auteur Pierre Lepape
A propos
Les écrivains perdus
Sommes-nous voués à reproduire le meurtre de nos aînés ? Avec « La Disparition de Sorel », investigation savante et romanesque, Pierre Lepape fait œuvre de mélancolie comme d’opposition.
Quand on demande à Pierre Lepape si son expérience du journalisme il a commencé dans les pages du quotidien Paris-Normandie l’a « formé » à comprendre la littérature au prisme des réalités politiques, il inverse la proposition : « c’est la littérature qui me permet d’éclairer le réel ». En cela, il a quelque parenté avec Charles Sorel : celui-ci considérait qu’un roman devait permettre à ses lecteurs de mieux vivre, de mieux se diriger dans la société. « Ce qu’il reprochait au roman traditionnel, c’est au contraire de leur mentir, de les égarer, de les éloigner de leur vie et de leur...
Ouvrages chroniqués
Une histoire des romans d’amour
de
Pierre Lepape
2011
Même s’il arrivait que l’amour n’ait pas d’histoire, le roman d’amour en aurait une », écrit Pierre Lepape dans une justification liminaire. Contre les tenants du c’est toujours pareil, il s’agit donc de rendre le cœur à son Histoire, c’est-à-dire à ses histoires, amûûr ou amourettes de tous temps, et qui sensiblement diffèrent – « Personne n’aime aujourd’hui comme Daphnis aimait Chloé ». Voilà donc la première Histoire des romans d’amour, où de petits chapitres rendent chronologiquement compte des courants et des œuvres, où se succèdent le moyennement lu (par exemple Le Roman du comte...
Le Pays de la littérature
de
Pierre Lepape
2003
En 43 chapitres qui sont autant de leçons, l’essayiste donne à voir « la religion française de la littérature » et « son système symbolique, la langue ». Magistral.
Cela commence en 842, où les Serments de Strasbourg découpent un territoire national en même temps qu’ils créent notre langue, et cela s’achève en 1980, lorsqu’un « grand bourgeois conservateur imbu de ses privilèges de classe », président de la République, vient se recueillir devant la dépouille de Sartre, prosateur mondialement célèbre. C’est qu’ici l’écrivain jouit d’un statut tout particulier, et que la langue constitue une véritable affaire d’État : pour s’en assurer, on peut arpenter au hasard Le Pays de la littérature, où la finesse des analyses surprend toujours. Il n’est pas...

