La rédaction Flora Moricet
Articles
Un livre
La Partie immergée de l’iceberg
de
Lamine Ammar-Khodja
La question algérienne
Un récit-essai passionnant qui cartographie une part de la littérature algérienne francophone – et sa réception distordue en France.
Coup de projecteur salutaire sur la « brume identitaire algérienne », La Partie immergée de l’iceberg regarde la littérature francophone algérienne comme un miroir grossissant de la difficulté d’être algérien, d’écrire en Algérie ou en exil en France après cent trente-deux ans de colonisation française. Cinéaste et critique littéraire, né dans la banlieue d’Alger en 1983, soit quelques années avant la « décennie noire » qui déchira le peuple algérien, Lamine Ammar-Khodja a 20 ans quand il s’installe à Paris, ville qu’il découvre « en inclinant la tête ». À partir de cette expérience...
Sauver les héroïnes de l’oubli
Le destin passionné et douloureux d’une femme révolutionnaire pendant l’unification de l’Italie plusieurs fois radiée de l’Histoire et minutieusement désenfouie par une voix marquante de la littérature italienne.
Ses amies l’appellent « la sorcière des calanques ». Sa chevelure noire et son foulard de la couleur de ses yeux bleu lagon contrastent farouchement avec la blancheur des paysages d’argile devant lesquels Maria Attanasio nous présente sa ville natale située entre deux plaines de l’arrière-pays sicilien. Ville brumeuse, marquée par les destructions et reconstructions étrangères, Caltagirone...
Au loin des guérillères
La jeune romancière Manon Jouniaux déploie un imaginaire étonnant de maîtrise autour des violences patriarcales systémiques.
La violence couve et foudroie là où on ne l’attend pas. Elle travaille d’une façon magique et souterraine, à la manière d’un rêve, le renversant premier roman de Manon Jouniaux. Les héroïnes des Échappées ont fui la violence des hommes pour se réfugier dans une châtaigneraie, « phalanstère fantasme aux allures de carte postale, où les femmes jouent les innocentes ». À seulement 26 ans, Manon...
« Écrire à côté de mes lacets »
Une compilation colossale de textes et d’entretiens de Chantal Akerman donne accès à l’antichambre d’une cinéaste infiniment libre qui plaçait l’écrit et la parole à l’origine de son œuvre.
Il y a deux ans, son long-métrage Jeanne Dielman, 23 quai du commerce, 1080 Bruxelles était élu « meilleur film de tous les temps » par la revue britannique Sight and Sound. Chantal Akerman est l’autrice d’une œuvre cinématographique et artistique prolifique (plus d’une trentaine de films de fiction, de documentaires, de vidéos expérimentales, une dizaine d’installations artistiques et quatre...
Écrire comme habiter la terre
Les courts récits-chroniques de Natalia Ginzburg au sommet de son art de portraitiste.
Celle qui écrit ne pas comprendre la musique, ne sachant pas l’écouter, a tout de même installé ce que seuls savent faire entendre les musiciens : le silence. Ne me demande jamais fait taire tous les bruits extérieurs et intérieurs et c’est une sensation très étrange à la lecture, car elle n’est pas si fréquente en littérature. Publiés pour la première fois en Italie en 1989, les textes de...




