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Arts et lettres Le creuset de voix

mai 2007 | Le Matricule des Anges n°83 | par Jérôme Goude

La Jongleresse (CD)

Dans L’Incontenable, Christian Prigent énonce ceci que la voix poétique est un « espacement scandé » et un « évidement soufflé ». Scansion, souffle et espacement, sont bel et bien les qualités intrinsèques des voix de Charles-Albert Cingria et de Valère Novarina. La parution aux éditions Héros-Limite de deux enregistrements audio agrémentés de textes annexes, La Jongleresse et Le Vrai Sang, offre la possibilité, rare donc précieuse, d’entendre toutes les subtilités d’un rapport singulier à la langue et au texte écrit.
Composé d’une allocution sur les origines de la poésie lyrique et le substrat poétique médiéval, d’entretiens radiophoniques atemporels et de deux lectures de courts textes, La Jongleresse envoûte. Qu’il déclame les vers d’un chant de guet accompagné de quelques cordes musicales, qu’il s’exalte à la mémoire des Minnesingers helvéto-allemands ou qu’il décrive le Paris de 1946, Charles-Albert Cingria étonne tant par son implication savante que par son originalité.
Véritable chirurgien de la scène parlante et non figurative, Valère Novarina poursuit depuis L’Atelier volant (texte écrit en 1971 et publié par P.O.L. dans Théâtre en 1989) jusqu’à Lumières du corps (P.O.L., 2006) son expérience paroxystique « dans le chantier en creux » du langage dramatique. L’enregistrement sonore, Le Vrai Sang, ne comprend, à l’exception d’une chanson composée par un étudiant hongrois mort à Auschwitz, que des extraits des pièces de Novarina lus par lui-même. Le livret contient, quant à lui, trois entretiens, un fragment de Lumières du corps, six photographies et une brève postface de Pascal Omhovère, qui permettent de mieux saisir l’insoutenable et non moins fascinante diction de Novarina.
Ennemis de la langue « hygiénique et nettoyée comme une petite bourgeoise », Novarina et Cingria partagent une même passion pour les langues dites mortes, les dialectes et les langues étrangères. De plus, leur voix recueille toutes ces scories qui minent et creusent la langue formatée. En injectant du souffle, elle y imprime le vide de son propre mouvement. Et porte en leur point d’incandescence les fulgurances de la trouvaille poétique.

La Jongleresse de Charles-Albert Cingria et Le Vrai Sang de ValÈre Novarina, Éditions Héros-Limite, 24 chaque

Le creuset de voix Par Jérôme Goude
Le Matricule des Anges n°83 , mai 2007.
LMDA papier n°83
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