La rédaction Franck Mannoni
Articles
L'Enfant du vent des Féroé d'Aurélien Gautherie
On entre dans le premier roman d’Aurélien Gautherie comme on s’assoit au coin du feu pour entendre un conte pendant la veillée. Le cadre s’y prête : les îles Féroé battues par les vents, peuplées de pêcheurs taciturnes qui défient les éléments déchaînés, des maisons recouvertes d’herbes folles, des épouses laissées seules au foyer où elles s’occupent des enfants, en attendant que le marin rentre au port. C’est toutefois un récit beaucoup plus intime que l’écrivain déploie. En ce tout début de XXe siècle, Jonas et Olga accueillent l’enfant qui doit ensoleiller leur couple. Dans les années...
Folie entre mes doigts d’Alice Botelho
Face à l’indicible, le corps et l’esprit s’engagent parfois dans une chute sans fin. C’est ce que vit Alice, le personnage central de ce premier roman, internée volontaire en hôpital psychiatrique. Comme cette autre Alice, l’héroïne du livre de Lewis Carroll, celle qui est maintenant considérée comme une patiente rompt avec son quotidien normé. Mais comment accéder aux traumatismes intimes...
Erreur de jugement de Ariana Harwicz
Entrer dans le roman entêtant d’Ariana Harwicz, c’est s’immerger dans la psychologie tempétueuse de Lisa, une mère en lutte pour la garde de ses deux enfants. « Erreur de jugement » n’est pas une confidence tranquille, c’est un flot ininterrompu de pensées, de questionnements, de réflexions qui traversent la psyché d’une femme obnubilée par son combat. À tel point que son personnage, dont on...
Nives ou les cœurs volatils de Sacha Naspini
Tout commence comme une mauvaise farce : Anteo, vieux fermier, meurt dans son enclos au cochon, le visage mangé par l’animal. La veuve du vieillard, Nives, après avoir renoncé à abattre l’animal, apprivoise son chagrin en se prenant d’amitié pour une poule boiteuse, qui fait des crises de tétanie. Le grotesque côtoie le drame : ce sera le ton de ce roman aux accents sarcastiques et touchants...
A la fin de l'été de Magdalena Blaẑević
La guerre et ses hordes de soldats ne sont jamais loin dans ce premier roman édifiant de Magdalena Blažević. Et pourtant, il faut quasiment attendre la moitié du récit pour que l’horreur d’une attaque apparaisse, avec son cortège de victimes et de sang. C’est que l’auteure bosnienne (son hommage est explicite : « Aux habitants du village de Kiseljak, en mémoire du 16 août 1993. ») a mis...





