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Domaine étranger Épilogue

octobre 2010 | Le Matricule des Anges n°117 | par Benoît Legemble

Sheridan Le Fanu (1814-1873) incarne ce que la littérature irlandaise a engendré de meilleur au cours des derniers siècles. Son œuvre est multiple. Elle sait se jouer des codes de la satire sociale, marquer le pas sur les conventions du fantastique, et investir les sphères les plus dérangeantes de la tradition gothique. Telle est la prouesse accomplie avec Désir de mort – ultime récit de l’écrivain, dont les échos biographiques sont aisément repérables pour les amateurs du créateur de L’Oncle Silas et Schalken le peintre. Car à travers l’histoire de l’infortunée Ethel Ware, recueillie par un riche aristocrate à la mort de son père, Le Fanu évoque sa propre trajectoire. Si l’héroïne de son roman est victime d’une véritable décimation familiale, et connaît ainsi une solitude qui l’attire dans des profondeurs abyssales, l’auteur lui-même vivait reclus depuis plusieurs années. Jamais remis du décès de sa femme, Le Fanu exorcise cette dépression qui le rongeait dans l’écriture de ce roman. Il n’oublie cependant pas d’esquisser une peinture des tourments de l’âme humaine au travers du chantage dont est victime Ethel. La manipulation, les mondanités, la perversion s’imposent comme des motifs centraux. L’auteur dit son renoncement à ce monde grimaçant. Il dévoile progressivement une philosophie marquée du sceau de l’entropie. L’existence d’une fortune implique la ruine. Et Le Fanu de conclure que l’expérience du miroir est certes une expérience du double, mais aussi une expérience déformante. Une quête identitaire sur l’essence et les faux-semblants, portée jusqu’aux confins du récit. Jusque dans les dernières lignes, dans un poignant constat sur l’absurdité de l’existence : « Ce spectre aimé ne représente-t-il rien ? Et la fidélité que la nature proclame n’est-elle, au bout du compte, qu’aveuglement et pur gâchis ? »

B. L.

Désir de mort
Joseph Sheridan Le Fanu
Traduit de l’anglais (Irlande) par Patrick Reumaux
Phébus, 358 pages, 23

Épilogue Par Benoît Legemble
Le Matricule des Anges n°117 , octobre 2010.