La rédaction Dominique Aussenac
Articles
Vaches sacrées
Dans son deuxième roman, Adèle Rosenfeld met en parallèle l’extinction d’un mammifère marin et la fin de son grand-père. Une écriture très sensorielle, contrastée, étonnante.
L’eau provoque un plaisir sensuel, retour aux profondeurs utérines que le psychanalyste hongrois Sandor Ferenczi décrit dans Thalassa. La mer, c’est aussi le monde du silence. Après Les Méduses n’ont pas d’oreilles (Grasset, 2022), qui narrait à travers son héroïne Louise la perte progressive de sa propre audition, Adèle Rosenfeld avoue s’être « engagée dans une écriture marine ». L’élément aquatique renvoyant cette toute jeune quadragénaire, fabricante de livres et correctrice, « à une sensation ouatée qui définirait ma perception. » Elle nous plonge ici dans les eaux glacées du...
Un livre
Adotz
de
Silvan Chabaud
Langue de feux
Sixième recueil du poète occitan Silvan Chabaud qui nous délivre sa carte du Tendre. Universelle, lyrique, solaire.
Est-ce que les paysages façonnent les langues ? À moins que cela ne soit les langues qui créent les paysages ! Ici, la langue est un occitan mâtiné de provençal maritime et de languedocien ; les paysages, immenses. Faut dire que Silvan Chabaud est arpenteur de mots, de chemins, montagnard, bolégaïre à tous les sens du terme, être en mouvement. Chanteur de reggae ragga avec Mauresca Fracàs...
Adieu des dieux
Réintroduisant un dieu incongru dans les temps modernes, le Catalan Joan-Lluís Lluís nous parle de fragilité, de puissance et de désenchantement. Extravagant, étrange, burlesque.
Tirés par les cheveux, aussi cruels qu’atroces, ainsi apparaissent les mythes des Anciens grecs ! Mais aussi, didactiques, explicatifs du Cosmos, du monde, de leurs créations, des dieux, des psychés et comportements humains, tant que nous ne cessons de les convier à nos contemporaines réflexions.
Tirées par les cheveux, ainsi que par le pied, se révèlent ces Chroniques d’un dieu boiteux. Par...
Porte à portes
À travers une galerie de tableaux, Véronique Gentil confronte son regard de poète à ses mots, ses ressentis de plasticienne.
Il est des peintres, des écrivains, des musiciens du silence. Des artistes discrets qui parviennent à l’apprivoiser, le décliner, presque le caresser, le peigner pour mieux le repenser (le repanser) et composer des tableaux incongrus, de singuliers livres d’heures, des musiques de l’âme… Véronique Gentil fait partie de cette communauté qui donne ainsi de l’écho au silence, elle affirme y...
Le dernier vol de L’Oiseau blanc
Dans un poème fleuve, Frédérique Soumagne frôle les cieux, fouille les océans en entonnant le rêve de voler. ambitieux, mythique, épique.
Dire le monde, c’est une façon de se dire aussi, d’y apprivoiser, y consigner notre présence. Frédérique Soumagne y cherche-t-elle sa place, explore-t-elle le mystère à être, chante-t-elle la vie ? Toujours est-il qu’elle l’investit ! De ses mains pariétales, à tâtons, en plasticienne, par écrit, de sa bouche en le proférant, de sa langue, de ses mots en jonglant, de sa mémoire, de son corps...




