La rédaction Éric Dussert
Articles
Un auteur
Diesel régnant
Des docks de Marseille aux laiteries de Roquefort, Georges Bayle aura assez vécu pour illustrer avec délicatesse la vie des travailleurs. Sans insister.
Si Émile Zola a été le romancier de la thermodynamique et du cheval-vapeur, Georges Bayle aura été, lui, de la génération du moteur diesel. Du gros moteur diesel, celui des camions rutilants qui rugissent durant plusieurs lustres dans les romans et dans les films qui tiennent le haut de l’affiche : Un taxi pour Tobrouk (René Havard, Julliard, 1961, mis en images par Denys de La Patellière, 1961), Le Salaire de la peur (Julliard, 1950, film d’H.-G. Clouzot, 1953), Cent mille dollars au soleil (réal. Henri Verneuil, 1964, du roman de Claude Veillot, Nous n’irons pas en Nigeria, Denoël,...
Un livre
Cairn
de
Kathleen Jamie
Une baleine en hiver
Installée sur l’une des Nothern Isles écossaises, Kathleen Jamie observe le monde, remarque les inepties humaines et temporise : la nature finira bien par avoir raison.
Pourquoi la baleine avalait-elle des sacs en plastique ? » C’est à ce genre de question que l’Écossaise Kathleen Jamie aboutit au cours de sa contemplation du monde qui l’entoure. À l’instar des peintres traditionnels d’Asie, qui manient l’encre de chine avec subtilité, elle donne au lectorat francophone depuis 2019 des ouvrages courts, ouverts, au contenu varié dont la trame essentielle est...
Greg et la mort
Le nouveau roman de Violaine Bérot, Du côté des vivants, interroge notre capacité à prendre soin les uns des autres.
Que dit-on lorsqu’on prononce le mot « soigner » ? Cette interrogation qui innerve toutes les professions médicales, et quelques autres, traverse l’œuvre de Violaine Bérot dans un roman plus souriant qu’il n’y paraît d’abord. Son personnage principal, Greg, est un homme à l’article de la mort, et il le sait. La chimiothérapie qu’il a subie dans un grand centre hospitalier traitant les cas à...
Un auteur
« Une solitaire qui croit en la nécessité du collectif »
Interrogeant le monde, les relations intimes et l’inertie qui souvent nimbe la volonté, Violaine Bérot pointe avec exigence les malaises individuels produits par nos modes de vie et place en regard, la joie et l’empathie.
Violaine Bérot, on vous dit notoirement rétive à la ville. Qu’est-ce qui vous rebute dans le mode de vie urbain ?
La surpopulation et le bruit ! Ce bruit de fond permanent, incessant, j’ai souvent l’impression d’être seule à l’entendre. Dans les grandes métropoles, il y a tellement de personnes au mètre carré que je perçois la tension de la foule. On se supporte mieux si on a de l’espace....
Un auteur
À l’air libre
Depuis sa prime incursion fictionnelle dans l’esprit d’une jeune fille battante, Violaine Bérot n’a cessé d’explorer l’esprit de ses semblables. Elle y a trouvé souffrances, motivations, émotions, intentions, empathie, toutes choses qui décrivent ses contemporains et leurs brisures. Elle en a composé une polyphonie d’aujourd’hui.
Dans les Pyrénées ariégeoises, il est probable qu’une plaque, un jour, accueillera les visiteurs du village de Castillon-en-Couserans, dans la vallée du Biros. S’y lirait « Ici a vécu la romancière Violaine Bérot, éleveuse ». À moins qu’elle ne soit fixée sur le mur d’un bourg situé entre Engomer et Audressein puisqu’elle aura déplacé ses pénates et avec eux les repères. Entière et énergique,...



