraper tous et de les retenir chez lui à l’aide de cordes… De l’autre : un village, qui ressemble à ce que devaient être les nôtres au Moyen Âge, où...
Le Matricule des Anges n°246








