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Domaine étranger Même pas mort

juillet 2003 | Le Matricule des Anges n°45 | par Thierry Guichard

Histoires enterrées (vives)

Histoires enterrées (vives)

Des chattes dans un cimetière qui parlent des souffrances que l’Histoire a fait subir à leur maîtresse, la haine d’un fils pour son père, la mort d’un croque-mort, une rescapée des camps scandaleusement érotique : le moins qu’on puisse dire, c’est que le Grec Michel Faïs ne manque pas d’imagination. Son recueil regroupe six nouvelles autour de la mort et une série de notes d’observations prises au vol. Ce qui frappe d’abord, c’est l’écriture, forte, violente, habile et étonnante qui bouscule sans cesse le lecteur. L’interpellant ici, imbriquant là des histoires où l’intime et l’histoire se mêlent, l’écrivain parvient à faire tenir, face à nous, un univers à la Kusturica, d’une vitalité exubérante. Cela se traduit notamment dans une utilisation audacieuse de la métaphore ou de la comparaison. D’une grosse femme au cimetière, s’impriment aussitôt sur la rétine du lecteur « les varices (qui) entortillent ses jambes comme des plantes grimpantes ». Ailleurs, c’est le sexe de la tante Clara (rescapée de la rafle qui conduisit sa famille à la mort des camps) : « rouge comme le Mavrodafni où mon grand-père trempait son biscuit, aussi épais que le Larousse que j’avais sur mon bureau et aussi glabre que la joue de l’étameur imberbe qui passait devant chez nous en poussant un cri déchirant. » La plupart des nouvelles mêlent l’histoire familiale (amour et haine) à celle des conflits, faisant de ces derniers des guerres civiles, les vivants contre les vivants. « Halima, Desdémonde, Boubou », au centre du recueil est exemplaire du travail de Faïs. Trois chattes dans un cimetière évoquent leur histoire. La maîtresse d’Halima venait certains soirs déféquer sur les tombes, avant de se jeter du cinquième étage des bureaux de la sécurité. Du récit d’Halima naît alors le souvenir de la guerre en ex-Yougoslavie, des viols, de l’indifférence internationale. De cette folie, bizarrement, transparaît un humanisme vivifiant. T. G.

HISTOIRES ENTERRÉES (VIVES)
Michel Fais
Traduit du grec par Michel Grodent
Le Passeur - 149 pages, 14e

Même pas mort Par Thierry Guichard
Le Matricule des Anges n°45 , juillet 2003.
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