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Domaine étranger Moronga

septembre 2018 | Le Matricule des Anges n°196 | par Eric Bonnargent

L’action se passe aux États-Unis, dans le Wisconsin, et débute dans l’ennuyeuse ville-campus de Merlow City. Dans la première partie, le lecteur retrouve José Zeledón, déjà présent dans L’Homme en arme et La Servante et le catcheur. L’ex-guérillo salvadorien, taiseux et taciturne, a une nouvelle identité, mais ne parvient pas à se reconstruire. Hanté par son passé, il tue le temps en regardant des séries et en cumulant de petits jobs : taxi, conducteur de bus scolaires et traducteur pour les services administratifs de l’Université des mails professionnels susceptibles de contenir des éléments de harcèlement sexuels. Au style haché et sec de cette première partie s’opposent les longues phrases bernhardiennes de la partie qui entraîne le lecteur dans les méandres de l’esprit du fantasque et volubile Erasmo Aragón (personnage principal du précédent roman de Horacio Castellanos Moya : Le Rêve du retour), venu aux États-Unis consulter les documents déclassifiés de la CIA concernant l’assassinat du poète Roque Dalton. Si tout oppose ces personnages dans la forme, ils partagent la même concupiscence et la même paranoïa. La prudence a beau être de mise, c’est toujours de manière inattendue que l’on est rattrapé par son passé. La jonction de leurs trajectoires se fait dans une troisième partie constituée de rapports de police à propos d’une fusillade dont l’une des cibles était un dangereux narco surnommé Moronga, à cause de sa ressemblance avec le boudin éponyme. Les personnages de Moya sont fatigués et Moronga manque un peu de souffle. Il n’en reste pas moins un bon roman qui trace au vitriol le portrait d’une société américaine rongée par le puritanisme et l’hypocrisie qui paie son interventionnisme en Amérique centrale des années 60 aux années 90 en en récupérant la violence. Moya a donc bien raison d’écrire que « l’histoire est une vieille salope qui couche avec n’importe qui ».

Éric Bonnargent

Moronga de Horacio Castellanos Moya
Traduit de l’espagnol (Salvador) par René Solis
Métailié, 347 pages, 22

Le Matricule des Anges n°196 , septembre 2018.
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