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Domaine étranger L' Été de Katya

avril 2018 | Le Matricule des Anges n°192 | par Thierry Guinhut

L' Été de Katya

Le suspense est un art suprêmement maîtrisé par Trevanian, dont La Sanction nouait dangers de l’alpinisme extrême et homme à abattre dans une cordée, tout en ignorant longtemps lequel méritait cette sanction. Thriller et parodie du James Bond club faisaient un drôle de ménage. Psychologiquement plus subtil peut-être, L’Été de Katya, publié en 1983 outre-Atlantique, juxtapose un amour romantique au Pays basque et les affres du thriller. Nous sommes en août 1938 ; notre narrateur, le Docteur Montjean revient sur ses souvenirs du dernier été avant la Grande Guerre : « une explosion hellénique d’exubérance désespérée avant la mort d’une civilisation ». L’on devine qu’une vraie plume est à l’œuvre : un laid personnage de vieux Docteur cynique est qualifié d’ « holocauste esthétique » alors que la jeune Katya est une femme moderne et décidée, devant laquelle Montjean est « atteint d’un romantisme aigu ». Le charme un peu désuet du roman se corse lorsque la famille « un peu malsaine » de Katya et le « fantôme du jardin » remuent les non-dits. Une fête de la Vierge et de « Robert le diable » sera l’occasion de réveiller les démons, comme à la lisière d’une nouvelle fantastique d’Henry James, et d’atteindre l’acmé de la tension psychologique. Là où le souvenir d’un crime, puis d’un viol, revient pour trouver une nouvelle incarnation, et scinder en deux, une fois de plus, la personnalité d’Hortense, devenue Katya : l’on comprendra pourquoi elle s’est passionnée pour l’anatomie, pour Freud…
Qui est Trevanian ? Un auteur secret, dont les best-sellers, comme La Sanction, furent adaptés au cinéma avec succès, qui répugne à se montrer, quoiqu’il ait partiellement dévoilé son identité : il serait Rodney Whitaker, né au Japon en 1925. Comme quoi le succès populaire peut ne pas mépriser la beauté de l’écriture et permettre de hausser le roman rose à la hauteur du soupçon le plus noir et de l’inquiète littérature…

Thierry Guinhut

L’Été de Katya de Trevanian
Traduit de l’américain par E. de Lesseps et M. Boulet
Gallmeister, 272 pages, 20,50

Le Matricule des Anges n°192 , avril 2018.
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