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Poésie Manquant tomber

avril 2011 | Le Matricule des Anges n°122

Rares sont les livres de poésie où les mots et la vie se confondent, où l’écriture ne jouit pas d’elle-même, où le poème rassemble quelques minutes bénies, témoigne d’une façon de recevoir, dans sa grâce native, l’instant, de faire de la richesse contenue dans ce peu la source d’un bonheur ou d’une sagesse. « Lorsque ton pied bute contre le vide,/ne prononce pas le mot lassitude,/relève la tête, dis : arbres,/arbres des rues, arbres des villes,/merci d’être là où vous êtes// (…) // Et chaque jour, sans un regard pour la mort,/fais, des métamorphoses, de la persévérance/des arbres, une aurore ».
Loin des labyrinthes de la subjectivité, la poésie d’Alain Lévêque – né en 1942, longtemps rédacteur principal de l’édition française du Courrier de l’Unesco, et dont Manquant tomber est le premier recueil de poésie publié – relève d’un regard qui écrit, « un regard d’avant le langage » dit Yves Bonnefoy. Les yeux désencombrés, Alain Lévêque va à la rencontre de la nudité du monde – arbres, bêtes, plantes, nuages, eaux, vents – à l’instar de cet enfant qui, « au creux d’un châtaignier en ruine », regarde tomber la pluie : « heureux de voir sans être vu/il habite le silence, les odeurs,/de sa cachette à l’infini il rejoint la terre nue ».
Simplicité fécondante d’une voix dont l’inflexion, entre murmure et frisson des sens, s’attache à la peau frémissante d’une réalité sans cesse fuyante, qu’elle peint sur fond de sensibilité immédiate et de pensée immobile. Un sens de l’immédiat qui n’empêche pas le dialogue avec le passé, les autres, les ombres aimées, qui, souvent éclairent le poème de leur présence voilée.
Des poèmes dont la matière est l’or léger d’une voix célébrant la musique du vivre, l’onde lente de ce qui tombe et retombe après son éphémère gloire. Musique et musiciens à qui Alain Lévêque rend hommage, tant le son délivré du sens est pour lui le lieu où présence et absence se conjoignent, et où il se rejoint tel qu’il fut et n’est plus, « hors de la forêt des heures, des jours, des nuits », dans le « pays sans nom » du Possible, qui pourrait être aussi celui de la poésie.

Richard Blin

Manquant tomber
Alain Lévêque
Préface d’Yves Bonnefoy
L’Escampette, 112 pages, 14

Le Matricule des Anges n°122 , avril 2011.
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