La rédaction Flora Moricet
Articles
Un rhinocéros dans la pièce
Frédéric Forte signe un recueil entêtant conduit par une électricité douce. Les objets clignotent, l’œil s’attache et le poème ne finit jamais.
Cest la forme qui nous dit quoi faire » et « c’est la forme qui nous dit quoi écrire » nous informait-on déjà dans les 99 notes préparatoires de Transformation de la condition humaine dans toutes les branches de l’activité. Et puisque dire c’est faire, et que faire à partir de rien est aussi écrire, pour son nouveau recueil Frédéric Forte s’est adonné à la contrainte de la couronne de sonnets. Cette forme baroque inventée en Italie consiste en une suite de quatorze sonnets pour lesquels le dernier vers de chaque poème devient le premier du sonnet formant une ronde à l’image du hamster...
Chassés de la parole
Un premier texte qui fait entendre le peuple sans-patrie des descendantes de harkis. Une très belle entrée en littérature pour l’artiste Mascare.
La poétesse noire féministe lesbienne Audre Lorde, le musicien amérindien Link Wray, la Commune de 1871, l’écrivain noir américain James Baldwin et Ratus le petit rat vert des manuels scolaires donnent dès l’exergue et ainsi mis sur le même plan le ton de ce puissant petit livre. L’histoire familiale de la narratrice est hantée par la tragédie complexe des harkis comme son grand-père qui a...
Un livre
La Partie immergée de l’iceberg
de
Lamine Ammar-Khodja
La question algérienne
Un récit-essai passionnant qui cartographie une part de la littérature algérienne francophone – et sa réception distordue en France.
Coup de projecteur salutaire sur la « brume identitaire algérienne », La Partie immergée de l’iceberg regarde la littérature francophone algérienne comme un miroir grossissant de la difficulté d’être algérien, d’écrire en Algérie ou en exil en France après cent trente-deux ans de colonisation française. Cinéaste et critique littéraire, né dans la banlieue d’Alger en 1983, soit quelques années...
Un livre
Membrane du veau
de
Lucas Rijneveld
Devenir un peu plus loin que soi
Les premiers pas de Lucas Rijneveld sur ce qui émerge de l’enfance, l’altérité et la sortie de soi dans le deuil et l’amour révèlent une grande voix de la poésie européenne.
La membrane du veau est cette enveloppe que l’animal fœtus doit percer pour naître. Elle donne son titre au premier recueil virtuose de Lucas Rijneveld, qui n’a que 23 ans lorsqu’en 2015 il publie aux Pays-Bas ce texte somptueux et étrange. Il remportera l’International Booker Prize trois ans plus tard avec Qui sème le vent (Buchet-Chastel, 2020), premier roman sur une enfance dans une ferme...
La place du mort
Une fille thanatopractrice ravive la dépouille de son père, réaffirmant le lien douloureux qui les unissait dans une adresse d’une profonde justesse.
Que faire de nos morts et surtout que faire de nos filiations blessées ? Marion Quantin a choisi un drôle de huis clos pour son premier roman : un tête-à-tête entre une fille thanatopractrice et le cadavre de son père. En même temps que la narratrice lui administre les soins d’embaumement dans une chambre froide, elle s’adresse à ce père qui fut excessif, « ennemi amoureux », mû par la folie...



