auteur André Dhôtel
A propos
Un jour viendra
D’André Dhôtel (1900-1991), Jean Paulhan disait qu’il est « notre Dickens ». Peter Handke admire mieux en le nommant simplement « l’incomparable ». Son œuvre immarcescible, aussi singulière que ses personnages, change du tout au tout notre regard. Élégant et discret, le génie du pas de côté.
Chapeau, manteau, clope au bec, la longue silhouette d’André Dhôtel est très reconnaissable. De son visage empreint de la « mélancolie tranquille » où se reconnaissait Henry David Thoreau, Banksy pourrait faire un pochoir pour les murs d’Attigny où il est né. Ou ceux du Charleville de Rimbaud sur qui il a écrit trois livres… épuisés comme ses essais sur Rousseau, Paulhan, Follain, une partie de sa poésie, et nombre de ses romans et nouvelles. C’est déjà un paradoxe : Dhôtel bien primé – le Sainte-Beuve en 1948, le Femina en 1955, le Grand prix de l’Académie française en 1974 –, mais...
D’ailleurs à nulle part
J’ai rencontré André Dhôtel en regardant le ciel des Ardennes. Des photographies prises et offertes par le fabuleux Louis Watt-Owen sur son blog : la Main de Singe.
La première image, contre tous les principes de la photographie, donne à voir un ciel à contrejour. Avec ce contrejour, on est d’emblée dans un roman d’André Dhôtel. Ses héros, tout en sachant ce qu’ils devraient faire pour...
La pudeur et le secret
Si l’œuvre d’André Dhôtel (1900-1991) charme par sa limpidité, elle est aussi jalouse de sa profondeur cachée. C’est ce qui la rend inépuisable. Explorons-la en compagnie de Philippe Blondeau.
L’année 2025, avec plusieurs ouvrages collectifs – les revues Europe et L’Atelier du roman, Le Pays où l’on arrive un jour, beau livre aux éditions Invenit – confirme André Dhôtel comme un écrivain que la critique universitaire considère de plus en plus comme de premier plan. Nul doute que la réédition de son essai La Littérature et le hasard lui donne encore du grain à moudre. Dhôtel, qui...
Ouvrages chroniqués
Intermède / Tribu des ombres
de
André Dhôtel
2025
Deux nouvelles d’André Dhôtel tendres et féroces comme l’esprit d’enfance qui les anime… et qui nous charme.
André Dhôtel (1900-1991) le confiait à Patrick Reumaux dans Terres de mémoire (Jean-Pierre Delarge, 1979) : « J’en reviens toujours à un artisanat ». Artisanales, c’est-à-dire patiemment polies, réglées, ajustées sur l’établi, les deux nouvelles de Dhôtel que livre La guêpine assurément le sont. Et, ce qui ne gâche rien, dans une élégante plaquette sortie de l’atelier de l’imprimeur-éditeur Du Lérot.
Treize années séparent Intermède (1943) et La Tribu des ombres (1956), sous-titrée « Projet pour une opérette tragique ». Les deux nouvelles se terminent en happy end. Mais celui...
David
de
André Dhôtel
2022
Excellente initiative que cette réédition d’un roman oublié d’André Dhôtel, dans lequel son talent de conteur brille de mille feux.
Étrange personnage sorti de nulle part, presque mutique, qui promène son indifférence sans prêter attention aux misères qu’il subit et qui refuse toujours la main qu’on lui tend, David condense en lui le mystère de ce roman peu connu d’André Dhôtel ; un mystère « limpide », dit Anne Weber dans sa préface, « le contraire du brouillard ». Publié pour la première fois en 1948 aux Éditions de Minuit et comme égaré depuis parmi la pléthorique production de l’écrivain ardennais, éternel inclassable des lettres françaises, ce David concentre pourtant en ses pages tout l’attrait d’une poétique du...
Histoire sentimentale
de
André Dhôtel
2022
La réédition d’un traité et une nouvelle inédite : le sérieux et la grâce d’André Dhôtel.
Louant sa « légèreté », Christian Bobin a dit d’André Dhôtel que chez lui « le sérieux n’a pas sa place ». Voire… D’une part, la légèreté dans ses fictions n’y est jamais totalement légère, et la transparence et la pudique ironie qui les nimbent pourraient bien cacher sa discrète mélancolie. Ainsi des avanies automobiles qu’endurent les épiciers « Job et Chaidert » – couple beckettien – dans Histoire sentimentale, un inédit de 1937. Et d’autre part, les textes les moins classables de Dhôtel, ceux qui tiennent à la fois de l’essai, de la poésie, et pourquoi pas dans un dialogue serré avec...
Le Vrai Mystère des champignons
de
André Dhôtel
2022
La réédition d’un traité et une nouvelle inédite : le sérieux et la grâce d’André Dhôtel.
Louant sa « légèreté », Christian Bobin a dit d’André Dhôtel que chez lui « le sérieux n’a pas sa place ». Voire… D’une part, la légèreté dans ses fictions n’y est jamais totalement légère, et la transparence et la pudique ironie qui les nimbent pourraient bien cacher sa discrète mélancolie. Ainsi des avanies automobiles qu’endurent les épiciers « Job et Chaidert » – couple beckettien – dans Histoire sentimentale, un inédit de 1937. Et d’autre part, les textes les moins classables de Dhôtel, ceux qui tiennent à la fois de l’essai, de la poésie, et pourquoi pas dans un dialogue serré avec...
L' Homme de la scierie
de
André Dhôtel
2020
Et c’est ainsi que Dhôtel est grand : première réédition pour L’Homme de la scierie, un roman de 1949 dans la première manière, publié en 1950 chez Gallimard. Son livre le plus volumineux, 426 pages dans sa nouvelle incarnation élégante et souple. Un record pour le romancier dont on redécouvre sans cesse les vertus qui ont fait s’enthousiasmer à juste titre un demi-siècle de critique littéraire – les amateurs de « nature writing » devraient désormais y découvrir un précurseur très important.
Diffusé sous la forme de pièce radiophonique en janvier 1960 (France III), L’Homme de la...








