La rédaction Christophe Dabitch
Articles
Révélations des images
Tout commence par un album de photographies anonymes, sans légendes, acheté de nos jours sur un marché aux puces de Sofia. Les images datent des années 1950. On y voit des hommes et des femmes bien habillés qui posent pour l’objectif, prennent un avion, un bus, un bateau, et se présentent au monde ainsi, souriants et unis. Ils se rendent visiblement dans un « pays frère », en RDA, pour un projet inconnu. Ils prononcent des discours au-dessus de longues tablées, observent avec curiosité des danses folkloriques et visitent de prestigieux bâtiments. Peut-être travaillent-ils dans...
Plateau irlandais
Les éditions Pierre Mainard fêtent leurs cinq ans, la maison bordelaise à l’éclectique catalogue trouve petit à petit son chemin en le cherchant.
On lui demande encore qui est ce mystérieux Pierre Mainard qui a donné son nom à la maison d’édition alors que lui-même, le fondateur, se nomme Stéphane Mirambeau. Pierre Mainard n’existe pas, tout comme le personnage de Borges, Pierre Ménard, écrivain fictif qui fit œuvre nouvelle en réécrivant le Don Quichotte de Cervantès. Le clin d’œil n’est pas gratuit car l’atmosphère du vrai/faux, les...
Un livre
Cadeau d’adieu
de
Vladimir Tasic
Beauté des cendres
Le narrateur de ce court récit est un jeune balkanique, Serbe, vivant depuis longtemps au Canada (il n’a pas vécu les guerres dans son pays) et travaillant dans un centre de simulation humaine, une entreprise contemporaine au sein de laquelle on conçoit des programmes informatiques simulant les leçons d’anatomie ou les opérations chirurgicales. Cette société de haute technologie a eu à sa...
Un livre
L' Homme de neige
de
David Albahari
La guerre sans relâche
David Albahari est un auteur ex-yougoslave. Précisons : né à Pec en 1948, juif, ex-habitant de Belgrade, exilé au Canada depuis 1994. Insistons : ex-yougoslave, venant donc d’un pays qui n’existe plus. L’expression étant devenue usuelle, il faudrait peut-être encore la répéter pour que progressivement l’on parvienne à ressentir la signification de cet ex. Ou bien, encore plus sûrement, il...
Un auteur
Stratégie du trouble
Après l’Afrique, Safari, et un pays de l’Est en guerre, Sniper, il vient cette fois sur nos terres avec le personnage d’une migrante. Elle traverse une frontière qui est aussi celle de l’abject. Comme dans ses précédents récits, Pavel Hak écrit au plus près de la violence et de sa pulsation. Ce que l’on pourrait nommer le corps du texte.
Pavel Hak aimerait ne pouvoir livrer de lui que trois éléments : une date de naissance, un pays d’enfance et des études parisiennes de philosophie. Les deux premiers pour l’inscription dans une époque et un contexte ; le troisième parce qu’on lui a ici « permis de faire ça, c’est vrai » et que la philosophie fut pour lui un apprentissage de la liberté, une « manière de survivre dans une ère...

