La rédaction Dominique Aussenac
Articles
L'absent, mort et vivant
Un récit de non-fiction, irradié, choral, quasi liturgique, par le valencien Paco Cerdà, autour d’une grandiloquente cérémonie du franquisme.
Chemin de croix. Chemin fleuri. Chemin de torches et de ténèbres. Chemin parsemé d’os, de sang, de saluts fascistes ? Chemin sur lequel fut scandé, associé au mot Présent ! le nom de José Antonio Primo de Rivera, fondateur de la Phalange espagnole, fusillé trois ans plus tôt dans une prison républicaine. Corps jamais posé à terre, porté par ses fidèles. Quatre cent soixante-sept kilomètres, en onze jours, dix nuits, du 20 au 30 novembre 1939. D’Alicante, lieu de l’exécution, au mausolée des Rois d’Espagne, à l’Escurial, près de Madrid. Cérémonie grandiose comme les régimes dictatoriaux...
Soleils aveugles
Avec Le Bon mal, l’argentine Samanta Schweblin déstabilise le lecteur par un art affirmé du décalage et du renversement. Grave, intime et beau.
Des anges, il y a ceux qui chantent la vie et ceux qui incarnent la mort avec un côté psychopompe pour guider dans l’au-delà. Les anges battent des ailes et dans leurs battements le réel se transforme, révèle d’autres dimensions. L’étrangeté, c’est quoi ? Le caractère de ce qui est bizarre, surprenant, inhabituel… L’étrangeté panique. Certains la recherchent. Les nouvellistes, depuis Edgar...
Ombre portée
Dans un premier roman assez fantomatique, l’écrivaine italo-suisse Anna Ruchat jette le doute sur un père.
En 1927, André Gide dans Les Nourritures terrestres eut cette formule cinglante : « Familles, je vous hais ! Foyers clos, portes refermées, possessions jalouses du bonheur. » Faut dire qu’il s’en passe des choses dans la cellule familiale, le meilleur comme le pire !
Teresa, 18 ans, dans ses montagnes lombardes aurait, elle, continué à vivre heureuse sous le toit parental. Mais, en ce début...
Encres salvatrices
Comment transformer un drame en tragi-comédie, tout en respectant victimes et proches, telle est la prouesse de Fernando Aramburu, dans un roman pudique et subtil.
Mettre le doigt sur la plaie, puis caresser les bords de la blessure, pour en atténuer la souffrance comme ces mères soufflent sur le bobo de leur enfant et déclarent « Envolée la douleur ! Plus mal ! », Fernando Aramburu s’y exerce par l’écriture.
Le Basque né en 1959 à San Sebastián, établi en Allemagne depuis 1985, avait surpris bien au-delà des frontières de l’Euskadi avec Patria (Actes...
Un auteur
L’homme qui fait l’âne
Dans un ouvrage illustré par ses soins, Fabio Viscogliosi rend un magnifique hommage à l’imaginaire, à sa famille, aux arts de la fugue.
L’âne et l’homme, l’homme et l’âne ? Dans Orlando furioso, poème épique et chef-d’œuvre du XVIe siècle italien, l’Arioste fait porter l’âne sur le dos de son héros, fou de jalousie et d’errance. Héritier des artistes de la Renaissance, musicien, peintre, dessinateur, écrivain, Fabio Viscogliosi, lui, a choisi de l’incarner. Malgré la mauvaise réputation de l’animal, il lui confère une ligne...





