La rédaction Éric Dussert
Articles
Un auteur
Barbaro chez les barbares
Marchand et diplomate, le Vénitien Giosafat Barbaro, témoin de la déliquescence de la Horde d’or de Tartarie, a décrit la Perse de son temps.
Si certains va-t-en-guerre de nos contemporains avaient lu ce qui suit, peut-être auraient-ils renoncé à leurs jetés de bombes. C’est Giosafat Barbaro, citoyen patricien de Venise né en 1413, qui s’exprime : « Toute la région de la Perse que nous avons traversée jusqu’alors est désertique, grisâtre, argileuse, écailleuse et pierreuse, pauvre en eau, ce qui explique pourquoi là où il y en a on trouve quelques villages, détruits cependant en grande partie, qui ont tous un château construit en terre. Les champs, les vignes et les vergers sont cultivés à force d’eau, de sorte qu’il est...
Éthologie du goulag
Dissident soviétique, l’Ukrainien Gueorgui Vladimov a connu la disgrâce, notamment pour avoir décrit la brutalité des camps par le truchement d’un chien de garde.
Attrape-le, Rouslan, Attrape-le », c’est l’ordre que le chien de goulag attend, tout son « service » durant. Il est dressé pour ça, et lorsqu’il commet un impair, fraternise avec les prisonniers – si c’est possible – ou se montre incapable de mordre brutalement le mollet ou le bras qui ont commis le crime de ne pas se tenir dans le rang, de toucher son « maître », le gardien, et pire, de fuir...
Une fin du monde bien ratée
Dans une délicieuse enquête entre éther et sous-sol, deux journalistes reviennent sur la folle invasion d’un petit village de l’Aude réputé pour son vaisseau extraterrestre.
Comme l’annonçaient les doctes Mayas, la fin du monde était prévue le 21 décembre 2012. C’est du moins ce qui était pro-grammé mais tout est allé de travers : l’Apocalypse n’a pas eu lieu. Pas d’apocalypse donc, mais une série de révélations et de dingueries collectives : la petite commune audoise de Bugarach fut prise d’assaut par une foule de citoyens qui croyaient ce que racontait la...
Des boutons et des machines
Il y a deux ans tout juste, Philippe Garnier, éditeur, romancier et essayiste, nous avait séduits avec sa Mélancolie du pot de yaourt (Premier parallèle), un essai allègre, aussi profond que drôle, où il s’était attelé à l’analyse de notre fascination pour l’emballage, le paquet, la mise en boîte. Ces pages évoquaient un Barthes beaucoup plus badin, gyrovague comme Fargue, délicat comme...
Un auteur
Une Iroquoise en plat pays
Auteure d’aphorismes, poète et escrimeuse, Emma Lambotte incarna un mélange d’esprit, de tendresse et de douce ironie.
On la surnommait L’Iroquoise, et Laurent Tailhade, que lui avait présenté le peintre James Ensor, lui prévoyait le destin littéraire de Marguerite Burnat-Provins et de Colette Willy. La postérité fut plus modeste, et même un peu trop mesurée. Emma Lambotte, qui s’est éteinte àWilrijk (Anvers) dans sa quatre-vingt-septième année, le 18 mars 1963, reçut des hommages qui mettaient en évidence...



