auteur Per Petterson
Ouvrages chroniqués
Maudit soit le fleuve du temps
de
Per Petterson
2010
Avec Maudit soit le fleuve du temps, le Norvégien Per Petterson taille une vue en coupe sur ce qu’est vivre.
Quelque chose de déchirant en même temps que tranquille, comme une mince fracture involontairement perpétuée, se dit à travers ces pages lentes et puissantes, amenant des masses de vécu arrachées à tel ou tel bord d’une existence. Celle avant tout d’Arvid, celui qui dit je, et qui à 37 ans vit le cataclysme d’un divorce. De n’être plus aimé de celle qui « avait été toute sa vie depuis quinze ans et qui bientôt ne le serait plus » ouvre une large blessure dans le tissu de son expérience, pour libérer tout ce qui s’y est produit et sédimenté de douloureux, d’impensé, et de refoulé. Et...
Dans le sillage
de
Per Petterson
2005
Une peinture d’August Strindberg illustre la couverture de ce roman qui a remporté l’équivalent norvégien de notre Goncourt. Un ciel et une mer tourmentés y laissent deviner l’imminence du cataclysme qui va séparer une vie en un avant et un après. Arvid Jansen a pris connaissance d’un événement de cet ordre par la télévision. Le ferry transportant ses parents et ses deux jeunes frères s’embrasait en direct sur son écran. Six ans plus tard, il se réveille un matin en plein centre d’Oslo, incapable de se souvenir de sa nuit : « Ça faisait un moment que je m’y dirigeais, et maintenant...
Jusqu’en Sibérie
de
Per Petterson
2002
Jusqu’en Sibérie pourrait ressembler à un vieux roman pathético-réaliste scandinave.Mais sous le voile de la mélancolie perce la voix lumineuse de Per Petterson.
Frederikshavn, un port du Danemark dans les plaines sableuses du Jutland. Les vaches dorment dans l’étable, dehors la lune promène sur le paysage enneigé un œil unique. Sur une carriole, une petite fille grelotte à côté de son grand-père. Bien sûr, elle porte des tresses. L’écrivain Martin Andersen Nexø flotte, ombre tutélaire, au-dessus de ce roman, et l’impression de s’être égaré dans une vieille carte postale est d’abord tenace. Comme si on s’était lancé à l’aveuglette dans une de ces histoires inspirées par un XIXe siècle sordide, comme si entre Pelle le Conquérant et Ditte, fille de...
