éditions Buchet-Chastel
A propos
Bûcher le fonds
Marque prestigieuse de l’après-guerre, Buchet-Chastel est à la recherche de son lustre perdu. Depuis cinq ans, la nouvelle équipe travaille à relancer le catalogue. Rencontre avec Pascale Gautier, éditrice du domaine français, qui promeut curiosité et fidélité.
Les éditions Buchet-Chastel vécurent leurs Trente glorieuses de 1936 à 1968, avant de sombrer doucement dans l’oubli sitôt le départ d’Edmond Buchet. Si cet ancien avocat suisse reconverti dans les affaires était un mondain, le bonhomme avait du flair. En compagnie de Jean Chastel, il créa sa maison en reprenant les éditions Corrêa, fondées en 1929, et comprit vite que ce métier « extraordinaire » tenait « du proxénétisme et de l’apostolat ». Son journal intime, Les Auteurs de ma vie, révèle un esprit indépendant, et une belle ferveur envers ses écrivains, et non des moindres. Il publia...
Ouvrages chroniqués
Le Sanglier
de
Myriam Chirousse
2016
Lmda N°177
Quelques moments volés dans la vie d’un couple suffisent à Myriam Chirousse pour emporter le lecteur dans un monde à part. Tout commence par une discussion banale au petit-déjeuner, entre Christian et Carole, bien établis dans leurs habitudes. Lui travaille dans une scierie et complète son ordinaire par des travaux non déclarés. Elle se vit comme une artiste sans reconnaissance, qui vend ses...
Le Sanglier de Myriam Chirousse
octobre 2016
Seule restait la foret
de
Daniel Mason
2024
Lmda N°257
Autour d’une maison, Daniel Mason tisse un étonnant roman, qui unit le lieu et la vie de ses différents occupants, quatre siècles durant.
Seule restait la forêt tient pour beaucoup de la pensée magique. Le récit de Daniel Mason s’articule tout entier autour d’une maison dans sa clairière : d’abord des murs, pierre et bois, à peine mieux qu’une cabane, un refuge pour un couple en fuite, façon Nouvelle-Angleterre et chasse aux sorcières ; puis des agrandissements, des élargissements, plus de confort, moins un abri qu’une vraie...
Voix du fond des bois
octobre 2024
Les Sources
de
Marie-Hélène Lafon
2023
Lmda N°239
L’auteure des Derniers Indiens, des Pays et d’Histoire du fils observe les blessures des êtres et des paysages du Cantal dans de nouveaux récits aussi concis que saisissants.
Il y a des corps et des paysages, les uns dans les autres, contre les autres. C’est le mari et père dans la première phrase des Sources, « Il dort sur le banc. » ; c’est sa femme à la « viande (…) lourde » et au corps « terré » – une ferme apparemment prospère. Ce sont des corps avant d’être des noms, Pierre, Claire, La Bouysse puis Soulages, Fridières, Isabelle, Gilles et à nouveau Claire....
Corps de ferme
janvier 2023
Sous le pont et autres nouvelles
de
Avrom Moshè Fuchs
2022
Lmda N°229
Entre les cauchemars d’Otto Dix et les villages hallucinés de Chagall, découvrons le monde de Fuchs, « créateur exceptionnel » selon singer.
Remarquable spécialiste du yiddish (il faut lire en particulier, parmi ses œuvres, Dans la langue de personne), traductrice et passeuse, Rachel Ertel nous propose un choix de nouvelles inédites en français d’Avrom Moshè Fuchs. Né en 1890 dans un shtetl de Galicie, son parcours fut, dans un premier temps, semblable à ceux de beaucoup d’autres juifs de sa génération. Fréquentant à la fois le...
L’œil écoute
janvier 2022

Le Suivant
de
Sébastien Ménestrier
2017
Lmda N°181
Dans un registre à la fois poétique et historique, Sébastien Ménestrier raconte le destin emblématique et anonyme d’un jeune citoyen soviétique.
Le troisième ouvrage de Sébastien Ménestrier, compositeur et interprète, nous déporte dans les camps de travail soviétiques, au cœur d’une Russie glaçante. Le Suivant, c’est Aliocha, un jeune homme puni comme ses compagnons pour des motifs indicibles, voire incertains. Malgré la fatigue et la faim qui le ronge, ce dernier observe avec une étonnante avidité le monde brisé dans lequel il...
Une mécanique parfaite
mars 2017
Sur la photo
de
Marie-Hélène Lafon
2003
Lmda N°49
Certaines phrases annoncent notre disparition : on n’y apparaît jamais que de profil ou de dos, dans le lointain déjà. Observons un évanouissement.
Un pronom est mis pour un nom. On pourrait même dire qu’il efface le nom, qu’il l’absente, momentanément. Dans Sur la photo de Marie-Hélène Lafon, le prénom du personnage, Rémi, n’apparaît que trois ou quatre fois, pas plus. Le reste du temps, c’est « il ». Beaucoup de phrases partent de ce « il », dans une sorte d’insistance pronominale qui, en même temps qu’elle désigne le personnage,...
Rémi de dos
janvier 2004




