La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Théâtre Un jour à Tchernobyl

janvier 2008 | Le Matricule des Anges n°89 | par Etienne Leterrier

Vesna (suivi de) Maman du petit soldat

Dans « Vesna », Gilles Granouillet confronte ses personnages au poids du souvenir, à l’incertitude du langage, et à la volonté de vivre.

Vesna : cela signifie « printemps », en ukrainien. De ce 26 avril 1986, la jeune Olia se souvient que c’était le jour de son mariage, il y a plus de vingt ans, quand son mari Rosta était encore auprès d’elle. Il avait dû s’absenter ce soir-là, en pleine noce. Car Rostia était pompier, et quand la brigade l’appelle, un pompier quitte tout sur-le-champ, même sa propre noce. Mais Rostia n’est jamais revenu : le 26 avril 1986, le réacteur N°4 de la centrale nucléaire Lénine, à Tchernobyl, a explosé durant la nuit de son mariage.
La pièce de Gilles Granouillet, si elle traite d’une réalité historique, n’est en rien documentaire. La parole n’y dessine aucun espace défini, aucun temps fixe, aucune dimension quelconque du réel. Vingt ans après la catastrophe, cette parole est tout entière l’expression du souvenir et du deuil, et l’énonciation se trouve de fait située dans un repère instable, où les personnages parlent, où ils chantent aussi parfois, toujours entre passé et présent et semblant ne communiquer que par le biais de leurs souvenirs.
Dans Vesna, la parole ne semble recouvrir qu’imparfaitement les cœurs qui brûlent encore, d’amour ou bien de deuil. Cette incertitude, au cœur de l’écriture, entre ce qui apparaît et ce qui demeure invisible, constitue toute la théâtralité de la langue de Gilles Granouillet. Le souvenir menace toujours d’exploser à nouveau, comme pour Olia, qui raconte dans un long monologue comment elle a conçu sa fille avec un Rostia irradié et mourant. Ou comme pour Pavel, l’amant évincé : « L’erreur humaine (…) a soulevé la chape qui retenait le cœur prisonnier ! (…) Le cœur n’est qu’un tas de lave, mais il reste chaud, pour des milliers d’années ». Pour les personnages de Vesna la possibilité de revivre semble à ce prix : céder à cette invitation du printemps à renaître, tout en sachant que sous la chape du sarcophage de béton qui l’enserre, le brasier mortel vit toujours.

Vesna (suivi de) La Maman du petit soldat de Gilles Granouillet, Actes Sud-Papiers, 78 pages, 13

Un jour à Tchernobyl Par Etienne Leterrier
Le Matricule des Anges n°89 , janvier 2008.
LMDA PDF n°89
4.00 €