La rédaction Marta Krol
Articles
Attendre voir
Issu d’un humble retour à soi et d’un élan vers le dehors, le travail d’Alexandre Hollan se confond à la vraie vie fragilement retrouvée par la peinture.
Un bref escalier de bois poli nous conduit depuis les pavés de Mouffetard à un couloir sombre. Une porte se laisse repérer grâce à un de morceau de papier sur quoi on a marqué : HOLLAN. L’impression d’arriver à une cachette, que la recherche de « vastitude » du peintre qui habite là n’annonçait guère. Alexandre Hollan est bien celui dont les tableaux et les dessins, accompagnés d’écrits, ne cessent depuis des dizaines d’années de remuer dans le grand air du Midi, de prodiguer lumière et mouvement, plongeant le spectateur dans un espace vivant. Chênes, d’abord ; chacune des expositions...
Un livre
C’est là que je suis
de
Helga M. Novak
Un monde sans fard
C’est bien ainsi que les hommes vivent, et s’empêchent de vivre : découvrons l’univers poétique chaotique et pacifié de Helga M. Novak.
Il faut un moral d’acier pour entendre cette voix cinglante qui sans complaisance examine la chose humaine dans ses marges et pliures, en s’empêchant parfois de respirer son air nauséeux. Certes, les éléments biographiques ne favorisent point une approche enchantée. « Aucune mère ne me nourrit jamais » écrit l’auteur née en 1935, « sans père depuis toujours ». Chassée de sa patrie, elle y est...
Des livres
L' Horizon est en feu : Cinq poètes russes du 20e siècle
de
Collectif
Requiem : Poème sans héros et autres poèmes
de
Anna Akhmatova
Un horizon russe
Une anthologie de cinq poètes du XXe siècle et un volume d’Anna Akhmatova : quand les tourments de l’Histoire insufflent à ces pages une tragique vitalité.
Voilà une double occasion, pour qui voudrait prendre un peu congé de l’actualité française, de faire une plongée profonde dans une poésie autre, nourrie de bout en bout par une langue, une culture et une histoire autant dire, tout ce qui détermine l’héritage d’un écrivain qui ne sont pas nôtres.
De l’anthologie dont le titre est aussi beau que juste, on ne peut que regretter qu’elle ne soit...
Des livres
Une poignée de monde
de
Ludovic Janvier
La Mer à boire
de
Ludovic Janvier
Doux Janvier
Ludovic Janvier a l’art des débuts. Il sait attaquer ses poèmes avec une phrase résistante et prometteuse : « C’est pas Mozart que je regrette/ c’est les bœufs oui c’est les bœufs ». Puis il déroule un univers écolo-rustique dans des tonalités lyriques, que le vers « brindille au bec un oiseau fend le bleu » symbolise assez bien, malgré quelques sévères « soleils crus » ou « chère...
Un livre
L' Épervier qui danse
de
Julian Kawalec
Un portrait clair-obscur
Étrangère à tout parti pris, obstinée et sensible au détail matériel, la prose de Julian Kawalec travaille patiemment nos résistances.
Dans ce livre difficilement qualifiable de roman, qui repose sur un canevas déjà moult fois exploité la progression sociale d’un pauvre ambitieux tout est connu d’avance, et le narrateur rappelle inlassablement les éléments dont l’oubli pourrait amener à une lecture curieuse du dénouement. Pour ne rien abandonner au suspens, l’histoire commence par sa fin : l’enterrement du protagoniste,...

