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Le Matricule des Anges
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La rédaction Richard Blin

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Articles

Une terre où trembler

de Hélène Fresnel
Louvoiements sismiques Derrière la nudité d’un abord abrupt, le premier livre d’Hélène Fresnel conjugue la voix de l’absence à la langue désirante de l’amour. Il pleut beaucoup au début d’Une terre où trembler. Pluies « recroquevillées » ou pluie « sauvage », ce qui s’épanche ainsi semble annoncer douleur, souffrance, perte, pleurs, et pourtant plus on lit, plus c’est une affirmation qui se dégage, l’impression d’une énergie en expansion. « La terre nage / Les eaux ont fait naufrage ». Le Je féminin qui s’exprime – « Je suis ce / Qui s‘efface / Hors de toi » – est en proie au doux-amer d’un amour qui oscille entre doute, extase et contemplation. Plus que l’état d’amour, c’est sa nature, sa violence, son principe cosmique que ce Je capture dans...
juin 2020
Le Matricule des Anges n°214

La Chasse infinie

de Frédéric Jacques Temple

Hymne à la vie

De périples en parages, l’œuvre de Frédéric Jacques Temple n’est qu’étreinte insatiable du monde et chasse aux surgissements premiers. Poreuse à l’univers, inondée de soleil, frémissante, tout en passion et savoir noués, la poésie de Frédéric Jacques Temple. Un chant du monde s’en élève, grouillant de sons, d’odeurs, d’images dont la force et la vérité tiennent à une forme de perception restée vierge. Poésie sensorielle de notation, elle est émotion, contemplation, célébration ou déploration. Bientôt centenaire,...
juin 2020
Le Matricule des Anges n°214

Ultima Necat III : Journal intime (1989-1991)

de Philippe Muray

Muray, au-delà du désenchantement

Couvrant trois années cruciales (1989-1991), le troisième tome du journal intime de Philippe Muray vaut celui des Goncourt. Y revendiquant le trouble infini dont naît la littérature, il y déclare la guerre à son temps. Avec panache et intelligence, jubilation et férocité joyeuse. Si le journal intime témoigne d’une manière d’habiter le temps et de mettre sa vie à distance, il est surtout censé être le lieu où l’on peut tout dire, descendre au plus profond de soi, régler des comptes, noter tout ce qu’il est impossible de dire publiquement – parce que c’est trop dangereux pour soi ou parce que ça n’intéresserait personne. C’est la plus ou moins grande conscience de cet...
juin 2020
Le Matricule des Anges n°214

Que pourrais-je vous donner de plus grand que mon gouffre ?

Suivi de Solstices terrassés, Mémoire seconde et Translucide
de Paul Valet

Des gerbes de plaies sauvages

Voix à nulle autre superposable, la poésie de Paul Valet a le luxe barbare du sang qui s’épanche. Poète singulier, sans parenté ni descendance, Paul Valet mérite d’être connu. La parution de La Parole qui me porte (Poésie/Gallimard) et de Que pourrais-je vous donner de plus grand que mon gouffre ? (Le Dilettante) en offre une excellente occasion. Paul Valet est le pseudonyme de Georges Schwartz, né en 1905, à Lodz, en Pologne, mais qui vécut toute son enfance à Moscou, dans la Russie des...
mai 2020
Le Matricule des Anges n°212-213

Journal (2000-2003) Tome III

de Richard Millet

L’angoisse de hamlet

Dans le tome 3 de son journal, Richard Millet va au plus nu, de ce que sont l’écriture et l’époque. Une vie dans l’envers de la vie. Écrit en miroir d’une vie qui se fait au jour le jour, le journal relève d’une entreprise de restitution du réel autant que de la conversation avec soi-même. Mais que l’on y geigne, y jubile, y panse ses plaies ou que l’on s’y vide du trop-plein de ses émotions, c’est toujours d’humeur qu’il s’agit. Surtout s’il est rédigé par un homme jugé peu fréquentable, un écrivain «  dérangeant »,...
mai 2020
Le Matricule des Anges n°212-213