La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Jeunesse À la lisière du monde

mars 2003 | Le Matricule des Anges n°43 | par Malika Debaa

Au commencement, le récit effleure le roman d’aventures classique mais la traversée jusqu’à Terre-Neuve d’un équipage de marins basques n’est qu’anecdotique. Le roman s’articule autour d’une poignée de personnages, ce qui motive leurs désirs et les moyens qu’ils emploient pour les réaliser. Des portraits sans concession qu’il s’agisse de Joanes, le capitaine et Matush, son second ou du jeune mousse orphelin de quinze ans nommé Urkizu et les Inuits. Entre eux, tout est question de langage mais leur intérêt pour la parole n’est pas le même. Les premiers proposent à l’adolescent de rester seul chez les Inuits pendant deux longs mois pour apprendre leur langue en vue de développer leurs échanges commerciaux. Pour Urkizu, c’est l’espoir d’une nouvelle vie. Une expérience qu’il prolongera de six mois. Quant aux Inuits, ils trouvent là un moyen de satisfaire un plaisir « qui les rend fous », fumer le tabac donné en échange de l’hébergement d’Urkizu.
Tout au long du récit, le jeune mousse semble évoluer dans un espace-temps irréel. Dans la blancheur virginale alentour, à la lisière du monde, tout est possible. Le meilleur, lorsque les rires et les sourires précèdent les mots, puis les premiers balbutiements et l’émerveillement lorsque Urkizu et le jeune Kalaut se comprennent enfin. Le pire, lorsque l’échange verbal ne suffit plus et que les codes culturels s’opposent. L’étau se resserre dans le silence implacable de l’igloo blanc tel un linceul. C’est la solitude extrême dans le temps immobile. L’isolement et le mutisme forcé d’Urkizu confère une sensation d’étouffement en même temps qu’une activité de réflexion intense qui le sauvera de la mort cannibale. La narration distanciée et l’écriture épurée permettent une approche au plus près des émotions et des sensations. L’apparente simplicité narrative porte la force symbolique du récit.

Urkizu
Bernardo Atxaga
Traduit de l’espagnol par André Gabastou
La Joie de Lire
(2bis, rue Saint-Léger 1205 Genève)
110 pages, 10

À la lisière du monde Par Malika Debaa
Le Matricule des Anges n°43 , mars 2003.
LMDA papier n°43
6.50 €
LMDA PDF n°43
4.00 €