auteur Assia Djebar
A propos
L'Algérie à vif
Il y a dix ans disparaissait Assia Djebar : première Algérienne reçue à l’Académie française, elle construisit, durant cinquante ans, une œuvre profuse, tissant l’intime à l’Histoire. Au cœur de ce vaste monde romanesque, elle explore la trajectoire des femmes du Maghreb, d’autrefois, d’hier et d’aujourd’hui : une émancipation encore inachevée.
La scène inaugurale, fondatrice ? « Fillette arabe allant pour la première fois à l’école, un matin d’automne, main dans la main du père. Celui-ci, un fez sur la tête, la silhouette haute et droite dans son costume européen, porte un cartable, il est instituteur à l’école française. Fillette arabe dans un village du Sahel algérien. Villes ou villages aux ruelles blanches, aux maisons aveugles. Dès le premier jour où une fillette “sort” pour apprendre l’alphabet, les voisins prennent le regard matois de ceux qui s’apitoient, dix ou quinze ans à l’avance : sur le père audacieux, sur le...
Vaste était la prison
Assia Djebar ouvrit des portes, que d’autres franchirent ensuite : la romancière Hajar Bali, elle aussi, est une de ces voix libres.
Créées en 2000, les éditions Barzakh ont eu à cœur de rééditer en Algérie des œuvres d’Assia Djebar initialement parues en France. En 2017, ce fut La Soif puis, en 2022, Les Impatients. À la rentrée paraîtra le récit La Beauté de Joseph. Hajar Bali, romancière algérienne d’expression française (voir Lmda N°210), en a écrit la postface. Elle a bien voulu nous faire partager sa « fascination »...
Dans le texte
ALGER
La conquête débute ainsi, dans la beauté (L’Amour, la fantasia).
« Aube de ce 13 juin 1830, à l’instant précis et bref où le jour éclate au-dessus de la conque profonde. Il est cinq heures du matin. Devant l’imposante flotte qui déchire l’horizon, la Ville Imprenable se dévoile, blancheur fantomatique, à travers un poudroiement de bleu et de gris mêlés. (…)
Ce 13 juin 1830, le face à...
Pages
- 1
- 2




