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La ville, malgré tout
Lmda N°274 Entre essai et rêverie, Joël Cornuault revient dans les rues du Paris de sa jeunesse afin d’y débusquer ce qui frétille encore. Joël Cornuault est de ces flâneurs actifs qui prennent au sérieux l’art de la déambulation, l’œil au vent et le nez aux aguets ; un art que d’aucuns, pressés comme des citrons par un monde qui n’a de cesse d’amoindrir la vie de nos sens, qualifieraient un peu hâtivement de désuet. Mais Cornuault n’accepte pas cette facilité, car il est également de ceux « qui veulent la lune » et ne se...
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Domaine étranger À fleurs de peau Réédition de Rue des Camélias, un des fleurons de l’écrivaine Catalane Mercè Rodoreda (1908-1983). Un Destin de femme en quête d’identité entre réalisme noir et onirisme floral. D’une si délicate mélancolie. Que nous offre la contemplation des fleurs ? La proximité de la beauté, sa fragilité ? Pourquoi cette omniprésence dans l’œuvre de la native de Barcelone qui n’a eu de cesse d’ensemencer ses romans de multiples variétés florales, d’arbres, de plantes et de jardiniers ? Obsédantes, les fleurs ! Que cachent-elles ? Un naturalisme ? Un surnaturalisme ? Le sentiment de l’éphémère ? Mercè Rodoreda a écrit de mémoire, un monde d’avant chaos, un...
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Domaine français Regard sur la violence de la justice Marie Dosé, avocate infatigable, livre des fragments de réel, des morceaux de vies fracassées. Prévoir un vrai moment de temps libre. Savoir que si on ouvre ce livre, on ne va pas le lâcher. Être informé que ce n’est pas un page-turner bourré de cliffhangers, mais une plongée dans la réalité crue du quotidien d’une avocate pénaliste. Avoir lu le titre, La Violence faite aux autres. Connaître quelques éléments sur son autrice : Marie Dosé est célèbre pour ses combats en faveur des enfants français, enfermés dans des camps en Syrie, et...
Chronique
En grande surface
En grande surface
par Pierre Mondot
Des pavillons dans le ventre
Coup de fil d’un confrère de Lire-Le Magazine littéraire. Les vœux, quelques potins, l’IA, les salaires (soupirs), Trump, et – on le flairait – une sollicitation. Le journal vient de désigner La Nuit ravagée meilleur livre de l’année 2025 ; un papier dans la revue serait le bienvenu.
Si on peut rendre service. Sans garantir l’efficacité de la démarche tant l’auteur, Jean-Baptiste Del Amo, semble imperméable à toute publicité : alors qu’il cumule les récompenses – prix Fnac, Goncourt du premier roman, Livre Inter, et roi de Lire désormais – sa notoriété demeure relative. Son nom énoncé,...
Le Matricule des Anges n°270

un auteur
Colette
Chronique
Traduction
Traduction
Carine Bratzlavsky et Anne-Marie Di Biasio
Baisers du Singe : correspondance Virginia Woolf-Vanessa Bell
Virginia Woolf était une épistolière compulsive. À côté de ses romans, son journal, ses essais, la biographie, le théâtre, la critique, le travail d’éditrice, Virginia Woolf écrivait des lettres. À ses amis du Bloomsbury Group, artistes engagés pour l’art et la liberté des idées, à son amante, Vita Sackwille-West. À sa sœur, la peintre Vanessa Bell. Je me rappelle encore mes émotions, découvrant ces lettres. Emportée par les phrases tendues d’une Virginia Stephen suggérant, au travers d’un écheveau d’associations d’idées et de connivences à demi-mot, sur le ton presque badin de la...
Le Matricule des Anges n°272
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Domaine étranger Coup de poing dans les tabous Au cours de sa courte vie d’écrivaine, la Marocaine Malika Moustadraf a bousculé les interdits et raconté, dans une langue crue et violente, le quotidien des oubliés et des rejetés. On peut entrer dans ce livre par sa couverture. Le fond de l’image est un tapis oriental, rouge sang, orné de fleurs, d’oiseaux, de motifs traditionnels. À l’avant-plan, mais rabaissée, plutôt qu’au milieu de la page, une femme, dont on ne voit que le visage. Elle fait carrément la tronche, clope au bec. Elle est emballée serrée dans un tissu fleuri, l’idée d’un vêtement islamique, destiné à dissimuler le corps, mais fait d’une joyeuse...
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Poésie De départs en Java Emmener son dabe en Java, tel aurait pu être le mot d’ordre de la revue : c’est-à-dire débaucher la poésie de son académisme flétrissant, pour poser une grenade dans la soie de ses mièvreries d’alors. Joies de faire péter le sérieux sérieusement. Déroulons-en les arguments. La revue Java, tel qu’Yves di Manno, le poète et directeur de la collection Poésie/Flammarion, la définit avec justesse dans sa brève préface, aura mené au début des années 1990 « mieux que nulle autre en son temps – et avec le plus grand impact – l’examen reconduit de la question moderne, après les avant-gardes ». Vingt-huit numéros, en dix-sept ans, dans le contexte d’alors où brillaient encore quelques revues phares (Action Poétique,...
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Histoire littéraire Herbel, la malice du cosmos Une nouvelle traduction remet en circulation les histoires d’almanach de Hebel, classiques en Allemagne, presque inconnues en France. En Allemagne, Johann Peter Hebel (1760-1826) est un classique ; la France n’a pas son équivalent. C’est que l’art de Hebel, insiste Walter Benjamin, est le plus modeste de tous : des « historiettes », moralités, devinettes, longues de quelques lignes à quelques pages, écrites entre 1803 et 1819 pour l’almanach L’Ami de la maison du pays rhénan, vendu par colportage dans le pays de Bade. De son vivant, Hebel ne passe pas inaperçu : Goethe...
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Théâtre Drôle de drame chez les Blum Avec Incident suspect, comédie grinçante, la société et la famille israéliennes en prennent pour leur grade. Dans la famille Blum, rien ne va plus. La mère, Adina, vient juste de poignarder Shmouel, son mari, quand la pièce commence. Sans raison véritable. L’ennui peut-être ; ou le désintérêt que lui manifestait son mari tous les jours. L’habitude aussi, elle attendant qu’il rentre du travail, lui s’installant devant la télévision. Alors, dit-elle, au fils, « On voit bien que tu n’as pas été marié à la même personne pendant quarante ans. » Le fils,...
Intemporels
par Didier Garcia
Un bon bol d’air
Dans Le Voyage à Paimpol, Dorothée Letessier (1953-2011) évoque l’escapade d’une jeune femme qui aspire à fuir sa vie.
D’après Google Maps, 42 kilomètres séparent Saint-Brieuc de Paimpol, situé juste en face de l’île de Bréhat. Peut-on parler de voyage pour une distance dérisoire que certains parcourent au quotidien pour se rendre de leur domicile à leur lieu de travail ?
Pour Maryvonne, antihéros féminin approchant de la trentaine, mariée, mère d’un jeune garçon, et OS dans une usine bretonne, la réponse est clairement oui, même si elle reconnaît que Paimpol, « cela ne fait pas sérieux, c’est un nom d’opérette, Paimpol, Paim-Paul, Pain-Pôle, Pin-Paule, Paimpol, un nom tout rond, impossible à...
Le Matricule des Anges n°265







