La rédaction Anthony Dufraisse
Articles
Techno, boulot, dodo
La primo-romancière Sarah Orokieta raconte l’ordinaire d’une vie d’homme aujourd’hui, pour qui tout devient aventure.
L’éditeur ne nous dit pas grand-chose de l’autrice, Sarah Orokieta – elle est née en 1977, vit dans le canton du Valais, en Suisse. Sur son compte Insta, elle se présente comme « autodidacte, écrivaine, plasticienne ». Passons vite sur les éléments biographiques pour dire d’emblée tout le bien que l’on pense de ce premier roman particulièrement réussi dans le genre que l’on pourrait appeler mine de rien. Car sans en avoir l’air, cette quadra raconte notre époque, ses tics et ses tocs, son tempo sous le vernis du travail et de la routine quotidienne. Comment s’y prend-elle ? En déléguant à...
Un livre
La Lune dans le caniveau
de
David Goodis
Goodis le ténébreux
D’une écriture sans éclat, le romancier américain n’aura jamais peint que la noirceur des vies toutes entières vouées à la fatalité.
De deux choses l’une : soit les Français ont un flair hors pair, soit les Américains ont la truffe bouchée. Car enfin, depuis ses débuts, les Français ont vu en David Goodis (1917-1967) un écrivain authentique alors que ses propres compatriotes, pendant longtemps, ne virent jamais en lui qu’un romancier de gare et guère plus. En France, dès l’après-guerre, Goodis a été promu parmi les grands...
Un livre
L' Effort du monde au matin pour redevenir soleil
de
Christine Spianti
Sur la route
Quand on y pense et sans avoir à trop forcer son imagination, une voiture peut tout à fait se transformer en salle de cinéma. Où qu’on regarde, pare-brise, rétroviseurs, vitres, on a, au volant, l’œil sur toutes sortes d’écrans de cinémascope. Où que les yeux se portent, vers l’avant, vers l’arrière, sur les côtés tout aussi bien, sans interruption se déroule ici ou là un cinéma qui ne peut...
Un livre
Oeuvre poétique
de
Alejandra Pizarnik
Ténèbres argentines
Septembre 1972 : Alejandra Pizarnik se suicide. Intense et fulgurante, son écriture n’aura jamais compensé un tenace mal de vivre.
En avril 1972, Alejandra Pizarnik note fébrilement : « La mort se referme sur moi, elle est mon seul horizon ». Six mois plus tard, la menace est autrement réelle : « Je suis la nuit et nous avons perdu », écrit-elle cette fois, un tube de somnifères à portée de main. Ce sentiment de perdition a toujours présidé à sa vie. Le suicide du 25 septembre 72 n’est jamais que le point final d’une...

