auteur Louis Guilloux
A propos
Solitaire et solidaire
Oublié, Louis Guilloux ? Il est urgent de redécouvrir celui qui, loin de n’être que l’auteur du superbe Sang noir, a exploré les voies multiples et multiformes du roman pour rendre compte de son siècle – un siècle de luttes pour davantage de fraternité.
Un homme marche dans sa ville, Saint-Brieuc : seul, accroché à sa pipe, les cheveux un peu trop longs, la silhouette maigre, la mise négligée, le pas alerte ou mélancolique selon les jours, le plus souvent un vieux manteau sur les épaules. Ici chacun le connaît – et il arrive sans doute qu’une mère murmure à son enfant, surpris ou effrayé par cette apparition : « C’est le pauvre Guilloux ». On sait pourtant que ce presque clochard est un romancier reconnu, là-bas à Paris, on raconte aussi que son œuvre la plus célèbre offre une peinture pour le moins peu réjouissante de cette ville où...
Bouffer de la finitude
Je n’ai découvert Louis Guilloux que tard. Je savais que Le Sang noir était un grand livre, on me l’avait plusieurs fois dit. Mais l’aurais-je jamais lu ? Je l’ai trouvé dans une librairie de Dakar, au Sénégal, où j’habitais alors, quelques jours après le coup de fil m’annonçant que Là, avait dit Bahi allait recevoir ce prix. Je l’ai lu presque d’une traite. Saint-Brieuc pendant la guerre de...
Réchappé
Difficile de tourner la page de l’enfance, comme en témoignent en miroir deux récits de Lionel Bourg.
Pour un peu il s’en voudrait presque de creuser encore une fois le sillon autobiographique : « pardon, pardon, je mouds toujours le même grain », s’excuse Lionel Bourg dans Ce serait du moins quelque chose, évocation tourmentée de sa prime jeunesse. Lui, l’enfant né à Saint-Chamond, « pays noir », qui voulait à tout prix échapper à la mine passe maintenant son temps à excaver. L’écriture lui...
Ouvrages chroniqués
Coco perdu
de
Louis Guilloux
2025
Annie Ernaux n’avait encore jamais rédigé de préface. Elle a choisi d’en signer une, admirable, pour accompagner un texte magnifique de Louis Guilloux, Coco perdu. La teneur de ce beau récit l’aura sans équivoque séduite. Contrairement à ce qui pourrait passer pour un texte mineur (il est très court), l’« essai de voix » imaginé par Guilloux (1889-1980) deux ans avant sa mort aura aussi été l’une de ses plus grandes réussites, encore trop peu sue. Plus connu pour son grand, sombre et long roman, Le Sang noir qui voit évoluer au cours d’une journée de 1917 le fameux Cripure, un professeur...
L' Indésirable
de
Louis Guilloux
2019
Dans la petite ville de garnison, un homme soulage les derniers moments d’une vieille femme captive. Louis Guilloux montre comment la mesquinerie se ligue avec le mensonge pour le lui faire payer…
Louis Guilloux nous avait laissés avec l’ultime Coco perdu en 1978 dans les limbes de la solitude d’un vieil homme qui a perdu sa vieille. Disparaissant lui-même en 1980, il nous est revenu depuis grâce à des recherches et des carottages dans les fonds d’archives et de la presse : il y eut l’épisode Labyrinthe et Vingt ans ma belle âge en 1999, puis, à nouveau, cet été, un recueil de ses premiers articles nous mettait face au jeune Guilloux tel qu’il est dans les années 1920, énergique noircisseur de pages et plein d’enthousiasme. Né en 1899, c’est l’impétrant qui nous lance à travers le...
Vingt ans ma belle âge
de
Louis Guilloux
1999
Selon les mots de son ami Albert Camus, Louis Guilloux (1899-1980) fut le « romancier de la douleur ». Deux livres magistraux en ont fait la démonstration, son chef-d’œuvre le roman Le Sang noir que hante la figure maintenant légendaire du philosophe marginal Georges Palante et le singulier « essai de voix » intitulé Coco perdu. L’un comme l’autre, ces écrits mettent en évidence l’absolue solitude de personnages abîmés.
C’est dans cette veine si rude de l’art de Guilloux que s’inscrivent les vingt contes et nouvelles publiés sous le titre de Vingt ans ma belle âge à l’occasion du...
Labyrinthe
de
Louis Guilloux
1999
Selon les mots de son ami Albert Camus, Louis Guilloux (1899-1980) fut le « romancier de la douleur ». Deux livres magistraux en ont fait la démonstration, son chef-d’œuvre le roman Le Sang noir que hante la figure maintenant légendaire du philosophe marginal Georges Palante et le singulier « essai de voix » intitulé Coco perdu. L’un comme l’autre, ces écrits mettent en évidence l’absolue solitude de personnages abîmés.
C’est dans cette veine si rude de l’art de Guilloux que s’inscrivent les vingt contes et nouvelles publiés sous le titre de Vingt ans ma belle âge à l’occasion du...






