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Théâtre Tangente de Nina Chataignier

avril 2019 | Le Matricule des Anges n°202 | par Patrick Gay Bellile

En France, 5000 personnes disparaissent de façon volontaire chaque année. Au Japon, elles sont 20 fois plus nombreuses. Que se passe-t-il dans ces moments d’effacement de soi ? Pour tenter de mieux cerner cette énigme, Nina Chataignier a écrit Tangente, une pièce inspirée par une collecte de témoignages. Ils sont trois personnages principaux, Elle, 30 ans, Le Mari, 35 ans et Le Débarrasseur 50 ans. La pièce s’ouvre sur l’incompréhension vertigineuse du mari. Des voisins, qu’il connaît à peine, l’appellent à son travail. Ils ont recueilli leur petite fille qui pleurait seule à la maison. Aucune nouvelle de la mère et épouse. La deuxième séquence raconte les débuts du Débarrasseur, la première fois où il a aidé un type à disparaître. La troisième scène, c’est son départ à Elle. Elle a vidé tous les comptes bancaires, mais en même temps elle part comme pour une promenade qu’elle n’a plus envie d’arrêter. « Je sors sur la terrasse. Les cerisiers sont en fleurs. Et je continue. Je veux juste continuer. Je traverse le jardin, je franchis le portail. Jusqu’au bout du pâté de maison, jusqu’à la route. Je ne pense à rien. Je veux marcher. M’éloigner un peu. Ma tête est vide, ça fait du bien. Le corps prend le relais, les jambes leur autonomie. Avancer. Une minute avant je ne sais pas que je vais partir. » C’est comme une pulsion incompréhensible et incontrôlable.
Les séquences d’après nous suivons Elle dans sa chute et paradoxalement dans une forme de libération et Le Mari dans sa quête pour essayer de comprendre et gérer la situation. Nous sommes comme dans un polar qui met à nu des destins. D’autres personnages apparaissent, comme un policier, des mafieux, un détective. Nina Chataignier ne formule aucun jugement, elle montre juste une faille qui s’est ouverte et des personnes qui se débattent avec cette béance. Même si certaines séquences sont dialoguées, nous sommes plus dans une forme de récit où l’émotion est à fleur de peau. Tangente est un texte qui vous poursuit, car il se frotte à notre intranquillité fondamentale et irrationnelle.

L. Cazaux

Koïnè éditions, 116 pages, 12

Tangente de Nina Chataignier Par Patrick Gay Bellile
Le Matricule des Anges n°202 , avril 2019.
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