La rédaction Flora Moricet
Articles
Un livre
La Partie immergée de l’iceberg
de
Lamine Ammar-Khodja
La question algérienne
Un récit-essai passionnant qui cartographie une part de la littérature algérienne francophone – et sa réception distordue en France.
Coup de projecteur salutaire sur la « brume identitaire algérienne », La Partie immergée de l’iceberg regarde la littérature francophone algérienne comme un miroir grossissant de la difficulté d’être algérien, d’écrire en Algérie ou en exil en France après cent trente-deux ans de colonisation française. Cinéaste et critique littéraire, né dans la banlieue d’Alger en 1983, soit quelques années avant la « décennie noire » qui déchira le peuple algérien, Lamine Ammar-Khodja a 20 ans quand il s’installe à Paris, ville qu’il découvre « en inclinant la tête ». À partir de cette expérience...
Ce que parler veut dire
Remarquable mise en scène de la parole, véritable feuilleton de la pensée, le onzième livre de Gaëlle Obiégly libère un imaginaire irrésistible.
Elle grandit en Beauce puis échoue à étudier l’histoire de l’art dans une université à Paris. (…) Puis elle part en vacances en 1993 aux États-Unis », à lire sa page Wikipédia, on se dit qu’il n’y a qu’elle pour se présenter comme ça. L’autrice de 51 ans, habitée par la question de la parole et de l’aveu depuis son deuxième roman, Le Vingt et un août (L’Arpenteur, 2002), poursuit une forme...
L’émerveillement sans bruit
David Bosc imagine un monde à la temporalité et à la géographie rêvées, un royaume sans pouvoir où la liqueur étourdit sans faire perdre pied.
Si on veut, c’est Marseille et l’on l’appelle Mahashima. (…) À Mahashima, longtemps capitale d’un royaume sans importance, Ryoshù mesure son bonheur de vivre heureux dans une ville heureuse ». Les mots de la quatrième de couverture sont une belle entrée dans le sixième roman de David Bosc d’une profonde densité poétique. Conte sans morale où l’on suit le cheminement d’un homme, parti...
L’intervalle de toutes les épiphanies
L’écriture de la brièveté infiniment gracieuse de Christophe Manon où le provisoire se réconcilie avec la joie.
Sur l’horizon de la finitude, le nouveau recueil de Christophe Manon abrège les passions tristes et s’empare d’un vivant flamboyant. En quelques mots, les poèmes conjurent le désespoir d’un « temps qui file/ à très grande vitesse mais jamais ne revient » pour ne retenir que ce que ces fulgurances permettent : un état de grâce. Souvent fougueuse et toujours d’une grande précision, la langue de...
La Dernière Saison du monde
J’ai élargi mon corps/ Laissé se former d’autres strates/ Choisi de trouver la douceur/ Au milieu de cette algèbre opaque ». Le coauteur de Nino dans la nuit (Allia, 2019) révèle une mélancolie apaisée et prend le parti d’une douceur désarmante. Dans une prose épileptique, Simon Johannin éclairait des figures romanesques furieusement à la marge. Assagi, son deuxième recueil de poésie porte un...




