auteur Claro
A propos
Alphabet madman
Écrivain, traducteur et éditeur, Claro publie en cette rentrée CosmoZ, un des livres les plus impressionnants de ces dernières années. Le fruit de toute une vie consacrée à la littérature, comme arme créatrice de soi-même. Pour devenir ce que l’on est.
Auteur de livres singuliers qui brassent dans des styles toujours différents des corpus hétérogènes, traducteur inspiré de grandes voix de la littérature anglo-saxonne (de Rushdie à Pynchon, en passant par Cooper, Vollmann ou Danielewski), membre du comité de rédaction de la revue Inculte et codirecteur de la collection « Lot 49 » aux éditions du Cherche-Midi, Claro est un ogre. Un ogre dévoreur de livres, ce qui le rendrait proche d’être cannibale tant le bonhomme semble constitué lui-même des milliers de livres lus. Pour la deuxième fois depuis son premier roman paru en 1989, Claro fait...
En chair et en Oz
Inversant le processus féerique du Magicien d’Oz qui envoie une gamine du Kansas dans le fabuleux pays des Munchkins, Claro téléporte les personnages du conte de Frank Baum vers le monde réel. Une manière ébouriffante d’envisager la première moitié du XXe siècle.
Au visage du premier enfileur de perles qui persistera à dire que la littérature française (malgré Senges, Audeguy, Rolin, Deville et tant d’autres) est anémiée autour du nombril de ses auteurs, vous pourrez lancer les cinq cents pages de CosmoZ. Si ça ne l’assomme pas, ça fera de lui un ami. Car, au risque de paraître péremptoire, disons-le tout de go : CosmoZ est une œuvre magistrale dont...
Jouissance du nouveau
Des phrases inouïes, des formes inventées, des mécaniques huilées à la rhétorique la plus folle, teintées d’humour et chromées par toutes les nuances de la langue : quand Claro soulève le capot de sa machine d’écriture c’est un V12 qu’il dévoile. Puissance, nervosité, souplesse. De quoi voyager vite et loin.
écrivain à l’œuvre protéiforme, Claro parle de la littérature comme si elle était l’air qu’on respire. Il ne cherche pas ses citations, n’hésite pas : son flot de parole, plus fluide que lorsqu’il s’agit de parler de sa vie, prend les questions qu’on lui pose comme un skieur efface les piquets rouges et bleus d’un slalom olympique. La pensée file vite rebondissant sans cesse sur des saillies...
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Ouvrages chroniqués
Des milliers de ronds dans l’eau
de
Claro
2025
Sur une base autobiographique, l’écrivain s’autorise d’imaginaires détours labyrinthiques. Un roman à fragmentation.
Claro ? Un obsessionnel de la langue, entend-on souvent dire de l’intéressé, Christophe de son prénom. Rien d’étonnant à cela puisqu’il est éditeur (chez Inculte), traducteur de l’anglais, critique à l’occasion et écrivain, évidemment. Depuis 1986 et Ezzelina, il a signé une trentaine d’ouvrages parus dans une douzaine de maisons. Celui-ci est le sixième opus publié à l’enseigne d’Actes Sud. Si le titre Des milliers de ronds dans l’eau rappellera peut-être à certains les paroles d’un fameux vieux standard de Michel Legrand, Le Moulin de mon cœur, il n’est pas question ici de pousser la...
Sous d’autres formes nous reviendrons
de
Claro
2022
Entre poésie, réflexion et récit, le nouveau livre de Claro regarde la mort en face et interroge la littérature sur sa capacité à nous aider à faire le deuil de nous-mêmes.
C’est d’abord un étrange livre par l’usage de la ponctuation et de la typographie qui s’y applique. Des textes courts y font comme les dalles du chemin que le lecteur suit. Partant de 1497 à Florence où Savonarole s’apprête à allumer son grand bûcher des vanités, pour arriver à un ultime tombeau d’où coule une « larme creusant sans fin le lit de la terre sans fin creusant le temps ». Aux dalles de texte s’agrègent des citations de poètes, écrivains et philosophes, sur lesquelles la pensée prend appui, rebondit, bifurque. On y entend beaucoup Antonin Artaud et Franck Venaille, des paroles...
La Maison indigène
de
Claro
2020
Voici un livre qui surprendra les lecteurs de Claro. À la suite d’un email de son ami Arno Bertina, Claro se voit convoqué par son passé familial. Nous sommes en 1930 à Alger, l’architecte Léon Claro, grand-père paternel de l’auteur, inaugure La Villa du centenaire qu’il vient de bâtir, sur le modèle néomauresque, pour célébrer cent ans de colonisation. Trois ans plus tard, un jeune homme la visitera et écrira sur la maison mauresque un de ses premiers textes : il s’appelle Albert Camus. Le fils de Léon est là, qui sera le père de Claro. L’entrée de cette villa Claro est-elle,...
Hors du charnier natal
de
Claro
2017
Attaché à écrire la biographie d’un anthropologue russe oublié, Claro rejette les règles de l’exercice, glisse vers l’autofiction pour mieux en détraquer les mécanismes.
Mort d’épuisement en 1888, à l’âge de 42 ans, Nikolaï Mikloukho-Maklaï a été le premier Européen à vivre en immersion avec les Papous de Nouvelle-Guinée. De la vie de celui qui s’est lui-même surnommé le « papou blanc », on ne sait pas grand-chose et c’est pour « l’empêcher de figer dans la sauce du mythe » que le narrateur de Hors du charnier natal décide d’en écrire la biographie. En lisant ce livre dont le titre est emprunté au premier vers des « Conquérants » de José-Maria de Heredia, le lecteur n’apprendra pourtant pas grand-chose car, comme l’annonce d’emblée ce mystérieux...
Chair électrique
de
Claro
2002
Claro, traducteur du beau monde (de Pynchon à Rushdie), asseoit une fiction racoleuse sur la chaise électrique. Toujours les mêmes bribes de sociologie ressassées.
Trois canevas sont mêlés. Il y a d’abord la conception de la chaise électrique, à la fin du XIXe, au cœur de la douce Amérique ; plus près de nous, c’est un bourreau pennsylvanien, Howard Hordinary, qui se retrouve sujet à la dépression depuis que le Système s’avise de piquer les condamnés ; et de nouveau en arrière, revoilà les tours d’Harry Houdini, dont la figure est reproduite en tête de quelques chapitres, le célèbre illusionniste partageant avec « la Chaise » le cerveau désœuvré d’Howard. Le dispositif paraît donc assez sophistiqué : pourquoi pas ? Sans doute est-ce qu’il faut...








