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Domaine français Ma première journée au FBI

juin 2020 | Le Matricule des Anges n°214 | par Thierry Guichard

Ma première journée au FBI

Ozzy Tristano est un drôle de flic attaché au 87e district de New York tout autant qu’à sa femme Daisy qui vient de lui annoncer qu’elle le quitte. Ozzy est un grand sentimental au langage châtié, qui use plus que de raison du subjonctif et déploie une langue nourrie aux plus anciennes sources, se permettant des « adonques », des « choir », des « j’en suis contrit » qui brillent dans la grisaille plus fort que les médailles qu’on ne lui a jamais épinglées pour récompenser une bravoure à laquelle pas même lui ne croit. Ça ne l’empêche pas de devoir quitter son 87e pour intégrer le FBI dans les bureaux duquel, à sa grande surprise, il est attendu. Le récit se déroule durant la nuit qui précède « sa nouvelle vie ». Ozzy est dans un triste état : le corps martyrisé à la suite d’une poursuite hasardeuse dans un escalier vermoulu, l’âme brûlée par l’annonce de Daisy qui le quitte donc et ainsi s’impose dans ses pensées. Nous allons traverser cette nuit avec lui, dans une errance qui ressemble au chemin que ferait une âme pour quitter un corps. Attention : la triste fantaisie qui règle l’orchestration du récit, les ressassements incessants qui tournent comme ritournelles dans le cerveau d’Ozzy ne doivent pas nous égarer. Les rencontres que notre homme fait cette nuit-là, à commencer par celle de Donald Freud, son psychiatre qui prend ses patients en voiture et les conduit où ils le désirent le temps d’une séance, appartiennent à la tradition du récit d’initiation. Et si Ozzy semble un cousin du Privé à Babylone de Brautigan, c’est du côté de Pedro Paramo et de Juan Rulfo qu’on se met à lorgner. Les indices se multiplient sans jamais envahir le monologue d’Ozzy : celui qui parle n’est peut-être plus des nôtres. Le livre dès lors prend une dimension qu’on ne soupçonnait pas au début et nous retient dans la beauté de phrases venues de loin : « j’ai commencé timidement à déshabiller Daisy. Si vous ne connaissez pas Daisy, vous ne pouvez pas comprendre, ni mesurer décemment dans ses justes et irrévocables proportions la valeur transitive de ce verbe vertigineux quand il échappe aux vertus pronominales. » On lit ça, on n’en revient pas.

T. G.

Ma première journée au FBI de Jean-Paul Chabrier
Le Tripode, 154 pages, 16

Le Matricule des Anges n°214 , juin 2020.
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