La rédaction Thierry Guinhut
Articles
Le sens de la finitude
Les avatars de l’intelligence artificielle et de l’immortalité au cœur d’un roman de science-fiction policière, par Rosa Montero.
L’horizon de la science-fiction semble balisé par les écrivains américains, entre Philip K. Dick, Robert Silverberg et Dan Simmons. De surcroît, si peu de femmes s’illustrent dans le genre, c’est encore une Américaine, Ursula Le Guin, qui fit figure d’exception. Aussi faut-il remarquer à cet égard l’irruption d’une Madrilène, Rosa Montero (née en 1951), dont l’anticipation s’exerce dans les « États-Unis de la terre », en l’an 2111. Dans la lignée du film Blade Runner de Ridley Scott librement inspiré du roman Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? de Philip K. Dick, elle met en...
Un livre
Érec et Énide
de
Manuel Vázquez Montalban
Dernier fait d’armes
Sous couvert de chevalerie, le roman posthume de Montalbán est une polyphonie désenchantée. Un livre satirique et émouvant.
À certains égards, le dernier roman de Montalbán sonne comme une œuvre testamentaire. Le maître, essayiste, gastronome, intellectuel émérite, dont l’icône du polar postmoderne, le truculent détective Pepe Carvalho, brûle parfois les livres, est mort à Bangkok le 18 octobre 2003. Ses deux personnages principaux, Julio Matasanz, médiéviste et professeur illustre, son épouse Madrona, abordant...
Un livre
Les Nuages noirs s’amoncellent
de
Chen Ming
La Chine de l’intérieur
Chen Ming connut le pire des années Mao : le goulag et le harcèlement. Son récit, à la plume tremblante et digne, est inoubliable.
Sous l’euphémisme du titre, sous sa douce qualité poétique bien chinoise, se cache l’horreur. Deux parties composent ce récit autobiographique simplement écrit, sans afféteries stylistiques : l’une consacrée à l’ascension sociale d’un pauvre, l’autre à la machine à broyer du communisme chinois dans laquelle tombe et tourne le malheureux Chen Ming, en compagnie de milliers de semblables qui...
Un livre
Infiltration
de
Yehoshua Kenaz
Classes à risques
En donnant voix à des conscrits humiliés et meurtris, Yehoshua Kenaz montre comment l’armée israélienne cimente le sentiment national.
Dès l’incipit, la conscience subit l’épreuve d’une extinction suffocante et lumineuse, comme pour attacher sans recours le lecteur et le narrateur dans une expérience initiatique mimétique de la mort. Cette première étape de l’insertion des jeunes recrues dans l’armée israélienne, n’est pourtant que le mince prélude d’une longue chaîne d’humiliations, souffrances reçues et infligées, pendant...

