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Domaine étranger L' Attrapeur de rats

juillet 2019 | Le Matricule des Anges n°205 | par Didier Garcia

Tour à tour chercheur d’or, matelot, et bûcheron, Alexandre Grine (1880-1932) a aussi été nouvelliste et romancier. Dans L’Attrapeur de rats (nouvelle publiée en 1924), il met en scène une sorte d’alter ego : comme le narrateur, Grine a mendié (il avait l’âge de 18 ans) et contracté le typhus. Un jour de 1920, sur un marché de Pétrograd (nom de Saint-Pétersbourg de 1914 à 1924), où il tente de vendre ses derniers livres, le narrateur fait la connaissance d’une certaine Carmen, qui se montre aussitôt très attentionnée avec lui. Pour quelqu’un qui dit avoir fait une croix « sur le passé comme sur l’avenir », l’émotion est grande. Malheureusement, l’embellie ne dure pas : quelques heures plus tard il est admis dans un hôpital avec le typhus et une fièvre de cheval. À sa sortie, un homme l’encourage à s’installer dans les locaux désaffectés de la banque centrale. Le jeune vagabond y découvre un véritable labyrinthe, à l’intérieur duquel son aventure se teinte d’une nuance fantastique. Il met tout d’abord la main sur un garde-manger providentiel, avant d’être interpellé par une belle voix féminine, qui tente de l’attirer dans un piège digne d’une pyramide égyptienne. Pour finir, il croise une assemblée de noceurs qui se promettent de tuer l’attrapeur de rats, lequel n’est autre que le père de Carmen…
Quel sens donner à cette nouvelle ? Faut-il la tenir pour un texte fantastique, dont le tissu d’incohérences n’est pas sans rappeler Le Nez de Gogol (qui se déroule d’ailleurs dans la même ville) ? Faut-il y lire le compte rendu d’un cauchemar et croire que le narrateur, en proie à un délire occasionné par la fièvre, n’a pas quitté l’hôpital ? À moins qu’il ne faille en faire une lecture politique et voir dans cette banque désaffectée une métaphore de la société russe de l’époque ? Comme pour laisser au lecteur la possibilité de choisir, Alexandre Grine n’a livré aucune clé.

Didier Garcia

L’Attrapeur de rats d’Alexandre Grine
Traduit du russe par Paul Castaing,
Noir sur blanc, 96 pages, 11

Le Matricule des Anges n°205 , juillet 2019.
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