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Domaine français Microfilm d’Emmanuel Villin

janvier 2018 | Le Matricule des Anges n°189 | par Blandine Rinkel

Pareil à ce visage pensif qu’on devine sous une épaisse couche de maquillage, le deuxième roman d’Emmanuel Villin a les qualités contrastées d’un clown blanc. Vous commencerez par rire. Car Microfilm restitue, dans un style exact et amical, un malentendu typique du XXIe siècle : du jour au lendemain, un figurant professionnel et sans profession se retrouve embauché dans l’énigmatique Fondation pour la paix continentale de la place Vendôme. Du jour au lendemain, salarié dans un bureau chic, entouré de collègues et d’horaires, doté d’une pause déjeuner, de stylos et d’une carte de visite. Du jour au lendemain, entré dans la vie active. Et pour s’activer à quoi, exactement ? C’est là que l’affaire se gâte, et que Kafka ressuscite dans le corps d’Echenoz.
Dans le dictionnaire des synonymes, on trouve pour « figurant  » celui de « représentant », et c’est ainsi que notre héros sans nom, « physique quelconque, visage commun », se présentera désormais. Comme un représentant ou comme un chargé de mission, sans trop savoir laquelle. Celle de vivre peut-être. Et vous rirez déjà un peu différemment. Comme face à un paysage bleu piscine qu’on apercevait d’abord derrière une brume d’humour et qui, au fur et à mesure qu’elle se dissipe, lentement, se précise – plus vaste et dévasté qu’il n’y paraissait. Au sommet de son écran d’ordinateur, le salarié a punaisé une miniature du Désespéré de Gustave Courbet. Une carte postale qu’il a trouvée en flânant au Grand Palais pour tromper l’ennui, prévenir le bore-out, et derrière laquelle il y a cette citation : « Avec ce masque riant que vous me connaissez, je cache à l’intérieur le chagrin, l’amertume, et une tristesse qui s’attache au cœur comme un vampire ». Et à la fin du livre, vous ne rirez plus. Ou par pudeur seulement. Car il arrive que la tristesse s’attache au cœur comme un vampire. Même et surtout place Vendôme.
Blandine Rinkel

Asphalte, 177 pages, 16

Microfilm d’Emmanuel Villin Par Blandine Rinkel
Le Matricule des Anges n°189 , janvier 2018.
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