La rédaction Éric Dussert
Articles
Un auteur
Barbaro chez les barbares
Marchand et diplomate, le Vénitien Giosafat Barbaro, témoin de la déliquescence de la Horde d’or de Tartarie, a décrit la Perse de son temps.
Si certains va-t-en-guerre de nos contemporains avaient lu ce qui suit, peut-être auraient-ils renoncé à leurs jetés de bombes. C’est Giosafat Barbaro, citoyen patricien de Venise né en 1413, qui s’exprime : « Toute la région de la Perse que nous avons traversée jusqu’alors est désertique, grisâtre, argileuse, écailleuse et pierreuse, pauvre en eau, ce qui explique pourquoi là où il y en a on trouve quelques villages, détruits cependant en grande partie, qui ont tous un château construit en terre. Les champs, les vignes et les vergers sont cultivés à force d’eau, de sorte qu’il est...
Un auteur
Lignes coupantes
Figure tutélaire des intellectuels anarchistes fin-de-siècle, Félix Fénéon fut aussi créatif que peu disert. Ses faits divers à la mode haïkaï sont de puissantes ellipses de la subversion.
Parce que la chronique a été tenue en piètre estime, on a longtemps cru négligeable l’activité de certains créateurs. Et parce que leurs « œuvres complètes » sont maigres, voire impalpables, on a cru malin de les considérer comme des « artistes sans œuvre »… alors que l’on avait disqualifié depuis lurette les faiseurs de sagas kilométriques à la Georges Duhamel. Ce postulat myope...
À pas de charge
Poète plaisant mais pamphlétaire redoutable, Eugène Vermersch (1845-1878) est mort fou au terme de son exil politique. On n’excuse pas la violence.
Réédité en 1910 par les Temps nouveaux, le fameux organe de l’anarchiste Jean Grave, Les Incendiaires, ode aux révolutionnaires de toutes les révolutions, est probablement la plus belle pièce de la bibliographie d’Eugène Vermersch, dont la fougueuse plume aurait pu alerter depuis longtemps déjà sur les qualités d’une âme vive, voire imprudente. Ami proche de quelques notables des Lettres dont...
Dyables au ministère
Un volume rassemble les croquis secrets d’André Malraux. Un « univers farfelu » où pointent la malice et la poésie.
On a souvent une drôle d’idée des « Grands Hommes » : on les imagine « Grands » dès le berceau et voués à la Hauteur par un destin inflexible. En réalité, bien sûr, les choses ne sont pas toujours si simples. Songez que le petit Bernard Palissy aurait entamé fort tôt une carrière d’incendiaire de domiciles parentaux, ou que les Curie auraient irradié un bon peu du territoire avant de...
Digne marin
Officier dégoûté par les petitesses de ses contemporains, Olivier Diraison-Seylor se fit pamphlétaire. Puis il découvrit l’Asie….
Il aura peu vécu : Olivier Diraison-Seylor appartenait à la génération sacrifiée qui entra dans la trentaine en 1914 et n’atteint jamais la quarantaine. Une tranchée lui fut fatale qu’elle ne franchit jamais, arrêtée par une balle, un obus, des schnarpels. Olivier-Eugène-Jules Diraison, dit Diraison-Seylor - pour sailor, le marin -, aurait pu éviter la boue en ne refusant pas sa réaffectation...
