La rédaction Éric Dussert
Articles
Un auteur
Barbaro chez les barbares
Marchand et diplomate, le Vénitien Giosafat Barbaro, témoin de la déliquescence de la Horde d’or de Tartarie, a décrit la Perse de son temps.
Si certains va-t-en-guerre de nos contemporains avaient lu ce qui suit, peut-être auraient-ils renoncé à leurs jetés de bombes. C’est Giosafat Barbaro, citoyen patricien de Venise né en 1413, qui s’exprime : « Toute la région de la Perse que nous avons traversée jusqu’alors est désertique, grisâtre, argileuse, écailleuse et pierreuse, pauvre en eau, ce qui explique pourquoi là où il y en a on trouve quelques villages, détruits cependant en grande partie, qui ont tous un château construit en terre. Les champs, les vignes et les vergers sont cultivés à force d’eau, de sorte qu’il est...
Figurante des temps enfuis
Nostalgique d’un passé bien antérieur à sa naissance, Didier Blonde poursuit une enquête sans fin dans les replis de l’histoire d’une époque qui le charme, à la recherche de fantômes discrets qui le hantent. Après avoir interrogé L’Inconnue de la Seine et une comédienne du cinéma muet, il a rencontré sur un mur du colombarium du Père-Lachaise la photographie d’une femme au regard troublant...
Parce que c’est la folie
En un récit tressautant, Philippe Annocque invente un personnage sans horizon dont il nous demande de deviner la situation.
Arrivé dans une localité probablement rurale, Kosko (sans rapport avec le traducteur du Piotrus de Leo Lipski, Allan Kosko) pour y occuper les fonctions de précepteur, un certain Liev, individu n’arborant pas de qualités particulières, s’installe dans une propriété qui pourrait être une ferme. Ou autre chose. Là, en absence des enfants dont il doit s’occuper, un homme lui fournit de petits...
Reportages subreptices
Lorsqu’il ne voyage pas en terres sibérienne ou argentine, Christian Garcin rend visite aux écrivains qu’il aime. Subrepticement et incognito. Dans un recueil qu’il avait nommé d’abord Une théorie d’écrivains (Théodore Balmoral, 2001), et qu’il renouvelle aujourd’hui en y greffant un chapitre consacré aux mouettes de W. C. Williams, il a réuni les impressions que lui ont laissées ces visites....
Un auteur
Le règne de l’art
Surnommé Le Mallarmé de Belleville, Jean Dolent reste dans l’indifférence générale un ambitieux rénovateur du roman.
On a pris l’habitude de traiter avec désinvolture l’œuvre écrite de Jean Dolent et la dévotion exégétique dont fit preuve la dame Aurel (1869-1948) est vite devenue un fardeau : la salonarde, qui avait selon Léautaud un « air de cadavre profané », ne pouvait que nuire à son souvenir. Or, Jean Dolent, personnage lumineux, avait sur ses contemporains une influence certaine. On l’avait...




