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Domaine étranger Que la bête meure

juillet 2003 | Le Matricule des Anges n°45 | par Benoît Broyart

Dans le Dublin des années vingt, troublé par les actions de l’Organisation révolutionnaire, Gypo Nolan, ancien membre actif du groupuscule chassé pour faute grave, dénonce un de ses meilleurs amis aux Britanniques. Le roman de O’Flaherty (1897- 1984), paru en 1925 et dont John Ford fit une adaptation cinématographique dix ans plus tard, détaille les vingt-quatre heures qui suivent cette dénonciation. C’est comme si la force physique incroyable de Gypo Nolan constituait le point central de la narration. Le lecteur suit les déplacements d’une véritable « bête humaine », capable de tout renverser sur son passage. Nolan est violent, il bouscule, vocifère, boit, se bat : « Gypo dévida, à tort et à travers, un long chapelet d’injures, en haussant le ton. Les bras levés devant lui et recourbés, la tête baissée, il semblait se livrer à un exercice de natation. La bouche écumante, il dévisageait les trois hommes, l’un après l’autre, se demandant lequel il allait attaquer en premier. » Dans Le Mouchard, O’Flaherty s’attache à décrire avec un réalisme noir les bas-fonds du Dublin de l’époque. Texte profondément angoissant, ce roman d’une chasse à l’homme possède une dimension sociale très appuyée. On lit l’époque dans le visage des hommes, dans leurs postures, dans la place qu’ils occupent ou n’occupent pas dans la société. Mais c’est sans doute sa teinte « expressionniste » qui donne au texte la plus belle part de son originalité. Liam O’Flaherty souligne en effet la déchéance des êtres et les peint, plus qu’il ne les décrit, avec une large palette de couleurs outrées : « Biddy Burke, femme d’âge moyen, aux yeux noirs mélancoliques, aux joues livides et bouffies, portant un goitre, appartenait à ce type d’Irlandaises sujettes à de prompts emportements, consécutifs à l’abus des repas copieux et aux troubles digestifs qui en résultent. »

Benoît Broyart

LE MOUCHARD
Liam O’Flaherty
Traduit de l’irlandais par Louis Postif
Terre de Brume, 208 pages, 18

Que la bête meure Par Benoît Broyart
Le Matricule des Anges n°45 , juillet 2003.
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