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Théâtre Impossible silence

janvier 2019 | Le Matricule des Anges n°199 | par Laurence Cazaux

Points de non-retour (Thiaroye)

Alexandra Badea entame un cycle sur les discours manquants dans l’Histoire. Le premier de ces Points de non-retour se situe à Thiaroye, au Sénégal. En 1944, des tirailleurs sénégalais, anciens prisonniers de guerre, attendent dans le camp militaire de Thiaroye d’être rapatriés dans leur pays d’origine. Ils réclament le paiement de leur solde. Le 1er décembre, les hommes sont réunis devant les baraques du camp et l’armée coloniale fait feu sur eux. François Hollande, dans un discours prononcé à Dakar le 12 octobre 2012, sera le premier homme politique français à rappeler officiellement cette tragédie. Mais aujourd’hui encore, l’identité des victimes et l’endroit des charniers restent une énigme.
Alexandra Badea imagine pour raconter cette histoire fragmentaire des parcours croisés. Amar est le fils de l’un de ces tirailleurs sénégalais assassinés. Hanté par cette histoire et par son besoin obsessionnel de connaître la vérité, il ne parviendra pas à vivre avec la femme qu’il aime, Nina, et son fils, Biram. Car pour lui « On vit sur un charnier, Nina. Dans les fondations de cette maison il y a des morts (…). On veut pas entendre leurs cris, mais ils sont là, ils nous parlent, ils hurlent chaque nuit. Mais on les écoute pas. On met la radio à fond, on danse, on parle, on ne dit rien, on fait juste du bruit pour étouffer leurs larmes. » Deux autres histoires se déroulent en parallèle, celle de Nora, jeune journaliste qui, à la mort de son grand-père, se voit confier la mission de terminer une émission radio sur ce massacre oublié. Puis, celle de Régis, qui découvre également à la mort de son grand-père plusieurs cahiers retraçant une histoire qui se fracture, elle aussi, à Thiaroye : « Je n’ai rien raconté par peur d’inscrire cette horreur dans les corps de ceux que j’ai aimés. Mais quand je pense à mon fils aujourd’hui je sais que je lui ai transmis ce qu’il y a de pire : l’anxiété et peut-être la haine. » Toutes les pièces du puzzle vont progressivement s’assembler entre elles. La pièce traite de ces blessures enfouies et tues et comment tous ces fantômes sans visage et sans nom hantent les nuits de leurs descendants et ce faisant hantent tout un pays qui refuse d’ouvrir les yeux. Une lecture salutaire.

L. Cazaux

Points de non-retour [Thiaroye], d’Alexandra Badea
L’Arche, 96 pages, 13

Impossible silence Par Laurence Cazaux
Le Matricule des Anges n°199 , janvier 2019.
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