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Domaine étranger Les Cœurs endurcis

février 2022 | Le Matricule des Anges n°230 | par Thierry Cecille

Peut-être le personnage principal de ce roman est-il la maison, que la mère, veuve, construisit de ses propres mains, en 1932 : c’est principalement entre ses murs que vont se dérouler, durant plus de quatre décennies, les événements ici entremêlés. Si l’arrière-plan historique est parfois, plutôt allusivement, évoqué (la guerre, la mise en place du régime communiste, les années de pénurie…), ce sont avant tout les « petits riens, remarquables et sublimes » du quotidien qui constituent la trame des existences – et du récit. Nous sommes en Pologne, à Dziewcza Gora, la Colline-aux-vierges, village de Cachoubie (la région de Gdansk) et nous allons suivre, année après année, saison après saison, Rozela et ses trois filles, Gerta, Truda et Ilda. Ce ne sont pas là les trois sœurs de Tchekhov : loin de se contenter d’attendre et de rêver, elles affrontent la réalité, chacune à sa manière. C’est qu’elles ont de qui tenir : leur mère a survécu, la tête haute, à un viol collectif par des soldats russes… Bien sûr il y a des hommes, mais ceux-ci demeurent au second plan, sans pour autant être des fantoches. Ce sont les femmes qui accouchent, allaitent, éduquent les enfants, ce sont les femmes qui élèvent les cochons ou tissent des nappes, ce sont les femmes qui cachent des prisonniers évadés dans la cave, attendent patiemment les époux emprisonnés, soignent les maris malades. L’écriture, précise et métaphorique, sensible et sensuelle, nous permet de les approcher au plus près, dans ce monde tout de même lointain, étrange parfois, où des poules jouent sur une balançoire, où l’on traverse le village sur le dos d’un verrat, où l’on se réjouit de la première neige, « brillante et fraîche ». Ainsi accompagnons-nous ces « cœurs endurcis » jusqu’à l’unisson final, quand enfin, après les séparations et les deuils, malgré les rancunes, les regrets et les remords, « tout était compris, tout était pardonné ».

Thierry Cecille

Les Cœurs endurcis
Martyna Bunda
Traduit du polonais par Caroline Raszka-Dewez
Noir sur blanc, 249 p., 21,50

Le Matricule des Anges n°230 , février 2022.
LMDA papier n°230
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