La rédaction Éric Dussert
Articles
Un auteur
Barbaro chez les barbares
Marchand et diplomate, le Vénitien Giosafat Barbaro, témoin de la déliquescence de la Horde d’or de Tartarie, a décrit la Perse de son temps.
Si certains va-t-en-guerre de nos contemporains avaient lu ce qui suit, peut-être auraient-ils renoncé à leurs jetés de bombes. C’est Giosafat Barbaro, citoyen patricien de Venise né en 1413, qui s’exprime : « Toute la région de la Perse que nous avons traversée jusqu’alors est désertique, grisâtre, argileuse, écailleuse et pierreuse, pauvre en eau, ce qui explique pourquoi là où il y en a on trouve quelques villages, détruits cependant en grande partie, qui ont tous un château construit en terre. Les champs, les vignes et les vergers sont cultivés à force d’eau, de sorte qu’il est...
Scabreux librettiste
Figure tonitruante d’un siècle troublé, Etienne de Jouy l’Hermite chroniqueur n’avait qu’un dieu : Voltaire.
Académicien désormais sans audience, Étienne de Jouy ne fut pas n’importe quelle figure de l’âge révolutionnaire : il fut l’aventurier-type, doublé du polygraphe total, et si versatile qu’on ne voit guère à qui on le pourrait comparer. Réputée girouette des années troublées de la Révolution, des divers empires et suivantes restaurations, ce va-t-en-guerre, cette grande gueule, dangereuse pour...
Un auteur
De l’inattendu et de l’avéré
Jeune auteur de 70 ans, Michel Rullier publie d’impressionnants « contes » fantastiques rassemblés dans Peuchâtre et Gésirac. Tous les sens y sont mis à rude épreuve.
À l’instar du hobo Seastick Steve qui cartonnait il y a deux ans avec un premier disque produit à l’âge vénérable de 70 ans, Michel Rullier publie un premier livre qui va se remarquer. Plusieurs raisons à cela : de l’impressionnante façon des textes à la richesse de l’imagination qui s’y développe, on tient là deux arguments majeurs, pour ne pas dire massue, qui va maintenir son recueil de...
Un auteur
Un métier qui paye
Pierre Bost connut le désenchantement du journalisme et des ingrats métiers de la littérature. Le cinéma lui fut plus doux.
Passée la Seconde Guerre mondiale et ses lots variés d’horreurs, le monde avait changé, comme le regard qu’on lui portait et les réflexions que le genre humain se prodiguait. En conséquence, les interminables fresques romanesques de Georges Duhamel ou de Jules Romains n’avaient plus cours, non plus que les bluettes fashionables des Roaring Twenties. Oubliés aussi Paul Bourget et ses...
Prince des loufoques
Humoriste complet, Cami fut conteur, romancieur, dessinateur et directeur d’un journal funèbre. Charlie Chaplin lui tira son chapeau.
Depuis la disparition en novembre 1958 de Pierre Louis Adrien Charles Henry Cami, deux salves d’efforts ont contribué à redorer son blason. Ceux de Michel Laclos et Jean-Jacques Pauvert d’abord dans les années 1960, puis ceux, diablement obstinés, de John Crombie (des éditions Kickshaws) depuis 2002. Ils n’auront pas été vains puisqu’à nouveau il est possible de lire « en neuf » (ça tombe...
