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Théâtre Un Faust paysan

mars 2003 | Le Matricule des Anges n°43 | par Laurence Cazaux

Johann Faustus est la seule pièce écrite par Hanns Eisler, compositeur, élève de Schönberg et surnommé le « Schubert rouge ». Cette traduction est l’occasion de rédécouvrir un grand artiste et un homme au destin bouleversé. Né en 1898, Hanns Eisler passe les premières années de sa vie à Vienne avant de venir s’installer à Berlin où il fait la connaissance de Bertolt Brecht. Ils collaboreront une trentaine d’années, à Berlin puis en exil. Juif et communiste, Hanns Eisler doit partir en 1933 à Londres puis aux États-Unis. Il composera les musiques de films de Renoir ou de Chaplin. Mais en 1947, il est accusé de complot communiste à Hollywood et extradé vers l’Europe. Installé à Berlin Est, il collabore avec le Berliner Ensemble. Sa pièce Johann Faustus reçoit un accueil très violent des autorités est-allemandes qui l’accusent entre autres d’être antinationale, américano-cosmopolite, pessimiste, décadente… Eisler meurt en 1962. Trois ans plus tôt, il composait la musique du film d’Alain Resnais Nuit et brouillard.
Son interprétation de Faust est très politique. Comme l’explique sa traductrice Irène Bonnaud, Eisler replace la légende populaire de Faust « dans le contexte de la »Guerre des paysans« du XVIe siècle allemand : Faust, fils de paysans et disciple du prédicateur révolutionnaire Thomas Münzer, trahit les siens, se soumet, comme Luther, à l’ordre des seigneurs, et devient aussi le symbole d’une élite intellectuelle qui choisit la collaboration avec le pouvoir plutôt que la lutte aux côtés du peuple. » La pièce est très érudite, avec plein de références à l’histoire, aux philosophes, aux grandes œuvres littéraires, mais en même temps elle est traversée d’un souffle épique. Le personnage du valet, Hanswurst fait un contrepoint bouffon à son maître, Faust, dont l’échec est mis en jeu de manière impitoyable, dans un ballet tourbillonnant d’une cinquantaine de personnages.

Johann Faustus
Hanns Eisler
Traduit de l’allemand par
Irène Bonnaud et Jörg Stickan
Éd. Théâtrales/Maison Antoine Vitez
106 pages, 15

Un Faust paysan Par Laurence Cazaux
Le Matricule des Anges n°43 , mars 2003.
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