auteur Jeanne Benameur
A propos
Les chemins de la liberté
Née dès la petite enfance, l’écriture de Jeanne Benameur est venue très vite donner une forme aux interrogations de l’âme et aux mouvements du cœur. Une manière d’habiter le monde quand la place qu’on y a reste très fragile. Une manière aussi de chercher son émancipation.
Peut-on naître à 5 ans ? Jeanne Benameur écrit dans Ça t’apprendra à vivre, que c’est à cet âge-là qu’elle a « appris à mourir ». C’était en 1958 et la mort portait alors, en Algérie où est née la romancière, l’uniforme des bérets noirs ou se fondait dans l’ombre du FNL. Cette découverte de la mort inaugure Ça t’apprendra à vivre, l’un de ses romans les plus réussis. Le livre s’ouvre avec la scène de « l’attaque ». Jeanne Benameur n’a pas 6ans, la prison où elle vit, cette nuit-là, est attaquée par des bérets noirs qui veulent « faire la peau à l’Arabe », son père. Scène primitive qui...
Les mots en partage
Son écriture vise la simplicité et la justesse. Elle naît à la source de l’intime pour tenter de rejoindre l’universel dans le contournement du matériau autobiographique, l’affrontement à ce qui aliène, le désir de l’altérité. Jeanne Benameur ou le cœur à l’ouvrage.
Jeanne Benameur n’est pas le style de femme qui mesure son investissement dans la parole. Elle s’y livre pleinement, avec une franchise qui n’empêche pas la pudeur. Dans la manière qu’elle a, parfois, de livrer plusieurs versions d’une même réponse, on saisit à quel point il lui est nécessaire de creuser sans cesse son propre langage pour qu’il soit au plus près de ce qu’elle ressent. Très...
Indigne-toi !
Antoine vient de revenir vivre chez ses parents. À 40 ans, c’est un triple échec pour lui. Ce retour dans la maison de l’enfance fait résonner la vacuité de sa vie amoureuse depuis que Karima et lui se sont séparés. Il le met face à cette vie réglée sur la banalité des jours qu’il aurait voulu fuir. Celle d’un père qui, à la retraite, a substitué au train-train du travail, le jardinage et la...
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Ouvrages chroniqués
L' Enfant qui
de
Jeanne Benameur
2017
D’un récit très sensible où un enfant cherche à habiter l’absence de sa mère partie, Jeanne Benameur tire une réflexion sur le temps qui relie les hommes entre eux.
C’est un enfant seul qu’on suit. Muet quand il est avec les autres, habité d’une langue inconnue quand il est seul en forêt. Les « autres », c’est beaucoup dire. Les autres, c’est un père dont les poings serrés retiennent les cris. Une grand-mère recroquevillée sur un secret douloureux. Et l’absence d’une mère. « Chacun de tes jours sera adossé à l’absence » dit la voix narrative qui tutoie ainsi le gamin sans qu’on sache vraiment si elle émane d’un ange ou d’une conscience compassionnelle. Jusqu’à la page 100. Il y a un chien aussi qui accompagne l’enfant dans son errance à travers la...
Laver les ombres
de
Jeanne Benameur
2008
La phrase est courte, l’écriture dépouillée, le rythme vif. C’est de Lea qu’il est question. Lea qui prépare le spectacle qu’elle donnera pour les dix ans de sa Compagnie. Lea qui aime, mais qu’une sorte d’intranquillité mine. Comme une fêlure par où elle est parfois aspirée, et qui lui a fait quitter tous les hommes qu’elle a aimés. Quelque chose comme une malédiction, une sorte de vacillation de l’identité, un point d’affolement soudain qui rend impossible l’existence de l’autre. C’est pour ça qu’elle danse, pour « altérer le vide », enchaîner peut-être aussi des mouvements qui ne...
La Boutique jaune
de
Jeanne Benameur
2002
La boutique jaune est abandonnée. Elle recèle un long passé que Marion ignore lorsqu’elle passe devant chaque matin, qu’elle en caresse les panneaux de bois avant de se rendre à l’école. Marion aime cette boutique qu’elle regarde avec ses yeux de future photographe. Elle n’est pas la seule. Adalbert, le plus vieil habitant du quartier aussi aime cette maison. Ils vont se rencontrer et ce sera l’ouverture d’une porte vers le passé, la guerre de 14, une histoire d’amour, une histoire de deuil. Marion va partager cette aventure avec son amie et Stéphane qui l’aime.
Jeanne Benameur a composé...
Si même les arbres meurent
de
Jeanne Benameur
2000
Avec une grande simplicité, les phrases de Jeanne Benameur sont posées une à une, avec délicatesse et précision, pour bien mesurer l’espace du vide où elles résonnent.
La littérature entretient un rapport paradoxal avec le silence. Le mouvement que font les mots en nous vient briser ce qui s’y fige et se tait. Une parole se lève et pourtant un certain silence est inévitable. Un autre silence ? Celui qui vient après que des phrases essentielles ont été formulées ? Les deux récents romans de Jeanne Benameur écrivent la parole nouée, la tension du corps bloqué dans son mutisme, mais ils disent aussi le souffle qui se libère, les mots qui viennent.
Les Demeurées (Denoël) marquait comme une réticence par rapport au langage, une impossibilité qui pouvait...
Un jour mes princes sont venus
de
Jeanne Benameur
2001
La narratrice fait le compte de ses amants. Non des comptes d’apothicaire ou de collectionneuse, mais le rappel à la mémoire des étapes d’une vie amoureuse qui ressemble à une quête. De désillusions en colères, de moments de grâces en périodes de larmes, elle dessine une silhouette qui ressemble au père trop tôt disparu. Jeanne Benameur dresse au final le portrait touchant d’une femme à la recherche d’elle-même, de cette altérité dans quoi se fondre. C’est aussi la lente mue de l’enfance, le temps des princes qui se transforme en âge adulte, le temps des hommes. L’écriture se permet des...
Les Demeurées
de
Jeanne Benameur
1999
Voici un roman qui laisse pantois, bouleversé, ému. Coup de maître mais pas coup d’essai puisque l’auteur a déjà derrière elle une œuvre d’écrivain où parmi les romans pour la jeunesse il faut citer le très beau Ça t’apprendra à vivre (Le Seuil). Les Demeurées sont La Varienne (on devine d’où vient son nom), idiote du village qu’un ivrogne un jour enfanta, et Luce le fruit de cet amour très éphémère. La mère et la fille n’échangent pas de parole dans la petite maison où elles vivent recluses. Jusqu’au jour où Luce doit aller à l’école. Le monde que leur deux solitudes avaient fondé menace...




