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Signes de croix
Lmda N°276 « Paysagiste du souvenir », le primo-romancier Siméon Lerouge remonte le temps en se passionnant pour un très modeste monument sarthois."C’est là que nous allons vivre”, je me répète intérieurement. “À des centaines de kilomètres de Brest.” Pas de souvenirs ici, pas d’habitudes, pas de connaissances. Pas de rade mais un ruisseau, des lieux-dits, pas de ville mais un bourg ». Comment le narrateur est-il arrivé ici, dans la campagne sarthoise, et surtout comment en est-il venu à s’intéresser à la Croix percée, « un modeste...
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Domaine étranger Encres salvatrices Comment transformer un drame en tragi-comédie, tout en respectant victimes et proches, telle est la prouesse de Fernando Aramburu, dans un roman pudique et subtil. Mettre le doigt sur la plaie, puis caresser les bords de la blessure, pour en atténuer la souffrance comme ces mères soufflent sur le bobo de leur enfant et déclarent « Envolée la douleur ! Plus mal ! », Fernando Aramburu s’y exerce par l’écriture. Le Basque né en 1959 à San Sebastián, établi en Allemagne depuis 1985, avait surpris bien au-delà des frontières de l’Euskadi avec Patria (Actes Sud, 2018), roman sur un sujet très brûlant : le...
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Domaine français La ville, malgré tout Entre essai et rêverie, Joël Cornuault revient dans les rues du Paris de sa jeunesse afin d’y débusquer ce qui frétille encore. Joël Cornuault est de ces flâneurs actifs qui prennent au sérieux l’art de la déambulation, l’œil au vent et le nez aux aguets ; un art que d’aucuns, pressés comme des citrons par un monde qui n’a de cesse d’amoindrir la vie de nos sens, qualifieraient un peu hâtivement de désuet. Mais Cornuault n’accepte pas cette facilité, car il est également de ceux « qui veulent la lune » et ne se laissent pas abattre. Malgré les morosités passagères,...
Chronique
En grande surface
En grande surface
par Pierre Mondot
Force majeure
Crise oblige, on émet le souhait d’un papier sérieux. Une synthèse géopolitique qui éclairerait le lecteur sur les rouages des conflits internationaux. Étayée par un corpus solide, des ouvrages signés Trinquand et Pellistrandi, avec en prime une astuce mnémotechnique pour ne plus confondre chiite, sunnite et stalagmite. Refusé. « Occupe-toi du hit-parade. » Les cavaliers de l’Apocalypse sanglent leurs chevaux, on nous somme de divertir. Soit. On commentera en représailles le numéro un des ventes. Quel qu’il soit.
Et la joie de vivre, Gisèle Pelicot. Léger coup de chaud. L’image d’un...
Le Matricule des Anges n°272

un auteur
Marc Biancarelli
Chronique
Traduction
Traduction
Hadrien Chalard
À pleins poumons de Pedro Gunnlaugur Garcia
Pedro Gunnlaugur Garcia. Nul besoin d’être islandophone pour remarquer la singularité de ce nom, résultat d’une union entre deux cultures que rien, sinon un amour commun pour la morue salée, ne destinait à se télescoper. Le fruit d’un hasard malicieux qui n’aura pas manqué de déteindre sur le principal intéressé, dont la truculence méditerranéenne se marie à merveille avec le proverbial sarcasme nordique. Qu’elle soit consciente ou instinctive, la plume de Pedro semble comme dépendante de cette étonnante fusion. En me replongeant dans ma traduction d’À pleins poumons pour les besoins de...
Le Matricule des Anges n°274
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Domaine étranger Le sens de la finitude Les avatars de l’intelligence artificielle et de l’immortalité au cœur d’un roman de science-fiction policière, par Rosa Montero. L’horizon de la science-fiction semble balisé par les écrivains américains, entre Philip K. Dick, Robert Silverberg et Dan Simmons. De surcroît, si peu de femmes s’illustrent dans le genre, c’est encore une Américaine, Ursula Le Guin, qui fit figure d’exception. Aussi faut-il remarquer à cet égard l’irruption d’une Madrilène, Rosa Montero (née en 1951), dont l’anticipation s’exerce dans les « États-Unis de la terre », en l’an 2111. Dans la...
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Poésie Comment être au monde Entre approche concrète et abstraite, les poètes François Jacqmin et Julien Starck cherchent à toucher une certaine vérité de notre rapport à l’existence. Le catalogue des éditions du Cadran ligné, dirigées par le poète Laurent Albarracin, fonctionnant par affinités sensibles, cela nous incite à tendre des fils, peut-être arbitraires, entre deux parutions récentes. Rapprochons ainsi selon notre caprice deux auteurs qui n’auront guère coïncidé dans le temps et l’espace – l’un se trouvant en pleine activité, l’autre décédé il y a plus de trente ans – et qui font de l’essai une dérive en poésie...
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Histoire littéraire Le ruban au cul d'Olympia Thibault Saillant retrace la singulière épopée de la maison d’édition de langue anglaise créée par Maurice Girodias en 1953. L’histoire de l’édition – pornographique ou non – est un ressort puissant de la libido du bibliomane. Parmi les mille et trois objets de sa concupiscence, certains petits livres verts ont une aura particulière, quasi mythique, que l’effeuillage précis et documenté de Thibault Saillant ne ternit pas, bien au contraire. Mythique, en effet, Olympia Press le reste à double titre. D’abord pour sa rareté : bien qu’édités à Paris, ses livres...
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Théâtre Une vache pour tout bagage Catherine Monin met en scène l’histoire forte d’une rencontre et d’un vivre-ensemble avec un animal. Merveille, c’est d’abord une langue. Précise, parfois crue, tendre et poétique, malaxant le vocabulaire et la syntaxe. Une langue d’images et d’émotions qui nous dit une façon de voir le monde, une façon même d’être au monde. D’être attentif au monde. De le découvrir. D’affronter ses épreuves et d’en être parfois émerveillé. Merveille, c’est aussi une vache, une parmi les 26 d’un troupeau qui soir et matin passent à la trayeuse pour donner...
Égarés, oubliés
par Éric Dussert
Remous et clapotis
Graveur et prosateur, Jean-Paul Hippeau a vécu loin des regroupements mondains. Son œuvre parle d’une vie tendue vers la Création, depuis la Beauce.
Mes images et mes écritures », c’est tout ce qui importe à Jean-Paul Hippeau, fier artiste installé sous les toits, au cinquième étage du 71, rue de Rome. Dans la revue Les Amitiés (février 1931), la journaliste Claude Chauvière évoque son « magnifique orgueil de solitaire ». Elle avait dit antérieurement à Claude Pierrey, qu’elle incitait à rencontrer Hippeau : « C’est un lion, avec un béret de velours et un gilet à fleurs. Il imprime ce qui lui plaît sur un méchant gaufrier. Fastueux et pauvre, il incarne le dernier des romantiques… » Et en matière de presse, le gaufrier devait être...
Le Matricule des Anges n°237







