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Domaine français Celle qui attend

avril 2019 | Le Matricule des Anges n°202 | par Chloé Brendlé

Olexandre Rivière n’a tué personne, volé personne. Il aurait pu devenir champion de basket, il a été voiturier et a pris la fuite, un jour où il n’aurait pas dû. Quatre mois de prison dans la vie d’un homme, voilà ce que raconte le premier roman de Camille Zabka. Les verrous, le jour qui n’entre presque pas, les codétenus qui doivent régulièrement changer, le mitard, les menus objets qui se cantinent, les cages de foot improvisées, l’atelier de post-it à quelques centimes l’heure, les coups, les cris, l’humour en bouts de ficelle ; il y a quelque chose de perecquien dans cette évocation à ras de réel de Fleury-Mérogis, d’une vie forcée de s’économiser. Alexandre « sait juste quand arrive le week-end : plus de lettre, plus de facteur. Rien. Pas de cœurs, de promesses de feux d’artifice, de promenades dans la forêt, de “loups”. Pas de “papa”. » Avec peu de mots Camille Zabka rend compte du manque. Avec, elle fait également advenir la douceur, non seulement dans les souvenirs et les surgissements cruels de la vie du dehors (un « pli sur la nuque, comme les chatons », un acacia, un jour de honte et de révélation à l’école), mais dans la manière presque tendre qu’elle a d’évoquer un homme en délicatesse avec le langage. Son livre dit en filigrane les chemins croisés d’au moins deux personnes : une femme qui devient écrivain en transformant une histoire qu’on lui a confiée, un homme agité contraint d’apprivoiser le pouvoir des mots pour maintenir un lien d’amour avec les siens, ou plutôt les siennes. Car, on aurait pu commencer par là, ce premier roman s’intitule Celle qui attend. Dans un autre pays que la France, une femme, et devant elle, une toute petite fille, comptent aussi les jours. Celle qui attend, plutôt qu’un journal de prison est ainsi une chronique de l’espoir, de l’espoir immense qui se construit, dans les timbres durement collectés, dans le contour d’une main à colorier, dans l’écriture d’un être qui éclôt.

Chloé Brendlé

Celle qui attend de Camille Zabka
L’Iconoclaste, 266 pages, 17

Le Matricule des Anges n°202 , avril 2019.
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