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Domaine étranger Blue moon of Kentucky

avril 2019 | Le Matricule des Anges n°202 | par Camille Decisier

Après presque vingt ans de silence, Chris Offutt revient, doigt sur la gâchette, sur le devant de la scène littéraire américaine avec un deuxième roman magistral, transgressif et sans foi ni loi.

Dans l’épais cahier de doléances littéraires, noter qu’il faudrait déménager à tout prix l’œuvre de Chris Offutt du rayon des polars, lui décoller cette étiquette trompeuse de « littérature policière » qui lui a probablement été attribuée par sa publication au sein de la collection Noire de Gallimard et qui lui correspond si peu. Même si elle est truffée de colts, de carabines M1 et autres joujoux à barillet, ranger la production d’Offutt dans la catégorie du roman noir, c’est en réalité donner cette couleur à l’état de la société dans son ensemble, et en particulier à l’immense communauté formée par les Blancs les plus pauvres et les mieux armés des territoires ruraux américains, cette sorte de sous-continent où les familles de culs-terreux « tirent le diable par la queue, et encore, n’arrivent pas toujours à l’atteindre ». Tucker est blanc, jeune et pauvre. Onze mois avant la fin de la guerre de Corée, à 13 ans à peine, il s’est enrôlé dans les troupes américaines d’élite en mentant sur son âge. Parmi ces soldats aguerris, il apprend l’obéissance aveugle à la consigne (« Votre mission, c’est de sauter d’un avion pour tuer des ennemis ») et la jouissance singulière procurée par le combat, jouissance qui n’a rien à voir avec la cruauté, la barbarie ni l’instinct de meurtre mais bien plutôt avec la satisfaction simpliste, rationnelle, presque mathématique, de la mission accomplie. Tucker fait la guerre et, comme tout ce qu’il fait, il la fait bien : « Au bout de quatre mois (…) il avait sauté vingt-quatre fois et tué de nombreux ennemis. »
En 1954, date à laquelle s’ouvre le récit, il quitte l’Ohio en stop pour revenir dans son Kentucky natal, dont la chaîne des Appalaches forme comme un dernier contrefort rocheux avant le Wild West. « Tucker, encore dans l’Ohio, contempla les terres vertes et ondoyantes du Kentucky de l’autre côté du fleuve. Il était parti au début de l’été et revenait au printemps, un hiver de guerre entre les deux. » Manifestement plus pressé de retrouver l’expérience intime de la liberté que sa propre famille, dont il ne reste à vrai dire que sa sœur, « jolie mais méchante, comme un geai bleu », il passe plusieurs jours à errer dans la forêt, par nécessité mais surtout par plaisir, avec volupté, dans une sorte de boulimie de ciel étoilé et de chants d’oiseaux. Tucker n’est ni un esthète ni un poète, ou alors de façon instinctive, absolue : cette fringale de nature, dont il semble n’être jamais rassasié, c’est son corps qui biologiquement la réclame, c’est sa chair et son sang, le territoire de son enfance, de son père et de tous ses ancêtres avant lui. « La pure immensité du ciel nocturne lui avait manqué (…). L’opacité du ciel s’étendait dans toutes les directions. Les nuages bloquaient les étoiles, conférant à l’air une profondeur insondable. La limite des arbres avait disparu et les crêtes des collines se fondaient dans cette noire tapisserie. C’était la nuit des Appalaches. Il ferma les yeux, apaisé. »
À...

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