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auteur André Dhôtel

A propos

Un jour viendra D’André Dhôtel (1900-1991), Jean Paulhan disait qu’il est « notre Dickens ». Peter Handke admire mieux en le nommant simplement « l’incomparable ». Son œuvre immarcescible, aussi singulière que ses personnages, change du tout au tout notre regard. Élégant et discret, le génie du pas de côté. Chapeau, manteau, clope au bec, la longue silhouette d’André Dhôtel est très reconnaissable. De son visage empreint de la « mélancolie tranquille » où se reconnaissait Henry David Thoreau, Banksy pourrait faire un pochoir pour les murs d’Attigny où il est né. Ou ceux du Charleville de Rimbaud sur qui il a écrit trois livres… épuisés comme ses essais sur Rousseau, Paulhan, Follain, une partie de sa poésie, et nombre de ses romans et nouvelles. C’est déjà un paradoxe : Dhôtel bien primé – le Sainte-Beuve en 1948, le Femina en 1955, le Grand prix de l’Académie française en 1974 –, mais...
mars 2026
Le Matricule des Anges n°271

Le courage et la chance

Très singulier dans l’œuvre de Dhôtel, un essai qui révèle le philosophe et le fin théoricien de la littérature. réédition. Daté de 1942-1945, La Littérature et le hasard est un chantier. S’il avait été achevé, il se serait inséré dans un ample ensemble, Renaissance d’une pensée primitive dont le titre montre l’ambition, prométhéenne (le héros grec est dans le livre) : une refondation. De Paulhan, Dhôtel retient la thèse d’un divorce entre l’auteur et son lecteur, et son « désenchantement » à l’égard des pouvoirs...
mars 2026
Le Matricule des Anges n°271

Bibliographie sélective

Romans 
• Les Rues dans l’aurore, Gallimard, 1945 ; Sous le Sceau du Tabellion, 2020 • Ce jour-là, Gallimard, 1947, Phébus, 2004David, Éditions de minuit, 1948 ; L’Arbre vengeur, 2022Ce lieu déshérité, Gallimard, 1949 ; Phébus, 2003 • L’Homme de la scierie, Gallimard, 1950 ; Sous le Sceau du Tabellion, 2020 • Le Ciel du faubourg, Grasset, 1956 • Les Lumières de la forêt,...
mars 2026
Le Matricule des Anges n°271

Ouvrages chroniqués

Intermède / Tribu des ombres
de André Dhôtel
2025
Deux nouvelles d’André Dhôtel tendres et féroces comme l’esprit d’enfance qui les anime… et qui nous charme. André Dhôtel (1900-1991) le confiait à Patrick Reumaux dans Terres de mémoire (Jean-Pierre Delarge, 1979) : « J’en reviens toujours à un artisanat ». Artisanales, c’est-à-dire patiemment polies, réglées, ajustées sur l’établi, les deux nouvelles de Dhôtel que livre La guêpine assurément le sont. Et, ce qui ne gâche rien, dans une élégante plaquette sortie de l’atelier de l’imprimeur-éditeur Du Lérot. Treize années séparent Intermède (1943) et La Tribu des ombres (1956), sous-titrée « Projet pour une opérette tragique ». Les deux nouvelles se terminent en happy end. Mais celui...
Jérôme Delclos
janvier 2026
Le Matricule des Anges n°269
David
de André Dhôtel
2022
Excellente initiative que cette réédition d’un roman oublié d’André Dhôtel, dans lequel son talent de conteur brille de mille feux. Étrange personnage sorti de nulle part, presque mutique, qui promène son indifférence sans prêter attention aux misères qu’il subit et qui refuse toujours la main qu’on lui tend, David condense en lui le mystère de ce roman peu connu d’André Dhôtel ; un mystère « limpide », dit Anne Weber dans sa préface, « le contraire du brouillard ». Publié pour la première fois en 1948 aux Éditions de Minuit et comme égaré depuis parmi la pléthorique production de l’écrivain ardennais, éternel inclassable des lettres françaises, ce David concentre pourtant en ses pages tout l’attrait d’une poétique du...
Guillaume Contré
janvier 2023
Le Matricule des Anges n°239
Histoire sentimentale
de André Dhôtel
2022
La réédition d’un traité et une nouvelle inédite : le sérieux et la grâce d’André Dhôtel. Louant sa « légèreté », Christian Bobin a dit d’André Dhôtel que chez lui « le sérieux n’a pas sa place ». Voire… D’une part, la légèreté dans ses fictions n’y est jamais totalement légère, et la transparence et la pudique ironie qui les nimbent pourraient bien cacher sa discrète mélancolie. Ainsi des avanies automobiles qu’endurent les épiciers « Job et Chaidert » – couple beckettien – dans Histoire sentimentale, un inédit de 1937. Et d’autre part, les textes les moins classables de Dhôtel, ceux qui tiennent à la fois de l’essai, de la poésie, et pourquoi pas dans un dialogue serré avec...
Jérôme Delclos
octobre 2022
Le Matricule des Anges n°237
Le Vrai Mystère des champignons
de André Dhôtel
2022
La réédition d’un traité et une nouvelle inédite : le sérieux et la grâce d’André Dhôtel. Louant sa « légèreté », Christian Bobin a dit d’André Dhôtel que chez lui « le sérieux n’a pas sa place ». Voire… D’une part, la légèreté dans ses fictions n’y est jamais totalement légère, et la transparence et la pudique ironie qui les nimbent pourraient bien cacher sa discrète mélancolie. Ainsi des avanies automobiles qu’endurent les épiciers « Job et Chaidert » – couple beckettien – dans Histoire sentimentale, un inédit de 1937. Et d’autre part, les textes les moins classables de Dhôtel, ceux qui tiennent à la fois de l’essai, de la poésie, et pourquoi pas dans un dialogue serré avec...
Jérôme Delclos
octobre 2022
Le Matricule des Anges n°237
L' Homme de la scierie
de André Dhôtel
2020
Et c’est ainsi que Dhôtel est grand : première réédition pour L’Homme de la scierie, un roman de 1949 dans la première manière, publié en 1950 chez Gallimard. Son livre le plus volumineux, 426 pages dans sa nouvelle incarnation élégante et souple. Un record pour le romancier dont on redécouvre sans cesse les vertus qui ont fait s’enthousiasmer à juste titre un demi-siècle de critique littéraire – les amateurs de « nature writing » devraient désormais y découvrir un précurseur très important. Diffusé sous la forme de pièce radiophonique en janvier 1960 (France III), L’Homme de la...
Éric Dussert
juillet 2020
Le Matricule des Anges n°215