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Domaine étranger By the rivers of Babylon

septembre 2017 | Le Matricule des Anges n°186 | par Franck Mannoni

By the rivers of Babylon

Dans un nuage de ganja, son petit-fils collé à elle, Ma Taffy, la vieille aveugle, raconte encore émue l’histoire du prêcheur volant Alexander Bedward (1848-1930). Si le livre de Kei Miller commence comme un conte exotique qui fleure bon la Jamaïque, il évolue très vite vers une version protéiforme. L’histoire académique se mêle au réalisme magique. Ma Taffy, qui a eu les yeux mangés par les rats, sait captiver son auditoire : « Au tan-lontan, y avait une église ici à Augustown ». Les personnages, qui s’expriment tous dans un créole imagé, tranchent avec le vocabulaire littéraire et classique du narrateur. Dans cette vallée imaginaire, les personnages prennent corps. Tout les y force : la chaleur, la violence, la pauvreté. Monsieur Desmond et sa Monica font résonner leurs ébats dans tout le quartier. Sister Gilzene, vieille fille sans enfants, perd la boule et parle à la mort. Monsieur Saint-Joseph, le maître d’école condescendant, ne supporte pas ses élèves rastafaris. Raison pour laquelle il a rasé la tête du petit Kaia, déclenchant ainsi une révolte que rien ne semble pouvoir arrêter. Ici, tout est hiérarchie. Les Blancs règnent en maître à Bervely Hills, le quartier chic des hauteurs. Les « café au lait » se font passer pour des Blancs vis-à-vis des Noirs. Aux Noirs sont réservées les humiliations. Au cœur de ce chaudron, Alexander Bedward prêche la bonne parole au début des années 1920. Ses sermons, rehaussés de citations bibliques, appellent à la révolte : « Nos ti-moun meurent d’être nés tout en bas, tellement bas qu’on creuse ti-peu la terre et on trouve la tombe  ». Une situation insurrectionnelle que ne peut tolérer l’administration coloniale. Le destin de Bedward, arrêté et interné dans un asile, sert surtout d’étendard pour dénoncer la société coloniale raciste. Kei Miller étrille ce système répressif avec fougue dans une langue pleine de vie, créatrice, aux termes éloquents : « femme-misère », « bouche-cancan », tout en alliances de termes et glissements phonétiques. Franck Mannoni

By the rivers of Babylon de Kei Miller
Traduit de l’anglais (Jamaïque) par Nathalie Carré, Zulma, 292 pages, 20,50

Le Matricule des Anges n°186 , septembre 2017.
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