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Le Matricule des Anges
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Le Matricule des Anges

  • Chassés de la parole

    Lmda N°273 Un premier texte qui fait entendre le peuple sans-patrie des descendantes de harkis. Une très belle entrée en littérature pour l’artiste Mascare.

    Belgazou

    La poétesse noire féministe lesbienne Audre Lorde, le musicien amérindien Link Wray, la Commune de 1871, l’écrivain noir américain James Baldwin et Ratus le petit rat vert des manuels scolaires donnent dès l’exergue et ainsi mis sur le même plan le ton de ce puissant petit livre. L’histoire familiale de la narratrice est hantée par la tragédie complexe des harkis comme son grand-père qui a...
  • La Fenêtre de la bibliothèque

    Domaine étranger Fenêtre sur trouble La révélation d’étranges phénomènes, par la romancière victorienne Margaret Oliphant. La tradition des romancières anglaises est florissante au XIXe siècle. Entre Jane Austen, les sœurs Brontë, Mary Shelley et George Eliot, l’on connaît cependant moins d’étonnantes dames victoriennes. Parmi elles, brille la prolifique écossaise Margaret Oliphant (1828-1897) qui, outre des récits réalistes et des essais, aimait broder les histoires de fantômes, mettre en scène des incidents démoniaques, non sans une visée moralisatrice où la...
  • Très brève théorie de l’enfer

    Domaine français Exilés en solitude Roman du désamour, le nouveau livre de Jérôme Ferrari déploie une pensée de la catastrophe à partir du récit d’une séparation amoureuse. Et marque toute l’humanité du sceau de la damnation. C’est probablement le roman le plus intimiste de Jérôme Ferrari, prix Goncourt 2012. Jeune enseignant, désireux de parcourir le monde, le narrateur s’engage au lycée français d’Alger qui vient de rouvrir après une guerre civile meurtrière. Il y rencontre Nardjess qu’il voit « comme une autre possibilité d’échapper à moi-même ». Car l’homme ne fuit pas seulement son île natale, la Corse et ses hordes de touristes, mais aussi une forme de...
Chronique
En grande surface
par Pierre Mondot

Nature peinture

Controns la grisaille par une escapade à Marseille, avec La Bonne Mère, premier roman de Mathilda Di Matteo. Clara, jeune prof à Sciences Po en phase de gentrification, se détache de son ascendante, Véro, « seins énormes » et manières de cagole. La présentation du fiancé, Raphaël, fils de ministre, crée un choc des cultures. Garamond vs Comic Sans : « Je l’appelle le girafon (…) À croire qu’il est en safari partout (…) ». Un mail de la revue, service Qualité, interrompt notre élan : l’examen des data de la page 52 souligne une nette disparité de traitement, avec davantage d’auteures que...
Le Matricule des Anges n°268
Valère Novarina

un auteur

Valère Novarina

Chronique
Traduction

Carine Bratzlavsky et Anne-Marie Di Biasio

Baisers du Singe : correspondance Virginia Woolf-Vanessa Bell Virginia Woolf était une épistolière compulsive. À côté de ses romans, son journal, ses essais, la biographie, le théâtre, la critique, le travail d’éditrice, Virginia Woolf écrivait des lettres. À ses amis du Bloomsbury Group, artistes engagés pour l’art et la liberté des idées, à son amante, Vita Sackwille-West. À sa sœur, la peintre Vanessa Bell. Je me rappelle encore mes émotions, découvrant ces lettres. Emportée par les phrases tendues d’une Virginia Stephen suggérant, au travers d’un écheveau d’associations d’idées et de connivences à demi-mot, sur le ton presque badin de la...
Le Matricule des Anges n°272
  • Soixante kilos de coups durs

    Domaine étranger Éros, Thanatos, harengs Le deuxième volet de la saga autour du village de Segulfjördur au nord de l’Islande montre comment la modernité finit par arriver dans la colonie danoise. Préparant son indépendance. Dans Soixante kilos de soleil, on avait laissé le jeune Gestur et le bambin Olgeir le borgne (depuis qu’un corbeau lui avait mangé son œil) se sortir miraculeusement de l’avalanche qui avait englouti la ferme de Lási le menuisier, père adoptif de notre héros après la mort de sa mère et sa sœur sous une première avalanche et la disparition de son père Eilifur lors d’une pêche aux requins. Nous sommes en 1906, le village est composé...
  • Poèmes de Czernowitz 1938-1945

    Poésie Par-delà l'effroi Inédite en français, cette part importante de
    la création poétique de Paul Celan atteste de
    sa jeunesse bouleversée. En dépit de leur gravité, ces premiers poèmes surprennent par leur beauté.
    Né à Cernauti en 1920, ville roumaine dénommée en allemand Czernowitz, et issu d’une famille juive germanophone, celui qui ne s’appelle pas encore Paul Celan mais Paul Antschel, entreprend dès 1938 une œuvre qui comptera parmi les plus marquantes de la seconde moitié du XXe siècle. Composés en Roumanie avant l’exil définitif en France, ces textes de jeunesse sont à considérer comme la matrice de sa poétique. Le choix du titre est ici celui...
  • Rilke sans domicile fixe

    Poches La pauvreté et la splendeur Homme sans toit, sans foyer, Rilke fut un nomade en quête de l’œuvre qui l’installerait en harmonie avec le monde et le délivrerait du mal d’exister. Olympia Alberti nous entraîne dans son sillage. Écrivain que chacun connaît mais que peu ont lu, contemporain de Stefan George et de Hofmannsthal, Rainer Maria Rilke (1875-1926) eut une existence de vagabond apatride. Une vie errante en quête du lieu juste, celui qui, lui permettant de s’abandonner entièrement à une ascétique passivité, l’aiderait à affronter, seul, ses « lions intérieurs » tout en travaillant à une œuvre qui, dans et par la poésie, confinerait à un salut existentiel....
  • Le Long Chemin du retour

    Théâtre Blessures fantômes Daniel Keene sonde les traumatismes, dont les plus invisibles, de tous ceux qui ont dû partir combattre dans un conflit armé. Alors que les discours va-t-en-guerre se font de plus en plus nombreux, Le Long Chemin du retour de Daniel Keene est un contrepoint bienvenu et salutaire. Ce titre, en référence aux vingt ans nécessaires à Ulysse pour revenir de la guerre de Troie, évoque la difficulté pour tous ceux qui ont combattu au front de retourner à une vie civile « normale ». Le texte a été écrit à partir d’échanges, plusieurs semaines durant, avec des soldats des...
Égarés, oubliés
par Éric Dussert

Marie de la colline

Incarnation de sa région, Marie Mauron l’institutrice a connu une carrière remarquable, au point d’être surnommée la « Colette de Provence ». Roumanille ! Peut-on imaginer patronyme plus provençal que Roumanille ? Et peut-on imaginer destinée plus littéraire que celle de Marie-Antoinette Roumanille ? Elle naît le 5 avril 1896 à Saint-Rémy-de-Provence. Elle était destinée à être une incarnation de ce pays d’olivettes et de romarin, de soleil, de senteurs et d’accent. Son père, formidable conteur descendant d’une lignée de paysans, lui lègue son talent. Il est un cousin éloigné de Mistral. Elle va devenir une poète et romancière aussi célèbre qu’Antonine Maillet qui brilla avec Pélagie-la-Charrette (Grasset, 1979) ou que l’Inès...
Le Matricule des Anges n°179